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Un amoncellement de livres ouverts entourent une table en désordre. Malgré les apparences, cette œuvre d’art très réaliste est bel et bien une peinture. Peintre virtuose, Vincent Desiderio a travaillé de manière intermittente pendant dix ans sur cette toile qui mesure près de quatre mètres sur trois.
Au pied d’une table sont éparpillés des centaines de livres qui illustrent six siècles d’art occidental. Sur les pages des livres, le peintre reproduit minutieusement des versions miniatures de ses œuvres préférées d'artistes tels que Masaccio, Vermeer, Van Eyck, en passant par Matisse, Jasper Johns et Chuck Close.
Quel est le message? Cockaigne propose au spectateur de s'interroger sur la place de l'art à notre époque. Il s’inspire de deux tableaux très différents :
"Pays de cocagne" de Pieter Bruegel l'Ancien (1559) |
La version de Desiderio reprend cette idée mais il transforme la nourriture par des images. Le tableau est une critique de ce qu'il appelle "la boulimie culturelle" c’est à dire notre consommation compulsive d'images qui nous laisse toujours sur notre faim. Nous avons tous accès à une quantité d’images infinie, une accumulation d’informations que nous ne prenons plus le temps d’apprécier et que nous ne retiendrons pas.
"Excavation" de Willem de Kooning. (1950) |
À ses débuts, le tableau consistait en une composition de petits carrés. Au fur et à mesure de sa progression, Desiderio a transformé chaque carré en un livre. L'orientation en perspective de chaque livre étant légèrement différente, le sol semble onduler, créant ainsi une mer d'images flottantes.
Cockaigne est également un commentaire sur les difficultés de la peinture au XXIe siècle: comment est-il possible de créer quelque chose de vraiment nouveau, de plus pertinent pour notre époque, sans s’inspirer de ce qui a déjà été fait?
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