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dimanche 3 novembre 2019

n°317
Jaune – Rouge – Bleu (1925)
Vassily Kandinsky



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Œuvre : Jaune – Rouge – Bleu
Artiste :Vassily Kandinsky  
Année : 1925
Technique : Huile sur toile.
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Expressionnisme
Lieu : Musée national d'Art moderne, centre Georges Pompidou (Beaubourg) (Paris)


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Dans les années 1920, Vassily Kandinsky a été l’un des premiers peintres à créer des toiles abstraites.  Il est généralement considéré comme étant l’auteur de la première œuvre non figurative de l’histoire de l’art moderne. Excusez du peu !

Kandinsky avait pourtant démarré son carrière d’artiste peintre par des tableaux figuratifs sur lesquels on admire des portraits ainsi que des paysages déjà très colorés. Mais petit à petit, sa passion pour les couleurs l’a poussé à ne peindre que des œuvres abstraites.
Les traits, les couleurs, les formes suffisent d'après lui à émouvoir et il n'est pas nécessaire qu'une toile représente quoi que ce soit. Ainsi, il  peint en assemblant des combinaisons de formes très géométriques et de couleurs. "Les couleurs sont ce dont on se souvient le mieux" écrivait le peintre.

Cette nouvelle manière de peindre a créé une véritable tempête dans le monde de l’art. Un tel scandale que le peintre fut considéré comme un « fou incurable » par la critique !
Ce n’est qu’après la Première Guerre Mondiale que ses toiles deviendront autant géométriques.
En 1925, il peint ce tableau, qu’il nomme simplement Jaune-Rouge-Bleu et qui deviendra son œuvre la plus connue.

Pour la première fois, Kandinsky associe de nombreux éléments très différents : des formes géométriques, des formes libres, des formes en mouvement, deséléments immobiles... Les couleurs dégradés se mêlent avec des aplats (des couleurs uniformes). Sans qu’on sache si ce fut volontaire ou non, plusieurs formes nous autorisent à imaginer un visage ou un damier. Tout cela semble bien complexe ! Le peintre semble ne respecter aucune règle et avoir une liberté totale dans cette toile mais la construction du tableau a été pourtant très réfléchie :

Tous les éléments du tableau (les lignes noires, les damiers, les cercles…) s’articulent avec trois formes principales : un rectangle vertical jaune, une croix rouge légèrement inclinée et un grand cercle bleu foncé (d’où le titre de l’œuvre).

En fait, par ce tableau, Kandinsky a souhaité illustrer et mettre en pratique la fameuse « théorie des couleurs »  de Johann Wolfgang Von Goethe. En 1810, Goethe fut le premier à s’intéresser scientifiquement à  la couleur. Il observe par exemple comment les yeux perçoivent les couleurs.
Pour lui, la couleur est un mélange de lumière et d'ombre. Le jaune serait « tout proche de la lumière » alors que le bleu serait « tout proche de l’ombre ». Si on intensifie du jaune ou du bleu, on obtiendrait la troisième couleur primaire ; le rouge.

Pour Kandinsky, si les couleurs ne sont que lumières et ombres, elles ont une incidence sur la manière dont on les perçoit. Pour le peintre, les couleurs et les formes détermineraient des impressions particulières, des sensations ou des sentiments différents : le bleu est sombre donc froid et mystérieux. Il s’oppose au jaune qui est chaud et agressif. Le vert est plutôt paisible tandis que le rouge est très passionné etc…

Kandinsky était très spirituel et pensait que la peinture agissait  directement sur les sens et sur l’émotion. L’œuvre est donc composée de deux parties qui s’opposent pour former un équilibre : 
-  les trois couleurs primaires sont présentes :  le jaune (chaud et lumineux) à gauche s’oppose avec le bleu (sombre et froid) à droite. Un peu comme si il y avait le jour (le Soleil) et la nuit (La Lune)
-  les lignes géométriques fines immobiles à gauche s’opposent aux formes libres épaisses et en mouvement à droite

Que l’on aime l’œuvre ou non, qu’on la comprenne ou non, Kandinsky réussit toujours à nous embarquer dans son univers. Le peintre disait d’ailleurs « Créer une œuvre c’est créer un monde. ». C’est réussi ! 

