Affichage des articles dont le libellé est Rococo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rococo. Afficher tous les articles

dimanche 20 octobre 2019

n°305
Portrait d’Auguste-Gabriel Godefroy
(L’Enfant au toton)
(1741)
Jean Siméon Chardin



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre :  Portrait d’Auguste-Gabriel Godefroy (L’Enfant au toton)
Artiste : Jean Siméon Chardin 
Année : 1741
Technique : Huile sur bois
Epoque : Temps Modernes
Mouvement : Rococo
Lieu : Musée d'art de São Paulo - Assis Chateaubriand (MASP) - (Brésil)

En savoir +
Jean Siméon Chardin n’est pas le peintre le plus connu du XVIIIème siècle mais, à sa manière, il fait partie de cette catégorie de peintre qui par leur style et leur audace, ont marqué leur époque.
Bien qu’il soit souvent considéré comme un  peintre rococo, un mouvement artistique en plein boum à cette époque, il se détache pourtant des autres peintres de son temps par un style bien à lui que l’on pourrait nommer « La peinture ordinaire ».

En effet, Chardin s’est fait la spécialité de peintre le quotidien, l’ordinaire, des familles riches, bourgeoises mais aussi le quotidien pas toujours rose des familles plus modestes et des paysans. Sa peinture est simple, sans chichi et sans mise en scène.

Portrait de Charles-Théodose Godefroy
Ce portrait représente le petit Auguste-Gabriel Godefroy. C’est sans doute son père, Charles Godefroy, joaillier et banquier de la haute-bourgeoisie, qui commanda au peintre cette toile. Quelques années plus tôt, Charles Godefroy lui a déjà commandé le portrait de son fils aîné Charles-Théodose tenant un violon.

L’enfant est debout, immobile, devant  le plateau en creux d’une chiffonnière dont le tiroir, entrouvert laisse dépasser un porte-craie. L’enfant a repoussé ses livres d’écolier, son papier et son encrier.
Il est très concentré sur son toton dont la position montre qu’il va bientôt tomber. Le toton est une toupie d'ivoire qu'on lance au-dessus d'un tableau de nombres avec l'espoir qu'elle s'arrêtera sur celui qu'on avait souhaité. Le jouet est le seul élément dynamique de la toile.

L’attitude naturelle du garçon, son petit sourire amusé et le fait qu’il ne regarde pas le spectateur, montrent qu’il n’y a aucune mise en scène. C’est cette sincérité et cette simplicité qui feront le succès de ce tableau.
Le peintre ne cherche pas à raconter une histoire, ni faire passer un quelconque message. Il s’agit là d’un simple moment de vie, innocent, plein de tendresse.

Première version du tableau, au Musée du Louvre
On dit que c’est le peintre qui demanda à son modèle de jouer au toton dans l’espoir que cet enfant agité resterait calme le temps de faire son portrait. Une stratégie efficace : l’enfant resta calme et silencieux longtemps, sans doute aussi parce qu’il n’avait pas le droit de jouer à cette heure où il était censé étudier !

En montrant un enfant absorbé dans son monde de jeux et de rêves, l’œuvre  est aussi le témoignage du siècle des Lumières durant lequel les adultes accordent plus d’importance au monde de l’enfance et à l’éducation.

Le tableau original commandé par la famille Godefroy se trouve au musée du Louvre tandis que la deuxième version, quasiment identique, réalisée quelques années plus tard est exposée au Musée d’art de São Paolo, au Brésil.




Télécharger et imprimez la fiche repère :

vendredi 16 août 2019

n°293
Pierrot (Gilles) (1718)
Antoine Watteau



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre :  Pierrot (autrefois Gilles)
Artiste : Antoine Watteau  
Année : vers 1718
Technique : Huile sur toile
Epoque : Temps modernes
Mouvement : Rococo
Lieu :  Musée du Louvre (Paris)


En savoir +
Ce Pierrot au regard énigmatique est la toile la plus connue du peintre rococo Antoine Watteau. Pleine de mystère, c’est aussi celle dont ne sait absolument rien !

