mercredi 26 février 2020

n°324
Sept ans de réflexion (1955)
Billy Wilder



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre  : Sept ans de réflexion (The Seven Year Itch)
Artiste : Billy Wilder  
Année : 1955
Durée : 1h40
Genre : Comédie
Technique : Film en couleurs, filmé en 35mm
Epoque : Contemporaine

En savoir +
Lorsqu’on pense au cinéma américain des années 50, on pense immédiatement à la plus iconique des actrices : Marilyn Monroe. Qui ne connaît pas cette image de l’actrice essayant de retenir avec beaucoup de sensualité sa célèbre robe blanche soufflée par une bouche d’aération ?


Cette image vient d’une scène du film « Sept ans de réflexion » (« The Seven Year Itch » en anglais), réalisé par Billy Wilder et sorti au cinéma en 1955. Le film est une adaptation d'une pièce de George Axelrod qui avait connu un grand succès à Broadway. 

Dans le film, le personnage joué par Marylin se balade dans les rues de Manhattan aux côtés de Tom Ewell, son voisin de palier dans le film. Les deux amants quittent une salle de cinéma. Soudain, la robe se soulève à cause d'une bouche d'aération du métro dans les rues de New York. . "La fille", car le personnage de Marilyn n'a pas de nom, s'exclame avec malice et provocation : "N'est-ce pas délicieux ? " (Isn't it delicious ?). 


L’histoire de cette scène mythique s’est déroulée le 15 septembre 1954 vers deux heures du matin. Nous sommes en plein tournage du film, à l'angle de Lexington Avenue et de la 52ème rue. Marilyn débarque aux côtés de l’acteur Tom Ewell à qui elle doit donner la réplique. L’actrice étant mondialement célèbre grâce aux films devenus cultes, Les hommes préfèrent les blondes et Comment épouser un millionnaire

Au cours du tournage, Marylin dut rejouer la scène quatorze fois pour satisfaire le réalisateur, mais aussi les nombreux photographes et les milliers de spectateurs qui, assistaient au « spectacle » derrière des barrières de sécurité. A chaque prise, lorsque arrivait le fameux moment où la robe se soulèverait au passage du métro, laissant entrevoir les jambes (et même la culotte) de l’actrice, la foule s’exclamait ce qui gênait terriblement le tournage. Finalement, les bruits des admirateurs étant tellement parasitants sur les enregistrements, l'équipe de tournage s'est vue dans l'obligation de refaire la scène en studio fermé à Los Angeles. 
Toute l'attention était forcément braquée sur l’actrice, si bien qu’avant même la sortie du film, la photo de Marylin et de sa robe faisait la une des magazines et le tour du monde. Un sacré scandale à l’époque où l’Américaine est très puritaine, mais un sacré coup de pub pour le film ! 

Pourtant, lors de sa sortie sur grand écran quelques mois plus tard, la fameuse scène déçoit les spectateurs ! Et pour cause, les clichés pris dans les rues de Manhattan durant le tournage laissaient imaginer une scène beaucoup plus osée ! Cela n’empêchera pas le film de devenir le plus gros succès du cinéma américain cette année, principalement à cause de cette scène mythique.


La fameuse robe de cocktail blanche ivoire en crêpe plissée fut créée par le costumier William Travailla. Ami depuis quelques temps avec l'actrice, celui-ci a travaillé sur les costumes de Marilyn pour huit de ses films. La séquence fut si célèbre que la robe est surnommée la Subway dress (la robe du métro), et reste à jamais associée à l’actrice. La robe fut vendue aux enchères en 2011 pour la modique somme de 4,6 millions de dollars !
Cette scène culte est donc l’une des plus emblématiques du cinéma. Malheureusement pour Marylin Monroe, elle aura comme conséquence un divorce, son mari jaloux ne supportant pas de voir sa femme se « dénuder » autant à la vue de tous !



Télécharger et imprimez la fiche repère : 





lundi 24 février 2020

n°323
Portrait de l’artiste par lui-même (1903)
Léon Spilliaert



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Léon Spilliaert (Autoportrait dit "aux Masques")
Artiste : Léon Spilliaert 
Année : 1903
Technique : Crayon graphite, encre noire et encre brune à la plume et au pinceau
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Symbolisme
Lieu : Musée d'Orsay (Paris)


En savoir +
Bien que son œuvre soit assez méconnue, l’artiste belge Léon Spilliaert reste l’un des plus grands représentants du symbolisme, ce mouvement artistique du début du XXème siècle qui se veut à l’opposé de l’impressionnisme. Les peintres symbolistes explorent avec passion les univers étranges, les légendes médiévales, le rêve et la nostalgie. L’étrange et l'irréel sont au cœur de leurs œuvres. Ce dessin en est d’ailleurs un bon exemple.