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lundi 21 octobre 2019

n°306
Paysage, Paysage marin: Vågen VIII (1894)
August Strindberg



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Œuvre :  Paysage, Paysage marin: Vågen VIII
Artiste : August Strindberg 
Année : 1894
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Expressionnisme
Lieu : Musée nordique de Stockholm (Suède)

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Des couleurs très sombres qui côtoient du blanc, des nuances de gris, une touche de pinceau très brute. Ce tableau est annonciateur d’un nouveau mouvement artistique : l’expressionnisme
Ce tableau n’est pas une œuvre abstraite. Son titre nous le confirme : il s’agit bien d’un paysage marin, en pleine tempête.


Vågen VII
Le suédois August Strindberg est surtout connu en tant qu’écrivain, beaucoup moins pour son talent d’artiste peintre. Il peignait de temps en temps, de manière irrégulière, par périodes, quand il avait le temps. Il a appris à peindre seul, grâce à des ouvrages sur l’art, sans formation picturale à l’exception de quelques cours d’esthétique. C’est un peintre libre, étranger à toute école d’art et se moquait des peintres influents de son époque. Son talent de peintre a d’ailleurs été reconnu très tard, lorsque l’art abstrait était à la mode.

Ce tableau est originalement nommé en anglais et en suédois « Landscape, seascape: Vågen VIII » que l’on peut traduite en français par « Paysage, paysage marin, vague 8 ». Il fait partie d'une série de tableaux du même nom représentant aussi des paysages marins déchaînés. (La toile Vågen VII se trouve au Musée d'Orsay)


Vågen IX
On peut y observer une vague déferlante sous un ciel orageux, probablement au large de l’archipel de Stockholm. L’horizon au centre du tableau laisse apparaître une faible lumière jaune-vert. Une trace verticale blanchâtre au gauche du tableau, serait le tronc d'un bouleau porté par les vagues que le peintre aurait finalement effacé.
La vague et le ciel donnent à la toile une atmosphère menaçante, inquiétante qui symbolise la mort et la destruction, thèmes que Strindberg a aussi utilisés dans d’autres toiles. 

Il peint au couteau et ne cherche pas à reproduire un paysage précis. Il est au contraire l’un des premiers à laisser une grande place au hasard. « La formule de l’art à venir, c’est d’imiter la nature à peu près, et surtout d’imiter la manière dont crée la nature. » écrivait Strindberg.
Strindberg n’a peint que des paysages, à la limite de l’abstrait. Il utilise des paysages pour exprimer ce qu’il ressent : «Vous devez peindre votre propre intérieur et ne pas aller dessiner des bûches et des roches, qui n'auraient naturellement aucun sens en eux-mêmes ». 
Sa manière de peindre, brute et impulsive, fait de lui l’un des précurseurs de l’art abstrait.

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lundi 8 juillet 2019

n°254
Jadis surgi du gris de la nuit (1918)
Paul Klee



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Œuvre : Jadis surgi du gris de la nuit
Artiste : Paul Klee 
Année : 1918
Technique : Aquarelle, plume et crayon sur papier, découpé et combiné avec du papier d'argent,
pourtour à la plume, sur carton.
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Expressionnisme
Lieu : Kunstmuseum/Fondation Paul Klee (Berne, Allemagne)


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« Ecrire et dessiner sont identiques en leur fond » disait Paul Klee. Cette aquarelle est la parfaite combinaison entre poésie et peinture. L’œuvre a été peinte en 1918 en pleine Première Guerre Mondiale, une époque où le peintre lisait énormément de poèmes, sûrement pour s’évader de son triste quotidien militaire.