Le tableau est découvert presque un siècle après la mort du peintre. Il aurait été trouvé par hasard chez un brocanteur parisien qui avait toutes les difficultés pour le vendre. Pour s’en débarrasser, Celui-ci aurait même écrit sur la toile « Achetez-moi, je suis là tout seul ».
On ignore tout de sa conception et de sa réalisation. Du vivant de l’artiste, cette toile monumentale n’a jamais été vue dans l’atelier de Watteau, pourtant très visité. On ne sait pas non plus à quelle date précise il a été peint, ni en combien de temps, ni pour qui. Watteau ayant l’habitude de peindre sur de petits formats, celui-là est exceptionnellement grand (presque deux mètres de hauteur), les personnages y sont peints presque grandeur nature. Enfin, personne ne sait qui est le modèle qui incarne le Pierrot au centre de la toile. La taille exceptionnelle du tableau et sa technique plus nette et précise que d’habitude, ont fait penser que la toile pouvait être aussi utilisée comme affiche de théâtre, à moins qu’il s’agisse de  l'enseigne du café de l'ancien acteur Belloni (peut être l’homme qui a servi de modèle au Pierrot).

Le thème de ce tableau est le théâtre, la véritable passion de Watteau. Pierrot est un personnage emblématique de la Commedia dell’Arte, un genre de théâtre italien très populaire au XVIIème et XVIIIème siècle. C’est un théâtre qui a la particularité de n’avoir aucun texte écrit, tout est donc improvisé. La Commedia dell'Arte est surtout célèbre pour ses personnages masqués très proches du peuple : des valets, des domestiques qui se moquent volontiers de leurs maîtres, c’est-à-dire des riches et des bourgeois.

- Pierrot (que l »’on appelait Gilles autrefois) est le personnage central de la toile. C’est un jeune valet au costume blanc et de sa de sa traditionnelle collerette. Il plait aux servantes dont il peut tomber amoureux. Contrairement à l’usage il n’est pas au centre du tableau mais légèrement décentré sur la gauche. Certains y ont vu une audace du peintre. En réalité, la toile a été raccourcie à sa gauche ce qui a décalé le personnage.
- A gauche du tableau, sur l’âne, apparaît le Docteur, un vieillard ridicule vêtu d’un long costume et d’un masque noirs. Il n’a aucune connaissance en médecine et fait semblant de parler latin. Il est souvent la cible des moqueries et des tromperies.
- A droite, couchés, on aperçoit les amoureux bourgeois, Lélio et Isabella. Ils sont sérieux et ne portent pas de masques.
- Enfin, à l’extrême droite, le capitaine Matamore vêtu de son costume rouge. L’épée à la main, il symbolise la guerre. En réalité, c’est un poltron   qui tremble à la simple idée de se battre.
- Une statue faisant sûrement partie d’un décor de théâtre fait son apparition. Il s’agit d’une représentation du diable.

La force de ce tableau est dans l’expression des personnages, plus particulièrement celle de Pierrot. Il apparaît comme un amuseur triste, immobile, sans action. Il est songeur et plein de poésie. L’attitude mélancolique du personnage ajoute encore plus de mystère au tableau.
Beaucoup voient en ce pierrot un portrait psychologique de l’artiste. La présence énigmatique du clown, solitaire et incompris, hantait l’imagination de Watteau qui peut-être s’identifiait à lui. Le peintre était malade de la tuberculose. Condamné, il mourut deux ans plus tard.



Télécharger et imprimez la fiche repère :

mercredi 27 février 2019

n°247
Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg, Reine de France et ses enfants (1786)
Élisabeth Vigée Le Brun



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre :Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg, Reine de France et ses enfants
Artiste : Élisabeth Vigée Le Brun  
Année : 1786
Technique : Huile sur toile
Epoque : Temps Modernes
Mouvement : Rococo
Lieu : Château de Versailles


En savoir +
En 1785, quatre ans avant la Prise de la Bastille qui marqua les débuts de la Révolution Française, la Reine Marie-Antoinette était déjà extrêmement impopulaire auprès du peuple français. Celle qu’on appelait « l’Autrichienne » était la cible de multiples rumeurs sur ses conquêtes, ses dépenses extravagantes et même sur la légitimité de ses propres enfants.

Perçue comme une mauvaise reine, Marie Antoinette désire redorer son image et reconquérir le cœur des français. Peu de moyens de communications existent à cette époque, c’est donc à travers un tableau qu’elle s’exprimera. Elle passe donc commande auprès de son amie et peintre Élisabeth Vigée Le Brun qui a déjà réalisé de nombreux portraits de la Reine.  Elle choisit pour cela l’image qui lui convient le mieux : celle de la mère. Car si Marie-Antoinette n’est peut-être pas la meilleure reine, c’est une mère moderne, attachée à ses enfants, les aimant plus que tout.

Mais pour réaliser ce nouveau tableau, Élisabeth Vigée Le Brun n’est pas très à l’aise, n’ayant pas l’habitude des portraits de groupe. Elle demande alors conseil à un autre peintre, Jacques Louis David, qui lui suggère de s’inspirer de tableau de Raphaël, la Sainte Famille.
Des esquisses au tableau final, deux ans de travail seront nécessaires à Vigée Le Brun pour achever cette œuvre monumentale.