Léon Spilliaert est issu d’une famille d’artistes mais il s’est pourtant formé seul après seulement quelques mois d’études à l’Académie de Bruges. Il dessine ensuite beaucoup sur papier délaissant dans un premier temps la peinture.
A partir de 1902, il va réaliser de très nombreux autoportraits, souvent en trois-quarts comme celui-ci.
Dans cet Autoportrait dit « aux masques », Spilliaert est représenté de trois quarts masquant une partie de son visage. Il porte une veste très élégante qui le rend un peu austère. Le regard de l’artiste est très intense, très profond presque théâtral. Une grande intériorité s’y dégage, ses yeux sont perdus dans l’ombre. Comme nombre de ses œuvres, le jeu du noir et du blanc est très maîtrisé, à la manière d’un clair-obscur. Tout cela crée une atmosphère sombre, étrange voire macabre et cauchemardesque.

Autour de lui apparaissent d’autres portraits : deux à sa droite dans l’ombre et un portrait à gauche qui est inachevé. Ceux de droite semblent être des reflets de son visage dans un miroir, objet qui fascinait l’artiste et qui est récurrent dans ses œuvres. Mais en y regardant de plus près, on s’aperçoit que dans ses reflets, l’artiste s’est représenté plus âgé en haut et très âgé en bas. A gauche, dans le portrait inachevé, c’est l’inverse, il apparaît plus jeune. Spilliaert a voulu faire de cet autoportrait multiple la représentation de lui-même à tous les âges de la vie.

Comme le montre le portrait au crayon à gauche, l’œuvre reste inachevée. Toute la partie gauche du dessin a d’ailleurs été gommée, on y aperçoit encore quelques traces de crayons oubliées. L’artiste était semble-t-il insatisfait de son dessin et a fini par abandonner cette partie, la préférant vide et blanche car elle met davantage le portrait central en valeur. Cette hésitation explique d’ailleurs la présence de deux signatures sur l’œuvre.

Comme le montrent les nombreux autoportraits qu’il réalisa à cette époque, Spilliaert était fascinée par sa propre image. Cette fascination n’est ni égocentrisme, ni mégalomanie mais elle témoigne au contraire du profond mal-être que l’artiste éprouvait pour lui-même.
Dans certaines œuvres, il se représente même en monstre aux yeux exorbités, ou avec le visage déformé rappelant certaines œuvres de Munch. Spilliaert était solitaire, torturé, angoissé et sans cesse inquiet. Ce n’est qu’après la Première Guerre Mondiale qu’il laissera de côté les couleurs sombres au profit d’une palette plus claire et plus colorée.


Télécharger et imprimez la fiche repère :

dimanche 23 février 2020

n°322
Tête de figurine féminine (env 2500 av JC)



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Tête de figurine féminine
Artiste : inconnu
Année : env 2500 av JC
Technique :  Sculpture sur marbre
Epoque : Antiquité
Mouvement : Art néolithique
Lieu : Musée du Louvre (Paris)

En savoir +
Non, cette tête sculptée n’est ni la dernière création d’un sculpteur minimaliste, ni la dernière acquisition d’un musée d’art contemporain. Cette sculpture réalisée dans un bloc de marbre est âgée d’environ 5000 ans !

Haute de 27 centimètres, cette figurine est l’un des plus anciens témoignages de l’âge du bronze Ancien. Elle est incomplète, le reste du corps n’ayant pas été retrouvé. Beaucoup pensent qu’il s’agit d’une idole, c’est-à-dire une statue féminine nue que l’on représentait souvent les bras croisés, debout sur la pointe des pieds. D’après la taille de sa tête, la statue d’origine mesurait environ 1,50 mètre de hauteur. 


Ce type de statue était très courant à cette époque, en particulier en Grèce. Cette tête, comme beaucoup d’autres, fut d’ailleurs découverte sur l’île grecque de  Kéros, dans les Cyclades. 

On ignore le rôle de ces idoles. Certains y voient des déesses de la fertilité, d’autres pensent qu’elles protégeaient les morts. Difficile à dire car à cette époque, il n’y a aucun écrit. De plus, aucun atelier n’a encore été mis au jour et l’organisation de la production reste inconnue. Les nombreux pillages qui ont eu lieu au XIXème siècle n’ont pas arrangé les choses ! 