A ce moment-là, cela faisait deux ans que Klee travaillait sur des tableaux à lettres. Il  disait : "Je veux être comme un nouveau-né, ne sachant rien, absolument rien... Ensuite, je veux faire quelque chose de modeste, de travailler par moi-même un minuscule motif formel, celui que mon crayon sera en mesure de tenir sans technique." C'est ainsi qu'il inventera l'alphabet carré pour écrire ses poèmes qui figureront dans un cycle de six tableaux. Celui-ci est le plus célèbre d’entre eux :

("Jadis surgi du gris de la nuit / puis lourd et cher / et fort du feu / le soir plein de dieu et ployé / Maintenant dans l'éther frissonnant du bleu / planant sur des glaciers / vers des astres sages").

Ce poème évoque « le soir ». Difficile d’en connaître l’origine mais on suppose qu’il fut écrit par Paul Klee lui-même. Il est composé de deux strophes séparées l’un de l’autre par une bande de papier argent. 
Le poème est écrit deux fois : une première fois écrit en lettres cursives au-dessus de la partie peinte et une seconde fois écrit en majuscules, où chaque lettre s’inscrit dans un carré de couleurs. L’ensemble des carrés colorés, de tailles identiques,  crée une sorte de damier très symétrique. Ici, le texte et l’image ne font qu’un. Indissociables.

Paul Klee réalisera de très nombreuses œuvres sous la forme de damiers.  Il appellera sa série de tableaux par le terme de « carrés magiques » en référence au casse-tête mathématique qui consiste à inscrire des chiffres dans chacune des cases de telle sorte que la somme des chiffres de chaque ligne et de chaque colonne, soit la même. Paul Klee nomme ainsi ses tableaux parce qu'il souhaitait que la suite des couleurs, dans chacune des lignes de ses damiers, soit  d'une intensité équivalente

L'idée d'inclure des poèmes dans la peinture poursuivra Klee. A partir de 1920, il enseignera la peinture, et sera responsable d'un atelier de tapisserie sans jamais oublier de donner à ses tableaux des titres qui sont des petits poèmes qu'il écrit lui-même au dos de la toile.

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samedi 13 octobre 2018

n°233
Portrait de l'éditeur Eduard Kosmack (1910)
Egon Schiele



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Œuvre : Portrait de l'éditeur Eduard Kosmack
Artiste : Egon Schiele 
Année : 1910
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporain
Mouvement : Expressionnisme
Lieu : Musée du Belvédère (Vienne)


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À partir de 1910, Egon Schiele s’isole et se concentre sur sa peinture. Il va créer de très nombreux tableaux, notamment des nus, et des portraits. Son style brut est très reconnaissable. Les corps sont tordus et les expressions des visages montrent souvent des vies tragiques et déprimées.

Un autre portrait de Eduard Kosmack (1910)
 par Egon Schiele
Son travail est très controversé, notamment à cause de ses peintures très osées. Mais il est soutenu par son ami, mécène et  bienfaiteur Arthur Roessler, le rédacteur en chef d’un magazine d’art. Celui-ci prend le peintre sous son aile et va l’aider à se faire connaître des milieux artistiques notamment en finançant son travail.

Un jour, Arthur Roessler présente Egon Schiele à son éditeur, un  certain Eduard Kosmack qui est également un grand collectionneur d’art. Kosmack s’intéresse immédiatement au travail du peintre et lui commande quelques portraits.

Portrait de Eduard Kosmack,
dessin de Egon Schiele
L’éditeur est assis, comme figé au centre de la toile. Ses épaules sont étroites, ses mains coincées entre ses jambes et  ses cheveux plaqués sur ses tempes. Son regard fixe le spectateur. Sa position semble inconfortable. On se demande si cette rigueur et cette froideur est due à sa personnalité ou s’il est tendu, énervé, mal à l’aise ou simplement introverti. Ses yeux sont vitreux et les contours de son corps sont légèrement tordus. Difficile de cerner ce personnage, il semble aussi timide que vif, prêt à bondir de cet espace confiné.

Kosmack était amateur d’hypnose ce qui fascinait Egon Schiele qui a voulu montrer dans ce regard, cet aspect étrange de sa personnalité. L’éditeur paraît hypnotisé, magnétisé, mais aussi isolé. L’arrière-plan est uni, peint avec des nuances de beiges et de marrons,  et entaillé de violentes griffures. Au sol, un tournesol fané censé égayer le tableau ne fait que renforcer l’aspect mystique du tableau.

