Affichage des articles dont le libellé est Dessin/Illustration. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dessin/Illustration. Afficher tous les articles

lundi 24 février 2020

n°323
Portrait de l’artiste par lui-même (1903)
Léon Spilliaert



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Léon Spilliaert (Autoportrait dit "aux Masques")
Artiste : Léon Spilliaert 
Année : 1903
Technique : Crayon graphite, encre noire et encre brune à la plume et au pinceau
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Symbolisme
Lieu : Musée d'Orsay (Paris)


En savoir +
Bien que son œuvre soit assez méconnue, l’artiste belge Léon Spilliaert reste l’un des plus grands représentants du symbolisme, ce mouvement artistique du début du XXème siècle qui se veut à l’opposé de l’impressionnisme. Les peintres symbolistes explorent avec passion les univers étranges, les légendes médiévales, le rêve et la nostalgie. L’étrange et l'irréel sont au cœur de leurs œuvres. Ce dessin en est d’ailleurs un bon exemple.

Léon Spilliaert est issu d’une famille d’artistes mais il s’est pourtant formé seul après seulement quelques mois d’études à l’Académie de Bruges. Il dessine ensuite beaucoup sur papier délaissant dans un premier temps la peinture.
A partir de 1902, il va réaliser de très nombreux autoportraits, souvent en trois-quarts comme celui-ci.
Dans cet Autoportrait dit « aux masques », Spilliaert est représenté de trois quarts masquant une partie de son visage. Il porte une veste très élégante qui le rend un peu austère. Le regard de l’artiste est très intense, très profond presque théâtral. Une grande intériorité s’y dégage, ses yeux sont perdus dans l’ombre. Comme nombre de ses œuvres, le jeu du noir et du blanc est très maîtrisé, à la manière d’un clair-obscur. Tout cela crée une atmosphère sombre, étrange voire macabre et cauchemardesque.

Autour de lui apparaissent d’autres portraits : deux à sa droite dans l’ombre et un portrait à gauche qui est inachevé. Ceux de droite semblent être des reflets de son visage dans un miroir, objet qui fascinait l’artiste et qui est récurrent dans ses œuvres. Mais en y regardant de plus près, on s’aperçoit que dans ses reflets, l’artiste s’est représenté plus âgé en haut et très âgé en bas. A gauche, dans le portrait inachevé, c’est l’inverse, il apparaît plus jeune. Spilliaert a voulu faire de cet autoportrait multiple la représentation de lui-même à tous les âges de la vie.

Comme le montre le portrait au crayon à gauche, l’œuvre reste inachevée. Toute la partie gauche du dessin a d’ailleurs été gommée, on y aperçoit encore quelques traces de crayons oubliées. L’artiste était semble-t-il insatisfait de son dessin et a fini par abandonner cette partie, la préférant vide et blanche car elle met davantage le portrait central en valeur. Cette hésitation explique d’ailleurs la présence de deux signatures sur l’œuvre.

Comme le montrent les nombreux autoportraits qu’il réalisa à cette époque, Spilliaert était fascinée par sa propre image. Cette fascination n’est ni égocentrisme, ni mégalomanie mais elle témoigne au contraire du profond mal-être que l’artiste éprouvait pour lui-même.
Dans certaines œuvres, il se représente même en monstre aux yeux exorbités, ou avec le visage déformé rappelant certaines œuvres de Munch. Spilliaert était solitaire, torturé, angoissé et sans cesse inquiet. Ce n’est qu’après la Première Guerre Mondiale qu’il laissera de côté les couleurs sombres au profit d’une palette plus claire et plus colorée.


Télécharger et imprimez la fiche repère :

mardi 29 octobre 2019

n°313
L'Atlantique (1931)
Adolphe Mouron Cassandre



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : L'Atlantique
Artiste : Adolphe Mouron (A.M.)  Cassandre 
Année : 1931
Technique : Affiche publicitaire, lithographie en couleurs
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Futurisme
Lieu : Collection particulière


En savoir +
Malgré le naufrage du Titanic survenu vingt ans plus tôt, les croisières et les traversées transatlantiques sont très à la mode pendant l’entre-deux guerres. Les français rêvent d’exotisme. Ainsi, on fabrique des paquebots de plus en plus impressionnants, de plus en plus luxueux et qui naviguent de plus en plus loin.

