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Lorsqu’il peint La Méridienne, Vincent Van Gogh est en mauvaise santé. Quelques mois auparavant, pris d’une crise de folie, il se mutile l’oreille à Arles suite à une violente dispute avec Gauguin. Van Gogh souffre de plus en plus de crise de folies et d’hallucinations. La police conclut même qu’il pourrait être dangereux pour la sécurité publique. Le 8 mai 1889, il quitte Arles et prend la décision de se faire interner dans l’asile de Saint-Paul-de-Mausole, un monastère à Saint-Rémy-de-Provence.
La Méridienne de Jean-François Millet (1866) Crayon Noir et pastel sur papier vergé. |
Van Gogh vouait une véritable admiration pour Millet qu’il considérait comme son maître.
Trouvant dommage que La Méridienne ne soit qu’un dessin, considérant que Millet n’avait peut-être pas eu le temps de le peindre à l’huile, il décida de créer sa propre version.
La sieste de Jacques Adrien Lavieille gravure sur bois |
Il écrivit à son frère Théo à ce sujet : « Plus j’y réfléchis plus je trouve que cela ait sa raison d’être de chercher à reproduire des choses de Millet que celui-ci n’a pas eu le temps de peindre à l’huile. Alors travaillant soit sur ses dessins soit sur les gravures sur bois, ce n’est pas copier pur et simple que l’on ferait, c’est plutôt traduire dans une autre langue, celle des couleurs, les impressions de clair-obscur en blanc & noir. ».
Durant son séjour à Saint-Rémy-de-Provence, il va peindre plusieurs tableaux directement inspirés des œuvres de son idole, toujours avec sa volonté de les « mettre en couleurs ».
Cette œuvre peinte de décembre 1889 à janvier 1890 symbolise la France de la campagne, rurale, à la fin du XIXème siècle. La lumière du soleil est très intense. Elle inonde ce champ moissonné. Sous cette chaleur, deux paysans se reposent, allongés sur l’ombre de la meule qu’ils viennent de former. Le couple est fatigué d’avoir fauché les blés. Les deux faucilles ont été posées au sol, le paysan a même ôté ses sabots. Au loin, un attelage composé d’une charrette et de deux bœufs profitent aussi de l’ombre d’une meule.
Très fidèle au dessin de Millet, jusque dans les moindres détails, Van Gogh a su pourtant proposer sa propre composition à travers les couleurs vives jaune-orangées et les touches de pinceaux si particulières qui caractérisent sa peinture. Il utilise des couleurs complémentaires : jaune/violet et orange/blanc. Mises côte à côte ses couleurs se renforcent. Pour être plus expressives encore, il entoure les silhouettes des deux personnages par des traits plus foncés.
Peindre des tableaux inspirés de Millet n’a pas aidé Van Gogh à se sentir mieux. Très fragile, le peintre dira même que peindre La Méridienne lui « a coûté beaucoup de temps et beaucoup de peine. ». Le peintre se suicidera quelques mois plus tard à Auvers-sur-Oise.
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