Elle fut sculptée vraisemblablement dans un seul bloc de marbre puis avec de la poudre d’émeri et de la pierre ponce. Sa tête est très géométrique, à la forme d’une lyre. Elle ne présente aucun relief particulier à l’exception du nez et des oreilles (invisibles de face). Pour des raisons techniques, il était extrêmement difficile de sculpter les yeux et la bouche. Pour pallier à cette difficulté, la statue était peinte. Les yeux,  la bouche et même des tatouages figuraient sur son visage. 

Depuis le XIXème siècle, les idoles n’ont cessé de fasciner les artistes contemporains, comme Picasso ou Modigliani, séduits par son minimalisme et ses formes géométriques.


Télécharger et imprimez la fiche repère :

samedi 22 février 2020

n°321
The Friction Disappears (1965)
James Rosenquist



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : The Friction Disappears
Artiste : James Rosenquist 
Année : 1965
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Pop Art
Lieu : Smithsonian American Art Museum (Washington)


En savoir +
C’est en peignant de simples panneaux d’affichages publicitaires dans le Minnesota puis à New York que le peintre américain James Rosenquist se forma à la peinture. Comme n’importe quelle publicité, il devait mettre en valeur le produit sur de très grands formats, et de manière la plus réaliste possible. La nourriture devait paraître délicieuse, les cigarettes devaient fumables, et la carrosserie des voitures devait briller comme un bijou.

Cette expérience de peintre publicitaire inspirera Rosenquist dans sa carrière d’artiste : il réalise des œuvres très colorées sur de grands formats mettant en valeur ce qu’il appelle « des fragments de réalité », qui ressemblent souvent à des collages, bien qu’il s’agisse de peinture.

Dans "I love you with my Ford" (1961),
Rosenquist associe encore les pâtes,
la voiture mais aussi le cinéma américain.
En parallèle, dans les années 1960, l’Amérique vit un véritable boum artistique : le Pop art. Ce mouvement artistique dont Andy Warhol fut le représentant le plus célèbre, met en valeur les couleurs vives et la société de consommation florissante de l’après-guerre.

Dans « The Friction Disappears » ("la friction/le frottement disparaît"), deux images se confondent : une voiture et l’emballage d’un plat préparé de pâtes à la sauce tomate. L’artiste juxtapose deux produits qui symbolisent la société de consommation, la joie de vivre retrouvée de l’après-guerre et la modernité des années 1960. Rosenquist a peint la voiture dans la même teinte chaude que les spaghettis en conserve simplement parce qu'il aimait la couleur.

L’ensemble est si réaliste que l’œuvre ressemble à un collage de deux photographies. L’artiste a su rendre réaliste les moindres détails, comme la brillance de la sauce tomate ou l’aspect lustré de la voiture.

Les deux éléments se confondent parfaitement. L’emballage de la boîte de conserve rappelle même la vitre et la poignée de la voiture. Il y a cependant un contraste entre les deux images : le mouvement très irrégulier et aléatoire des spaghettis s’oppose aux lignes régulières et élégantes de la voiture.

C’est la confrontation de ces deux images à la fois semblables et si différentes qui intéresse l’artiste :  cela crée un "mouvement de friction". Il compare cette association à de l’énergie atomique (d’où le titre).
Le thème de l’atome se retrouve d’ailleurs dans le logo qui apparaît sur la portière de la voiture représentant un globe.  Les trois électrons en orbite autour de ce globe représentent selon l’artiste, les chemins des idées et des images qui sillonnent le monde moderne. Rosenquist compare cela à "deux bulles de savon entrant en collision et se réunissant au lieu de se détruire."

Dans cette œuvre, l’artiste illustre d’une manière assez exagérée le bien être de l’Amérique des années 1960, qui grâce au développement du commerce et de l’industrie, vit une vie lumineuse sans friction apparente ! Le fameux « American Way of Life ».



Télécharger et imprimez la fiche repère :


mercredi 29 janvier 2020

n°320
Untitled (Snow art in Salzburg) (2017)
Simon Beck



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Untitled (Snow art in Salzburg)
Artiste : Simon Beck
Année : 2017
Technique : Empruntes de pas
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Land Art
Lieu : Salzbourg (Autriche) 


En savoir +
Et si on vous disait que pour certains, la neige était comme la toile d'un peintre ? C'est le cas de Simon Beck, un artiste anglais qui investit chaque hiver les stations de ski pour réaliser ses œuvres.

Il dessine ces incroyables motifs qu'il nomme sobrement "Snow Art" en marchant dans la poudreuse fraîche, muni d'une paire de raquettes aux pieds et d'une boussole pour se repérer.  Il réalise des fresques géantes, des sortes de mandalas aux motifs géométriques sur un espace enneigé encore immaculé.