La carrière d’Egon Schiele sera aussi courte que couverte de succès. Malheureusement, il ne survivra pas à la Première Guerre mondiale durant laquelle il meurt de la grippe espagnole en 1918. En quelques années, il aura réalisé quelque trois cents toiles et plusieurs milliers de dessins.



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mercredi 29 août 2018

n°223
Le Groom (Le Chasseur) (1925)
Chaïm Soutine



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Œuvre : Le Groom (Le Chasseur)
Artiste : Chaïm Soutine  
Année : 1925
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Expressionnisme
Lieu : Musée national d'Art moderne, centre Georges Pompidou (Beaubourg) (Paris)




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Le moins que l’on puisse dire en voyant ce Groom, c’est qu’il n’a pas l’air très heureux. Peut être à l’image de son créateur, le peintre russe Chaïm Soutine. Depuis qu’il habite à Paris, Soutine a connu un immense succès. Malgré cela, c’est un peintre timide, simple et assez malheureux.

Le Groom est l’un des tableaux de Soutine démarrant une longue série de toiles sur des personnages anonymes. Il peint en particulier des employés de maison et d’hôtels (groom, portiers, valet de chambre, pâtissier…), des employés pauvres travaillant pour les riches. Il met en lumière des personnages que l’on côtoie tous les jours mais que l’on ne remarque pas. En les peignant, Soutine ne veut pas les flatter. Il veut simplement qu’on ait plus de tendresse pour ces personnages.

Lorsque l’on observe cette toile, on ressent la vie dure de ce groom.  Son corps est chétif, son visage est blanc, vieilli prématurément. Il a presque l’air malade. Il regarde dans le vide et semble abattu, déprimé. Sa silhouette est très géométrique, presque déformée : les épaules sont creusées, les mains bouffies. Le personnage ressemble presque à une marionnette, un pantin désarticulé.
Il cherche à cacher sa tristesse et sa fatigue par une position plutôt fière et robuste. Devant son hôtel, il est prêt à se remettre au travail et accueillir les visiteurs du soir.

Soutine a l’habitude d’utiliser peu de couleurs dans ces tableaux. Ici, le personnage est accentué par le rouge écarlate de son uniforme, qui contraste avec le teint pâle de son visage et le fond noir à peine mis en relief par quelques touches de blanc.

Ces couleurs, ainsi que sa manière de peindre assez violente, contribuent à mettre en valeur le personnage avec tous les maux qui l’habitent. Ce Groom est un personnage fictif. En réalité, le modèle était un chasseur employé du célèbre restaurant Chez Maxim's. Mais cela n’enlève rien au réaliste de la toile car elle témoigne de la dure vie de certains métiers. A moins qu’il n'illustre que la dépression de son auteur, comme s'il s'agissait d’un autoportrait…


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dimanche 19 août 2018

n°215
La Madone (1894)
Edvard Munch



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Œuvre : La Madone
Artiste : Edvard Munch  
Année : 1894
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Expressionnisme
Lieu : National Gallery (Oslo)



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Voici une des cinq versions de la Madone peint par l’artiste norvégien Edvard Munch. Il s’agit de la  version exposée à la Galerie Nationale de Norvège, à Oslo.

La toile représente une jeune femme, à la poitrine nue, dans une position assez sensuelle. Beaucoup pensent que la femme représentée sur ce tableau n’est autre que la Vierge Marie, ce qui avait de quoi déranger à l’époque. Mais cette interprétation n’a jamais été confirmée par le peintre qui par ailleurs n’était pas chrétien.