Sur le tableau, la Reine fait attention aux moindres détails. Elle ne porte qu’une modeste paire de boucles d’oreilles et ne porte aucun collier, montrant son désir de se racheter auprès de son peuple en n’attachant que peu d’importance aux diamants et autres « fantaisies ». La reine aborde un visage aimable et touchant.

Après avoir mis au monde une fille, Marie-Thérèse en 1778,  et deux fils, Louis-Joseph et Louis-Charles en 1781 et 1783, Marie-Antoinette donne naissance à Sophie-Béatrice née en juillet.
Sa fille aînée Madame Royale est débout à sa droite et lui enlace le bras, signe que la jeune princesse aime sa mère et se sent en sécurité auprès d’elle. Sur ses genoux, Marie-Antoinette tient le duc de Normandie (futur Louis XVII), l’entourant de ses bras comme pour le protéger. Debout à sa gauche le Dauphin Louis-Joseph apparaît naturel, affichant un léger sourire.

Mais ce désir de bienveillance cache des drames familiaux. En effet, la petit Sophie-Béatrice âgée de 11 mois, meurt en juin 1787 juste avant l’achèvement du tableau. Mme Vigée-Lebrun l'a donc effacé pour ne pas causer plus de peine de Marie-Antoinette, ce qui explique la présence de ce berceau vide.

Une fois achevé, le tableau fut exposé au Salon de Paris de 1787. Mais les réactions furent assez mitigées. On lui reprocha notamment le manque d’expression dans son regard, un regard neutre qui ne convient pas après le décès de sa fille. L’image de mauvaise mère refait surface.
Le tableau fut ensuite installé dans les appartements de la Reine. Mais en 1789, le Dauphin Louis-Joseph meurt à son tour des suites d’une longue maladie, à l’âge de 7 ans. La toile fut définitivement retirée, Marie-Antoinette ne supportant plus de voir le portrait de son fils disparu. Le tableau sera expédié à Vienne, Louis XVI l'offrant à son beau-frère Joseph II du Saint-Empire.

Malheureusement pour la Reine, à l’aube de la Révolution Française, ce n’est que le début de son cruel destin.


Téléchargez et imprimez la fiche repère :

lundi 9 mars 2015

n°152
La Famille de Charles IV (1801)
Francisco de Goya



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Oeuvre : La Famille de Charles IV
Artiste : Francisco de Goya
Année : 1801
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Rococo
Lieu : Musée du Prado (Madrid)


En savoir +
En 1789, Francisco de Goya devint peintre de la cour du roi Charles IV d'Espagne. Le roi appréciait le style de Goya qui avait déjà eu l’occasion de peindre le roi seul, quelques années plus tôt. Au printemps 1800,  il reçut la commande d’un grand portrait de la famille royale.

Goya commença à y travailler en mai 1800, alors que la famille royale se trouvait au Palais d'Aranjuez. Il réalisa entre mai et juillet des croquis de portraits de chacun des membres de la famille royale. Sur demande de la reine, ils furent peints séparément pour éviter de longues et fastidieuses séances de pose.
À la fin, Goya choisit les proportions des personnages, leurs dispositions et des nuances de couleurs furent ajoutées.
Le 23 Juillet, Goya présenta les esquisses des dix portraits (sortes de dessins préparatoires, ou « brouillons »). Seuls cinq d’entre eux parvinrent jusqu’à nos jours : L'Infante María Josefa, L'Infant Charles de Bourbon, L'Infant François de Paule, L'Infant Antonio Pascual et Louis Ier d'Étrurie.

L'Infante María Josefa
L'Infant Antonio Pascual
Louis Ier d'Étrurie

L'Infant Charles de Bourbon
L'Infant François de Paule

Une fois les esquisses validées par la famille royale, Goya commença le tableau final entre Juin 1800 et Décembre 1801, date à laquelle il fut présenté au roi.
Malheureusement pour le peintre, la toile n'a pas suscité l'enthousiasme de la famille royale, qui s'attendait à une grande peinture grandiose. Cependant, elle ne fut pas non plus mal accueillie. Charles IV s’y référait chastement comme le portrait de « tous ensemble ». Le roi considérait que chaque membre de la famille était fidèlement représenté et que la toile était très réaliste.