C’est en 1930, que le paquebot l’Atlantique fut mis en service. Ce paquebot long de 227 mètres et pesant plus de 42 000 tonnes a été construit à Saint Nazaire par la Compagnie de navigation Sud-Atlantique. Il proposait aux passagers une traversée de l’Océan Atlantique, jusqu’au Brésil (Buenos Aires ou Rio de Janeiro) avec des escales aux Antilles, le tout en seulement trente jours.
L'Atlantique était le plus prestigieux des paquebots sur la ligne d'Amérique du sud. Véritable palais flottant, il possédait une galerie marchande dans sa rue centrale longue de 137 mètres, qui comptait 40 boutiques de luxe.

Après quelques traversées qui eurent un énorme succès commercial, la Compagnie fit appel au graphiste Adolphe Mouron, plus connu sous le pseudonyme Cassandre, pour réaliser des affiches publicitaires et promouvoir  ses traversées transatlantiques.

Cassandre  est un artiste d’origine ukrainienne. Lorsqu’il arrive à Paris, il fonde l’Alliance graphique, une agence de graphistes où il collabore avec d’autres artistes dont Charles Loupot. Le travail de Cassandre est très inspiré de plusieurs mouvements artistiques :
- le cubisme, rendu célèbre par Picasso, qui valorise la géométrie
- le purisme qui valorise les formes simples et la machinerie
- le futurisme qui s’intéresse à la vitesse et aux nouvelles technologies.

Pour cette affiche publicitaire, Cassandre met l’accent sur les dimensions hors-normes du bateau. Toute l’affiche est conçue pour qu’il paraisse gigantesque, un argument publicitaire qui symbolise le luxe et la solidité du bateau. Après tout, Cassandre disait lui-même : « Une affiche est faite pour être vue »

D’abord, L’Atlantique est présenté face à la coque, en contre-plongée ce qui le rend impressionnant. On devine à peine les cheminées du bateau.
Pour rendre le paquebot encore plus grand, un petit remorqueur aux cheminées fumantes est peint astucieusement devant l’énorme coque sombre du paquebot pour en exagérer la taille. Cassandre utilise ce stratagème dans de nombreuses publicités. Dans une affiche similaire pour le paquebot le Normandie, il dessine cette fois des oiseaux exagérément petits devant la coque du navire.
Enfin, le paquebot à la coque bleu-marine contraste avec le fond blanc cassé qui l’entoure. L’ensemble est très géométrique, la coque forme même un rectangle dont les lignes verticales permettent d’allonger encore plus le bateau.

Le résultat est  une affiche d’une apparente simplicité. Elle contient peu d’informations pour que celui qui la voit comprenne immédiatement ce qu’elle raconte. Le bateau remplit presque tout l’espace. Il est représenté sans détails (pas de hublots par exemple), et les écrits sont peu nombreux : le lieu (Amérique du Sud), le nom du bateau, son poids et le nom de la compagnie.

L’affiche publicitaire contribuera au succès de la traversée. Malheureusement, après seulement dix traversées, l’Atlantique fut ravagé par un incendie criminel sur la route de Buenos Aires en 1933.

Télécharger et imprimez la fiche repère :

mardi 16 juillet 2019

n°262
Rêverie (1897)
Alfons Mucha



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Rêverie
Artiste : Alfons Mucha 
Année : 1897
Technique : Lithographie en couleurs
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Art nouveau
Lieu : Quelques exemplaires dans différents musées notamment au Musée du Luxembourg à Paris et à la Fondation Mucha (Prague)


En savoir +
Alfons Mucha fait partie de ces artistes dont les œuvres et leur style sont immédiatement reconnaissables. Ce peintre tchèque a remporté un vif succès à Paris en réalisant des affiches publicitaires notamment pour les pièces de théâtre de Sarah Bernhardt en 1894.

En 1898, fort du succès de ses affiches, l’imprimeur Ferdinand Champenois, dont le magasin se situe sur le boulevard Saint Michel à Paris, propose un contrat d’exclusivité à Mucha. Ce dernier va alors réaliser un grand nombre de publicités pour différentes marques qui vont également rencontrer un grand succès dans Paris.