Avant de "peindre" avec la neige, Simon Beck était un brillant ingénieur diplômé de la prestigieuse Université d'Oxford, puis il est devenu cartographe. Deux métiers qui lui ont donné un certain talent pour la technique, la précision, l'organisation et la rigueur.
Avant de réaliser la moindre petite rosace, il prépare méticuleusement son dessin. Pour les dessins les plus complexes, il se sert d'un logiciel informatique sur son ordinateur. Mais parfois, il ne griffonne qu'un simple schéma sur une feuille de papier. Quoiqu'il en soit, il n'improvise jamais!

Il  faut une journée entière à l'artiste pour couvrir une superficie qui peut aller jusqu'à dix-mille mètres carrés. Il marche une douzaine d'heures pour une distance qui peut atteindre 30 km dans la neige! Une véritable performance sportive et artistique.

Cette passion est née un jour de décembre 2004, après une journée de ski. Simon Beck se mit à dessiner une étoile sur le petit lac gelé devant chez lui. Le lendemain, il entreprit un dessin plus complexe dont il admira ensuite le résultat à bord d'un télésiège. C'est ainsi qu'il inventa le Snow art.

Depuis, chaque hiver, Simon Beck choisit une nouvelle station de sports d'hiver pour attirer l'attention de nouveaux skieurs. Ceux-ci sont souvent émerveillés par le spectacle de ces oeuvres aussi majestueuses qu'éphémères. L'artiste souhaite surtout que les skieurs apprécient davantage la nature et prennent conscience de sa beauté mais aussi de sa fragilité.

Simon Beck parcourt le monde chaque hiver mais aussi chaque été car il réalise aussi des fresques sur les plages. Depuis 2004, il a réalisé plus de 200 oeuvres éphémères, dont les nombreuses photographies peuvent être regardées sur la page Facebook de l'artiste.



Télécharger et imprimez la fiche repère :


mercredi 13 novembre 2019

n°319
Les commérages (1948)
Norman Rockwell



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Les commérages (The gossips)
Artiste : Norman Rockwell 
Année : 1948
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Photoréalisme
Lieu : Collection privée prêtée au Norman Rockwell Museum, Stockbridge (Etats Unis)


En savoir +
Les ragots, les rumeurs, les commérages .... Des attitudes aussi ridicules que malveillantes ! C’est en tout cas le message que nous laisse Norman Rockwell.

La toile se lit sans le sens de la lecture, comme un texte qui nous raconte l’histoire d’une vive rumeur. A la manière du jeu du téléphone arabe, la première dame lance un ragot à une autre, cette dernière répète ce qu’elle a entendu à une autre et ainsi de suite. Les personnages sont donc tous représentés deux fois car ils répètent les commérages qu’ils viennent d’entendre. Si chaque dessin était sur une seule page, on pourrait en tournant les pages très rapidement, en faire une animation.

Rockwell accentue les expressions des personnages : chacun d’eux montre une attitude différente : la colère, la joie, la moquerie, l’étonnement, ou la discrétion. Ces différentes attitudes montrent que la même histoire ne provoque pas les mêmes réactions en fonction des personnes, sûrement car la rumeur est déformée un petit peu plus à chaque fois qu’elle est racontée à la personne suivante. Pour preuve, la dernière personne est la même que la première, un vrai cercle vicieux cette rumeur ! Le commérage fut tellement déformé au fil des interlocuteurs que cette vieille femme ne fait même pas le lien avec la rumeur qu’elle avait  elle-même déclenchée.
D’après l’attitude de l’homme au chapeau qui lui raconte le ragot, on a même l’impression que la rumeur finit par se retourner contre la vieille dame.

Pour peindre ces personnages aussi vrais que nature, l’artiste photographiait des voisins ou des commerçants d'Arlington, dans le Vermont, où Rockwell habitait. Des connaissances qui acceptaient de jouer les modèles et de prendre la pose. Au milieu, la femme à la queue de cheval est Mary Rockwell, l'épouse du peintre tandis que l'avant-dernier personnage est Rockwell lui-même! Le montage des photographies montre à quel point la peinture est fidèle aux modèles.