En fait, Goya a légèrement exagéré les traits des personnages. Il dira les avoir même grandement favorisés pour « servir ses maîtres la meilleure façon possible ». En réalité, il s'est amusé à enlaidir leurs visages pour se moquer d'eux. Malgré tout, les critiques d’art de l'époque  reprochèrent à Goya l’attitude très bourgeoise qu’il donna aux personnages. Le peintre Pierre-Auguste Renoir, de visite au musée du Prado s'écria devant la toile :
« Le roi ressemble à un tavernier, et la reine ressemble à une ouvreuse... ou pire ! Mais quels diamants Goya a peint! »

Sur la toile sont représentés tous les membres de la famille royale. Mais la disposition des personnages montre sa volonté de mettre en valeur le personnage de la reine Maria Louise, qui occupe le devant de la scène, à la place du roi comme le veut le protocole royal.
Elle marque ainsi la place de la reine dans les affaires politiques du pays. Le roi est placé à l'avant mais il n'est pas celui vers lequel tous les regards convergent.

Mais un autre personnage, très discret, est très intéressant dans ce tableau : c’est Goya lui-même. Et oui, vous ne laviez peut être même pas vu mais Goya s’est représenté  à gauche de la toile, dans l’ombre,  en train de peindre ce que le tableau que nous regardons. Quelle audace de se représenter au sein de la famille royale ! En fait, Goya voulait rendre hommage au peintre Vélasquez qui avait fait la même chose dans son célèbre tableau : les Ménines.

(1) Charles de Bourbon (1788–1855)
(2) Francisco de Goya, peignant ce tableau
(3) Futur Ferdinand VII d'Espagne (1784–1833)
(4) l'infante María Josefa (1744–1801), sœur de Charles IV
(5) Future femme de Ferdinand, alors inconnue à l'époque
(6) Marie-Isabelle d'Espagne (1789–1848)
(7) Marie-Louise de Bourbon-Parme (1751–1819)
(8) François de Paule (1794–1848)
(9) Charles IV (1748–1819)
(10) Antonio Pascual, frère du roi (1755–1817)
(11) Charlotte-Joachime d'Espagne (1775–1830, dont seule une partie de la tête est visible)
(12) Louis Ier d'Étrurie (1773–1803)
(13) Charles Louis (1799–1883), le futur duc de Parme
(14) Marie Louise (1782–1824), femme de louis 1er d'Étrurie


Télécharger et imprimez la fiche repère :

samedi 31 janvier 2015

n°135
La liseuse (1770)
Jean-Honoré Fragonard



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Oeuvre :  La liseuse
Artiste : Jean-Honoré Fragonard 
Année : vers 1770
Technique : Huile sur toile
Epoque : Temps Modernes
Mouvement : Rococo
Lieu : National Gallery of Art (Washington, Etats Unis)


En savoir +
Vendue pour la première fois en 1776, la toile de Jean-Honoré Fragonard intitulée La liseuse (ou la jeune fille lisant) fait partie des tableaux les plus mystérieux du XVIII siècle. On ignore en effet toujours qui est cette jeune femme, pour qui le tableau fut peint et à quelle date.

La liseuse  représente une jeune fille inconnue, de profil, tenant un livre dans la main droite et entièrement absorbée par sa lecture. Elle semble assise devant une fenêtre car la lumière illumine son visage et dessine une ombre sur le mur qui se trouve dans son dos.
La jeune fille porte une robe jaune citron. Cette magnifique couleur chaude qu’apprécie particulièrement Fragonard est mise en valeur par la présence de rubans violets qui décorent la poitrine, le cou et le chignon de la jeune fille.
L’épais coussin sur lequel elle appuie son dos est également de la même couleur lilas. Le violet et le jaune, couleurs complémentaires, s’éclairent mutuellement et crée une magnifique lumière.
La jeune liseuse est richement costumée, et la fraise à godrons qui orne son cou témoigne du goût de l'époque pour les costumes espagnols.

Originaire de Grasse dans le sud de la France, Fragonard est un peintre rapide, spontané, qui aime les sujets qui respirent le bonheur, la lumière chaude et claire du sud, les couleurs chatoyantes et les coups de pinceaux rapides (parfois qualifié d'« escrime »).