La femme qui servi de modèle pour ce tableau est Dagny Juel-Przybyszewska, une écrivaine norvégienne et amie proche de Munch. Ce dernier était fasciné par la beauté de son amie qu’il considérait comme l’idéal de la femme. Ce tableau montre en tout cas la sensualité de cette femme. D’ailleurs, Munch avait d’abord appelé son œuvre « Femme amoureuse ». On voit donc l’amour dans ce tableau.  Toutefois, les yeux fermés de la jeune femme, ainsi que les couleurs sombres et angoissantes, laissent planer une atmosphère plus douloureuse, proche de la mort.
Munch a souvent mélangé l’amour et la mort dans ses tableaux. Un mélange de sentiments et de ressentis qui interroge le spectateur. Certaines versions du tableau lithographiées sont d’ailleurs bien plus effrayantes et laissent apparaître le squelette d’un bébé à côté de la jeune femme.

Tout comme le Cri, autre célèbre d’Edvard Munch, la Madone a été volé deux fois. En 1990, une version de Madonna et trois autres œuvres d'art ont été volées à la Galerie Kunsthuset AS à Oslo. Il a été retrouvé quelques mois après dans une maison norvégienne. En 2004, des hommes masqués et armés font irruption au Munch Museum d’Oslo et s’emparent du tableau. Il ne sera retrouvé que deux ans plus tard, en 2006, assez abîmé. Un trou de 2,5 cm est visible mais a été réparé.

Ces vols font partie de l’histoire de l’œuvre et ont contribué à rendre le tableau célèbre. La Poste norvégienne a même édité des timbres à l’effigie de la Madone.

Munch avait l'habitude de réaliser plusieurs versions du même tableau. Voici trois autres versions de la Madone.

Version du Munch Museum (volé en 2004, retrouvé en 2006)
Version from Kunsthalle Hamburg (Allemagne) peint en 1895
Lithographie en couleurs de l'Ohara Museum of Art. (Japon)


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vendredi 13 mars 2015

n°154
Trois études de personnages au pied d’une crucifixion (1944)
Francis Bacon



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Oeuvre : Trois études de personnages au pied d’une crucifixion
Artiste : Francis Bacon 
Année : 1944
Technique : Huile et pastel sur
isorel
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Expressionnisme
Lieu : Tate Gallery (Londres)


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Dans les années 1920, Francis Bacon mène à Paris une vie de bohème et découvre les œuvres de Picasso qui marqueront son imaginaire. Il apprend la peinture tout seul. Un vrai autodidacte !

En 1944, Il réalise son premier triptyque (tableau en trois parties) « Trois études de personnages au pied d’une crucifixion ». C’est cette œuvre qui le révèlera au grand public, au même moment où l'on découvre les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale. Bacon aime peindre des personnages laids et déformés.

Il détruit à cette époque une grande partie des œuvres qu’il avait déjà réalisées. Il considère d’ailleurs ce triptyque comme sa première œuvre. Il est influencé par différents peintres comme Picasso, Vélasquez, Poussin et Rembrandt, il était aussi, dans les années 1920, un grand admirateur de la photographie et du cinéma, fasciné par le mouvement et les visages en gros plan.

Bacon aimait peindre des triptyques car cela permettait de figurer l'humain sous différents angles. Il représente les trois Erinyes, des figures sacrées de la mythologie grecque qui ont poursuivi Oreste pour le crime de sa mère.

Les trois figures sont au pied d’un personnage crucifié qu'on ne voit pas.
Panneau de gauche : une figure qui se recroqueville sur une sorte de piédestal, ses omoplates sont arrondies.
Panneau du centre : une figure qui tient d'un oiseau derrière une sorte de table, le visage voilé et criant.
Panneau de droite : une figure ressemblant à un animal, planté sur une seule jambe, le cou tendu horizontalement, qui hurle, la bouche grande ouverte vers le haut et dont on aperçoit la denture.

C’est un tableau très dur qui horrifiera tous les visiteurs de sa première exposition. Il ne
représente pourtant pas une crucifixion (la mort sur la croix)  ni une action violente. La violence est montrée dans les figures monstrueuses, qui expriment la haine, la voracité, le cauchemar.
Bacon explique : « je veux peindre le cri plutôt que l’horreur ». Les têtes hurlent. Elles sont
La version de 1988
déformées et fragmentées, inscrites sur un fond orangé organisé par des formes géométriques.
Bacon peint avec des moyens très originaux: il jette la peinture contre la toile ou l’étale avec des chiffons, des brosses ou des balais.