Zodiaque
(calendrier La Plume)
1898
Afin de faire sa propre publicité, l’imprimerie réalise un calendrier d’entreprise pour l’année  1898 avec des illustrations de Mucha, dont cette lithographie.
Le succès du calendrier de l’imprimeur est tel que le rédacteur en chef de la revue La Plume, achète les droits de plusieurs lithographies à Mucha. La revue proposera même son propre calendrier la même année. A cette occasion, la revue donne un nom aux lithographies. Pour le magazine, cette jeune fille assise incarne le rêve, entraînant ceux qui la regardent avec elle. Le nom « Rêverie » lui a donc été donné. Quant à l’autre lithographie, utilisée pour le calendrier de la revue, s’appellera Zodiaque.

Rêverie est  dans le pur style Art Nouveau en vogue à l’époque. Le dessin de Mucha montre une jeune femme aux yeux rêveurs habillée une robe aux broderies magnifiques, feuilletant un livre de motifs décoratifs, éventuellement des échantillons d'imprimeurs. Les traits du visage sont extrêmement précis. Mucha fut l’un des premiers artistes à photographier ses modèles afin de constituer un catalogue de visages qu’il utilise ensuite pour réaliser ses illustrations. La rosace située derrière elle est richement décoré de fleurs et de leurs tiges forment un motif en dentelle tout en volutes.

L’illustration ayant été reproduite de multiples fois, il existe de nombreuses versions de l’illustration avec des variations dans les couleurs et les teintes.


Au sommet de son art, il participera largement deux ans plus tard à l’Exposition Universelle qui se tient à Paris en 1900. A cette occasion il sera  médaillé d'argent par la ville de Paris et  fait chevalier de la Légion d'honneur.


Télécharger et imprimez la fiche repère :

samedi 13 juillet 2019

n°259
Keep Calm and Carry On (1939)
Ernest Wallcousins



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Keep Calm and Carry On
Artiste : Ernest Wallcousins 
Année : 1939
Technique : Impression sur affiche
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Aucun
Lieu : Londres

En savoir +
L'exemplaire original encadré à l'entrée de la
librairie de Stuart et Mary Manley
Si vous faites du tourisme à Londres, il vous sera impossible de passer à côté de ce slogan rouge et blanc surmonté de sa couronne royale : Keep Calm and Carry On (Restez calme et Continuez). L’image est devenue un symbole anglais.

C’est d’autant plus incroyable que cette affiche datant de 1939 est restée totalement inconnue jusqu’en … 2000 ! Stuart et Mary Manley tiennent une boutique de livres d’occasion, Barter Books, dans le Nord-est de l’Angleterre. Un peu par hasard, ils retrouvent une copie de l’affiche et décident d’en faire des copies à la demande des clients. “Beaucoup de personnes voyaient l’affiche et voulaient nous l’acheter. Nous refusions à chaque fois mais à un moment donné nous avons décidé que nous devrions faire des copies et les vendre”, expliquait Stuart Manley  en 2009.

Exemples de parodies et détournements
L’affiche devient alors un succès immédiat. Plus de 40 000 copies sont venues par le couple en quelques années. Le succès s'étend jusqu'à Londres où l'affiche devient omniprésente dans les boutiques de souvenirs sur des produits dérivés (tasses, serviettes, sacs, t-shirts). Depuis, les très nombreuses parodies de l’affiche l'ont fait connaître dans le monde entier, notamment depuis la crise économique qui a frappé le monde en 2008.

Pourtant personne n’aurait parié sur un tel succès à l’époque de sa création!

Nous sommes à l’aube de la Deuxième Guerre Mondiale. A l’époque où la télévision et les réseaux sociaux n’existaient pas, le Ministère de l’Information britannique décide de créer une série de trois affiches officielles afin d’encourager la population pendant la guerre et leur donner force et espoir.