Lors de la restauration récente de l'œuvre, la radiographie fit apparaître, sous la tête du modèle, une première figure à l'expression ironique, qui se tourne vers le spectateur. Pour quelle raison Fragonard a-t-il transformé ce premier personnage en liseuse ? On ne le saura sans doute jamais…

Téléchargez et imprimez la fiche repère :

dimanche 19 octobre 2014

n°069
La Buveuse (Bacchante tenant un verre) (1716)
Antoine Watteau



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Oeuvre : La Buveuse (Bacchante tenant un verre)
Artiste : Antoine Watteau
Année : 1716
Technique : Dessin aux trois crayons
Mouvement : Rococo
Epoque : Temps Modernes
Lieu : Musée Cognacq-Jay (Paris)



En savoir +
Antoine Watteau était un peintre très célèbre. Il est considéré comme l’un des plus grands dessinateurs de son temps et certainement le premier pour l’art français.

Watteau avait une pratique de composition unique : lorsqu’il peignait un tableau ou lorsqu’il dessinait : il le faisait sans objet, sans modèle. Cette technique fut très tôt remarquée et commentée.
Effectivement, lorsqu’ils avaient une commande importante, la plupart des grands peintres de l’époque préparaient leurs œuvres en faisant des esquisses, des sortes de « brouillons ».

Watteau se démarquait des autres peintres de l’époque en ne faisant jamais d’esquisses et ne se servait jamais de modèle pour peindre des hommes et des femmes. En revanche, il dessinait souvent dans un petit livre relié, un recueil qui contenait de nombreux dessins d'hommes et de femmes dessinés rapidement au crayon. Quand il en avait besoin, il avait toujours sous la main de nombreuses figures. Ainsi, quand il commençait un tableau, il avait toujours recours à son recueil et y choisissait les figures qui lui convenaient le mieux.
Watteau commençait par peindre l’arrière-plan de son tableau, le plus souvent un fond de paysage. Puis il y ajoutait les personnages qu’il avait choisis dans son livre de dessins.

Pour dessiner, Watteau utilisait la technique du « dessin aux trois crayons ». Il affectionnait particulièrement la sanguine, crayon d’argile rouge assez sec pour être taillé, pointu et donner ainsi un tracé très précis. Souvent il lui ajoutait pierre noire et craie blanche, réunissant ainsi les « trois crayons ».

Parmi les nombreux dessins qui se trouvaient dans son recueil, il y avait celui-ci : La Buveuse. Ce dessin a servi  pour peindre « l’Automne » un tableau qui avait été commandé par Pierre Crozat, Trésorier de France au XVIIe siècle, pour son hôtel particulier rue Richelieu à Paris.
Malheureusement, le tableau a aujourd’hui disparu. Il ne reste aujourd’hui que cette étude (dessin préparatoire).

La Buveuse, que l’on appelle aussi Bacchante tenant un verre  représente une jeune femme accoudée, nonchalante, son épaule nue attire le regard. Non loin, un verre vide atteste qu’elle sait prendre du bon temps. La femme est vraisemblablement ivre !
Cette femme est une bacchante. Dans la mythologie grecque, les bacchantes étaient des femmes qui célébraient le Dieu Dionysos, le dieu du vin,  lors de grandes fêtes arrosées. Dans la littérature, on a repris le terme « bacchante «  pour désigner les femmes qui sont tellement saoules qu’elles perdent toute retenue et toute dignité au point qu’elles sont ridicules.

Watteau s'est largement inspiré d'un tableau de Tiziano Vecellio (dit "Le Titien") qui s'appelle "les Bacchanales".



Télécharger et imprimez la fiche repère :

dimanche 24 août 2014

n°014
Buste d'une femme voilée "Pureté" (1717)
Antonio Corradini



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Oeuvre : Buste d'une femme voilée "Pureté"
Artiste : Antonio Corradini  
Année : 1717
Technique : Sculpture sur marbre 
Epoque : Temps Modernes
Mouvement : Rococo
Lieu : Museo del Settecento Veneziano, Ca' Rezzonico, (Venise)



En savoir +
Corradini était un sculpteur italien qui était l’un des plus doués de sa génération.
Il se fit connaître grâce à sa technique du drapé (c'est-à-dire l’art de représenter des plis et du tissu en sculptant) dont il devient le spécialiste.

Bien qu’on lui reprocha de toujours faire la même chose, de ne pas être très inspiré, ses compétences techniques étaient largement reconnues.

Ce « Buste d’une jeune femme voilée », l’un des premiers drapés de l’artiste, représente la pureté.
Ici, le sculpteur réussit à rendre le marbre presque transparent, pour révéler avec une précision extraordinaire tous les détails du beau visage qui émerge sous le voile.

Corradini obtint par la suite de nombreuses commandes de princes étrangers : il devint sculpteur officiel à la cour de Vienne, travailla à Prague, réalisa de nombreuses statues pour l’Electeur de Saxe à Dresde.




Télécharger et imprimez la fiche repère :