L’atmosphère de ce tableau est très angoissante. Il explique qu’il peint  «nos propres angoisses» de la guerre : notre vie est menacée, abîmée. Il compare même l’homme à de la simple viande !

Ce tryptique est en fait un fragment d’une œuvre plus grande qui n’a jamais été terminée. C’est donc une œuvre inachevée. En 1988, quelques années avant sa mort, l'artiste peindra une seconde version du triptyque de 1944, une tentative d’achever son œuvre.



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samedi 7 février 2015

n°140
L'Arbre bleu (2000)
Pierre Alechinsky



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Oeuvre : L'Arbre bleu
Artiste : Pierre Alechinsky 
Année : 2000
Technique : Peinture murale
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Expressionnisme
Lieu : Rue Descartes (Paris)


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L’artiste Pierre Alechinsky, dans le cadre du projet des « Murs peints de l’an 2000″, a peint un immense Arbre bleu sur la façade d’un immeuble du 5e arrondissement de Paris, à l’entrée du quartier Mouffetard-Contrescarpe.

Réalisée directement sur le mur, l'Arbre bleu se distingue au milieu des immeubles gris
La peinture est accompagnée, à la demande de l'artiste, d'un poème de Yves Bonnefoy. C’est comme un dialogue entre les mots du poème et la peinture qui l'accompagne. Le poème d’Yves Bonnefoy évoque la nécessité de préserver la nature dans les villes, c’est comme une bouffée d’oxygène. Le poète nous explique aussi que, bien que ce ne soit que la représentation d’un arbre, elle offre néanmoins aux spectateurs un coin de ciel bleu.


L’immense Arbre bleu est entouré, sur quatre côtés, d'une série de vignettes destinées à compléter le sens du tableau. Ces petites cases qui ressemblent à une bande dessinée s’appellent des prédelles. C’est au spectateur d’inventer l’histoire ! Elles interagissent avec l’image centrale appelant notre œil à naviguer entre les deux. Ces images en périphérie nous montrent des arbres brûlés, minuscules et faibles, et des fragments de vie urbaine (escaliers, bâtiments…)

Alechinsky s’est inspiré de  la calligraphie japonaise. Il utilise de grands supports, des pinceaux chinois et des encres qui lui permettent une grande fluidité du geste.


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samedi 10 janvier 2015

n°122
Scène de rue à Berlin (1913)
Ernst Ludwig Kirchner



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Oeuvre :  Scène de rue à Berlin
Artiste : Ernst Ludwig Kirchner 
Année : 1913
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Expressionnisme
Lieu : Neue Galerie, New York (États-Unis)


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Après avoir déménagé de Dresden, le peintre Ernst Ludwig Krichner se retrouve un peu seul et isolé à Berlin.
Il est fasciné par l’agitation de la foule dans les rues. En effet, à cette époque, Berlin devient une capitale européenne dont le nombre d’habitants a presque triplé dans les années 1900 et atteint plusieurs millions d’habitants. Les rues sont noires de monde, chaque personne est noyée dans cette foule, soumis à son rythme oppressant.

Kirchner peint alors des « scènes de rue », dont cette toile, qui retracent la vie urbaine de Berlin. Les formes sont originales, très nouvelles : dessin aigu, couleurs vives.  Kirchner s’exprime dans une technique très géométrique où les formes sont très allongées.

Les personnages principaux sont des hommes et des femmes très élégants. Souvent, les femmes sont mises en avant sur les tableaux alors que les hommes sont plus en retrait.  Les formes très allongées des personnages et leur élégance est une façon originale pour le peintre de se moquer de la bourgeoisie.
Les roues de la voiture indiquent le thème de la vitesse et de l’agitation repris par le mouvement des personnages qui semblent emportés dans un même tourbillon. Les personnages marchent dans tous les sens. Les deux hommes au premier plan manquent de se heurter.