La première fut diffusée partout au Royaume-Uni dès le début de la guerre. Il était inscrit un message rappelant la bravoure dont le peuple faisait preuve en tant de guerre. “Your Courage, Your Cheerfulness, Your Resolution Will Bring Us Victory” (Votre courage, votre gaieté, votre résolution nous apporteront la victoire).
Peu de temps après, une deuxième affiche est apparue, incitant la population à se battre avec ce message: "Freedom Is In Peril, Defend It With All Your Might" (La liberté est en péril, défendez-la de toute vos forces). Cette affiche est aussi distribuée partout dans le pays.

Keep Calm and Carry On est la troisième affiche. Presque 2 500 000 exemplaires ont été imprimés entre le 23 août et le 3 septembre 1939, mais l’affiche n’a pas été autorisée à être affichée immédiatement au public. Au lieu de cela, il a été décidé que les affiches resteraient dans un "entrepôt frigorifique" pour pouvoir être utilisées en cas d’attaque aérienne contre le Royaume Uni. Ainsi, cette affiche était destinée à renforcer le moral de la population en cas d’invasion et de défaite.
Finalement, les copies de l’affiche ont été conservées jusqu'en avril 1940, et les stocks ont ensuite été recyclés. Quelques  exemplaires auraient été exposés, de façon illégale.
La campagne publicitaire du ministère de l'Information a finalement été annulée en octobre 1939 à la suite de critiques concernant son coût et son impact.

Quel destin pour une affiche qui à l’époque n’a jamais été montrée au public !


Télécharger et imprimez la fiche repère :

samedi 24 novembre 2018

n°237
Vega-Bi-Arct (1974)
Victor Vasarely



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Vega-Bi-Arct
Artiste : Victor Vasarely 
Année : 1974
Technique : Héliogravure en couleurs sur papier
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Op' Art
Lieu : (Sérigraphie)



En savoir +
Maître du Op'Art, c'est à dire l'art optique, Victor Vasarely nous entraîne dans le monde fascinant de l'art abstrait géométrique. Il crée des œuvres graphiques à la manière d'un mathématicien et d'un musicien, dans l'unique but de faire participer le spectateur, celui-ci devant se déplacer devant l'œuvre afin que l'illusion d'un mouvement se crée.

Dans les années 1960, après avoir composé de nombreuses œuvres de formes noires sur fond blanc, il souhaite élargir son concept avec des productions en couleurs. Il invente un alphabet plastique qui lui permet de composer une infinité d’œuvres. Comme avec les 26 lettres de l'alphabet qui permettent d'écrire une infinité de mots et de phrases, Vasarely découpait des formes dans du papier cartonné de différentes couleurs, qu'il rangeait et classait soigneusement dans son atelier, dans un ordre rigoureux. Son répertoire de formes était comme un vocabulaire lui permettant de créer à l'infini.

Dès 1968, il aborde une nouvelle série d’œuvres qu'il nomme "Vega" en référence à une étoile que l'on peut observer de la Terre. Le principe de cette période Vega repose sur l'illusion de gonflements jouant sur la déformation des lignes ce qui crée des volumes extraordinaires, comme des planètes qui gravitent dans l'espace. Dans Vega-Bi-Arct, les lignes forment quatre boules qui semblent vouloir sortir du tableau, ce qui suggère au spectateur un "effet 3D" alors que la toile est plate. Cet effet de relief s'explique par les lignes mais aussi par les nuances de couleurs, avec plus ou moins de contraste. Les surfaces déformées permettent aussi de jouer avec l'ombre et la lumière.

Pour cette œuvre, Vasarely a également été inspiré par un nouveau type de télescopes spatiaux et d’observatoires spatiaux apparu dans les années 1970. Des télescopes qui permettaient pour la première fois, de photographier des galaxies et des constellations lointaines.

Même si sa façon de concevoir ses œuvres est parfois très complexe, les œuvres de Vasarely n’en demeurent pas moins fascinantes et hypnotiques.


Télécharger et imprimez la fiche repère :

mercredi 26 septembre 2018

n°230
Moulin Rouge - la Goulue (1891)
Henri de Toulouse-Lautrec



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Moulin Rouge - La Goulue
Artiste : Henri de Toulouse-Lautrec 
Année : 1891
Technique : Technique du soufflé sur lithographie à 4 couleurs
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Art nouveau
Lieu : affiche publique. Quelques exemplaires dans différents musées (musée Toulouse-Lautrec à Albi, musée de la publicité à Paris, musée d’Ixelles en Belgique, musée de Montmartre)


En savoir +
Ah Paris à la Belle Epoque ! Les travaux Haussmann sont terminés, la Tour Eiffel est toute neuve. On voit apparaître les premières voitures à moteur. Grâce à l’Exposition Universelle de 1889, Paris est LA capitale à la mode qui attire le monde entier.