L’artiste américain a travaillé longtemps sur cette peinture. Il nous raconte à sa manière une expérience qui lui est arrivée.  Norman Rockwell était déjà un illustrateur reconnu. Il dessinait ou peignait pour des couvertures de journaux. Il imagina cette toile dès 1936, lorsqu’il entendit qu’une rumeur courait sur lui.
Il en avait dessiné une ébauche qui était parue dans le "Ladie's Home Journal" de Novembre 1936.
Douze ans plus tard, il reprit son idée et réalisa ce tableau pour la couverture du journal «Saturday Evening Post» du 6 mars 1948. Le dessin très humoristique remporta un succès immédiat auprès des lecteurs.
Curieux, des milliers de lettres ont été envoyées à la rédaction du « Saturday Evening Post» pour demander quelle était cette fameuse rumeur que les personnages se transmettaient, mais aucune réponse ne leur a été donnée.
Le succès du tableau a même retentit chez les modèles des personnages. Un modèle a déclaré à un journaliste: «C'est plus amusant de poser pour lui que d'aller au cinéma. » La vieille dame, celle qui "commence les commérages", a moins bien vécu la situation. Mécontente du rôle que lui avait fait jouer Norman Rockwell, elle est restée très longtemps sans lui adresser la parole !


Télécharger et imprimez la fiche repère :

mardi 5 novembre 2019

n°318
Entrée des animaux dans l’Arche de Noé (env 1570)
Jacopo Bassano



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Entrée des animaux dans l’Arche de Noé
Artiste :Jacopo Bassano 
Année : vers 1570
Technique : Huile sur toile.
Epoque : Temps modernes
Mouvement : Maniérisme
Lieu : Musée du Prado (Madrid)


En savoir +
Au XVIème siècle, Jacopo Bassano était le spécialiste des peintures religieuses un peu champêtres. Il tient ce style « artiste-paysan » de son père, lui-même peintre reconnu.  Les scènes religieuses que peint Bassano sont très souvent accompagnées de paysages ruraux, d’animaux, de fermes, d’herbes… des éléments auxquels il accorde autant de minutie que le sujet principal de ses tableaux. Ce peintre italien a grandi à la campagne dans un petit village, ce qui lui a permis très tôt d’être au contact quotidien avec des animaux. Il les a donc beaucoup étudié pour parvenir à aussi bien les réaliser.

Spécialiste des scènes religieuses, Bassano adorait peindre l’épisode de l’Arche de Noé, rien d’étonnant pour un passionné d’animaux! Durant sa vie de peindre, il réalisa ce passage de la Genèse à de multiples reprises.

D'après la Bible, Dieu aurait demandé à Noé de construire un immense bateau, une arche, afin de recueillir un couple de toutes les espèces animales pour les sauver du terrible Déluge qui engloutissait la Terre. Noé ainsi que sa femme, ses trois fils et leurs épouses prennent  également place dans l’arche.

Un autre tableau de Bassano, également nommé
"Entrée des animaux dans l’arche de Noé", (vers 1590)
Musée du Louvre (Paris)
Parmi toutes les versions de l’arche de Noé peinte par Bassano, celle-ci peinte vers 1570 et exposée au Musée du Prado est sans doute la plus aboutie.
On peut y voir un vieil homme, Noé, debout au centre de la toile. Comme le ferait un berger, il guide les animaux. Ceux-ci grimpent sur une passerelle et entrent dans l’arche qui va les abriter durant quarante jours et quarante nuits, jusqu’à ce que l’eau redescende.
De nombreuses espèces d’animaux sont représentées. On aperçoit bien sûr les animaux de la campagne (moutons, vaches, chiens, lapins, dindons, chevaux, chèvres), des animaux des forêts (cerfs, lièvres, renards, hiboux). Il y a aussi quelques espèces plus exotiques (lions, singes) qui sont beaucoup moins réalistes, sans doute parce que le peintre n’en a jamais vu de ses yeux.

Tout ce petit monde semble très organisé. La montée dans l’arche se fait dans le calme, ce qui est curieux quand on sait que le Déluge est imminent ! Un chat est même en train de dormir ! Difficile d’imaginer que les chiens résistent à l’envie de courir après les lapins et poules !

Dans cette œuvre, Bassano a surtout souhaité être fidèle au récit de la Bible. Il a bien représenté Noé, sa femme et ses trois fils, Sem , Cam et Japhet avec leurs épouses. Mais il a aussi pris certaines libertés. Par exemple, au lieu d’être des couples, certains animaux comme les moutons ont été peints plus de deux fois. De plus, les lions auraient dû entrer dans l’arche en premier alors qu'ici, ils sont précédés d’un aigle et d’un sanglier.

Ces petites « erreurs » d’interprétation, qui étaient peut être volontaires, n’ont pas empêché l’œuvre de rentrer dans les collections royales espagnoles,  sous le règne de Philippe IV !


Télécharger et imprimez la fiche repère :