Ce tableau, lui, est acquis par un riche industriel juif Alfred Hess, collectionneur d'art qui meurt en 1931. En 1933, son fils Hans Hess fuit le régime nazi pour échapper aux persécutions contre les Juifs, abandonnant son usine de chaussures familiale. Pour faire face, la veuve de Hess est contrainte de vendre une partie de la collection. Scène de rue à Berlin est vendue en 1936 à l'industriel allemand Carl Hagemann, connu pour avoir été un ami proche du peintre, pour 5 000 marks.
Au même moment,  l’Allemagne nazie accuse Krichner d’être un danger pour la jeunesse allemande. En 1937, nombre de ces toiles vont être détruites par les autorités allemandes.

En 1980, le tableau est restitué aux petits enfants d’Hans Hess qui le vendront à un grand musée de New York.




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dimanche 9 novembre 2014

n°088
Le Poisson d'Or (1925)
Paul Klee



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Oeuvre : Le Poisson d'Or
Artiste : Paul Klee 
Année : 1925
Technique : Huile et aquarelle sur papier
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Expressionnisme
Lieu : Kunsthalle (Hambourg)


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Paul Klee est un peintre allemand qui est passionné par les couleurs et les matières. Toute sa vie, il peindra des œuvres très colorées. Avant de peindre un tableau, Klee s’adonne à de longues recherches sur les couleurs, sur toutes sortes de supports pour créer des variations colorées et des effets de matière. Il était un des plus grands coloristes de l'histoire de la peinture.

En plus de ses recherches plastiques, il crée un style unique de tableaux où il transforme le réel pour créer des paysages aux ambiances mystérieuses. Les relations de Klee avec les animaux ont toujours été intenses. Il en offre, dans ses œuvres, de nombreuses variations (oiseaux, chats…)

Le tableau que nous vous présentons aujourd’hui est nommé Le Poisson d’Or. Beaucoup le nomme « le poisson rouge » à cause d’une erreur de traduction. En effet, en allemand, « poisson doré » et « poisson rouge » se disent de la même façon : Goldfisch.

Cette œuvre est l’image d’un rêve. On peut voir un magnifique poisson doré au centre du tableau. Ce poisson est représenté en compagnie d’autres poissons plus petits, rouges, violets, nageant le long du bord dans tous les sens. Ils semblent de pas vouloir trop s’approcher du centre du tableau comme si la majesté du poisson d’or les obligeait à détourner le regard.

Pour les couleurs, dans ce fond d’outre-mer, de légères vagues plus claires ondulent, quelques plantes au graphisme bleu turquoise se dressent autour du cadre. Autour du poisson central, aucune végétation, aucun graphisme ne viennent perturber l’eau dont la couleur est la plus sombre, presque noire. Le poisson d’or rayonne de l’intérieur, brillant d’une couleur très lumineuse : les nageoires et l’œil rouges le corps aux écailles dorées composent une gamme de couleurs chaudes qui contraste avec les couleurs froides de l’eau (bleu sombre pour le fond, bleu violacé pour les vagues et les plantes).

Ce contraste de couleur est renforcé par un contraste de matière : l’épaisseur de peinture pour les poissons est plus importante par rapport au fond marin.

Ne nombreux spécialistes en histoire de l’art ont essayé de comprendre la signification de ce tableau :
Certains ont pensé que ce poisson d’or faisait référence à un conte russe. Dans l’histoire, le poisson d’or exauçait tous les vœux du pauvre homme qui l’avait pêché mais à la condition qu’on lui redonne sa liberté.
Comme Klee était très croyant, d’autres  ont vu dans ce poisson, un symbole religieux. En effet, au premier siècle, les chrétiens étaient persécutés par les Romains qui les empêchaient exercer leur religion. Pour ce reconnaître, les chrétiens utilisaient des codes secrets. En grec, « poisson » se dit « Ichtus », dont les cinq lettres grecques formaient « Jésus-Christ, Fils de Dieu, le Sauveur ». Aujourd’hui encore, le poisson symbolise le ralliement des chrétiens. Il est donc possible que Klee ait peint ce poisson comme un symbole religieux.




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