Le Moulin Rouge en 1891.
On aperçoit l'affiche de Toulouse-Lautrec
A cette époque, le quartier Pigalle est un quartier populaire où l’on aime faire la fête, et qui attire les bourgeois en quête de folie ! C’est à cette époque que Charles Zidler et Joseph Oller fondent le célèbre cabaret : le Moulin Rouge. Ces derniers font appel au peintre et illustrateur Toulouse-Lautrec pour réaliser une affiche publicitaire dans le but de faire connaître leur cabaret.

La Goulue
Elle met en scène la vedette de leur nouveau spectacle : Louise Weber que l’on connaît mieux sous le surnom « La Goulue ».
Cette jeune femme au sacré caractère est à cette époque la plus célèbre des danseuses parisiennes. Incroyable destin de cette jeune fille qui, quelques mois auparavant, n'était qu’une simple blanchisseuse. Elle fut repérée par un journaliste qui l’avait vu danser dans un petit bar. Son caractère, ses mauvaises manières, ses tenues un peu vulgaires pour l’époque et ses talents de danseuse vont immédiatement la faire connaître des milieux de la nuit ! Son surnom sera La Goulue, en raison de son habitude scandaleuse à vider les verres des clients quand elle passait à côté de leurs tables.

Au Moulin Rouge elle danse le quadrille, une danse très osée à l’époque. En dansant, le tourbillon de ses jupes à volants laisse apparaître sa culotte pour le plus grand plaisir des spectateurs. De la pointe du pied, elle fait voler le chapeau des hommes ébahis par le spectacle. C’est également elle qui fera connaître la danse mythique du Moulin Rouge ; le French cancan.

C’est tout cet esprit de fête et de démesure qu’a voulu montrer Toulouse-Lautrec sur cette affiche. Il en existe plusieurs versions légèrement différentes. La couleur jaune est très présente. La couleur des lampions qui éclairent la scène. Cela donne à l’affiche un côté festif.

Elle met en scène deux danseurs : la Goulue bien sûr et Valentin-le-désossé (au premier plan)  qui comme son nom le suggère, avait la particularité de contorsionner son corps . Cet homme n'est qu'une silhouette sans couleur, il est peint dans des tons gris vert. Il n'est qu'une silhouette, tout comme le public qui entoure la danseuse, appréciant visiblement le spectacle. Ces silhouettes noires permettent de faire ressortir la Goulue. C’est bel et bien elle que Toulouse-Lautrec a voulu mettre en avant. D’ailleurs, c’est la seule à être représentée en couleurs.

L’affiche a  eu énormément de succès. Le cabaret du Moulin Rouge aussi ! Les affiches étaient régulièrement décrochées des murs par les admirateurs. Le succès du Moulin Rouge n’a jamais faibli, c’est aujourd’hui un symbole parisien connu dans le monde entier. En revanche, le succès de la Goulue n’a pas duré aussi longtemps. Elle fut renvoyée du cabaret en 1894 et tomba dans l’anonymat. Elle mourut dans la misère à 62 ans.

Pour en savoir encore plus sur la Goulue, un petit documentaire très intéressant : https://www.youtube.com/watch?v=Hds3ragqKqA

Télécharger et imprimez la fiche repère :

jeudi 2 juillet 2015

n°197
Cascade (Mouvement perpétuel) (1961)
Maurits Cornelis Escher



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Oeuvre : Cascade (Mouvement perpétuel)
Artiste : Maurits Cornelis Escher 
Année : 1961
Technique : Lithographie
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Modernisme
Lieu : inconnu


En savoir +
Dessiner, c'est tricher ! En réalité, ne me faites pas dire que tous les dessinateurs sont des tricheurs, mais enfin... Qui d'entre nous n'a pas dessiné un personnage irréel, une maison inconstructible, un objet irréalisable ? Le dessin permet toutes les fantaisies, et Maurits Cornelis Escher est passé maître en la matière.

Effectivement, M. C. Escher est un artiste qui s'est inspiré des mathématiques pour créer ses œuvres. Il a créé des pavages, et aimait représenter des constructions impossibles.
A chaque fois, au premier coup d'œil, on ne fait qu'admirer la prodigieuse technique de ce dessinateur et du graveur. Ensuite, on doit se poser quelques questions... Cette Cascade par exemple semble impossible !

La roue d'un moulin est actionnée par une chute d'eau. Jusque-là tout est normal. Mais suivons le parcours de l'eau: elle est récupérée par un aqueduc, qui semble s'éloigner, monter, et qui, après quelques virages, la ramène au sommet de la chute, d'où elle retombe !
Nous pouvons dire, et les scientifiques ne me démentiront pas, qu'Escher vient d'inventer le mouvement perpétuel, c'est-à-dire un mouvement infini qui ne nécessite aucune énergie extérieure.

Le tripoutre
dans la réalité
Le tripoutre de
Penrose, impossible
En fait Escher est parti de la "tripoutre" du mathématicien anglais Penrose. Qu'est-ce qu'une tripoutre, me direz-vous ? Eh bien c'est une construction à trois poutres qui forment un triangle. C’est une figure impossible !

Comme le montre l’animation, on obtient une figure qui semble normale à l'œil, mais qu'il est impossible de construire : la tripoutre de Penrose. Si on place une flèche indiquant un sens de circulation
, on remarque la ressemblance avec la cascade d'Escher, les flèches représentant le mouvement de l'eau.  La poutre verticale schématise la tour du dessin. La poutre du bas représente l'aqueduc inférieur, et la troisième l'aqueduc qui revient vers le
premier étage de la tour.

Remarquons qu'Escher possède un certain sens de l'humour puisque cette construction impossible ne semble pas déranger le moins du monde la dame qui étend son linge sur la droite de la gravure.

Cette cascade serait donc impossible à reproduire dans la réalité. Et pourtant, quelqu’un a essayé … et il a réussi, comme le montre cette vidéo. Comment a-t-il fait ? Mieux vaut lui demander…


L'œuvre de M. C. Escher a séduit de nombreux mathématiciens à la communauté desquels il se défendait d'appartenir. Il aimait dire à ses admirateurs : « Tout cela n'est rien comparé à ce que je vois dans ma tête ! ».

Télécharger et imprimez la fiche repère :

vendredi 12 juin 2015

n°191
Les expulsés (1977)
Ernest Pignon-Ernest



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Oeuvre : Les expulsés
Artiste : Ernest Pignon-Ernest 
Année : 1977
Technique : Sérigraphie
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Art urbain
Lieu : aucun (oeuvre détruite)


En savoir +
Durant les années 1970-1980, la ville de Paris se lance dans un grand projet de réhabilitation qui vise à rénover certains quartiers de la capitale. Des habitants sont alors expulsés en masse de chez eux et leurs logements sont détruits selon la décision de la mairie.

Enfant, Ernest Pignon-Ernest a été lui-même expulsé de chez lui, avec ses parents, alors qu’ils vivaient à Nice. Ceci pourrait expliquer l’intérêt qu’il porte aux expulsés. Sensibilisé par la cause, il réagit à la nouvelle politique de la mairie Parisienne en exposant ses œuvres dans la ville.

Dans un premier temps, l’artiste réalise des dessins sur feuille à la craie, à l’encre dans son atelier. Il représente des personnages grandeur nature sur de grands formats. Il représente de manière très réaliste en travaillant les ombres, les lumières : ce sont des dessins très classiques.
A partir de ses dessins, il multiplie ses représentations grâce à la sérigraphie, une technique moderne dérivée du pochoir. Pignon-Ernest installe ensuite lui-même son œuvre dans la ville, dans une rue, durant la nuit (car c’est interdit). Le lieu choisi n’est pas un hasard, il donne un sens au dessin.

Le dessin des expulsés représente un homme et une femme portant des valises et des sacs. L’expression de douleur qu’on lit sur leur visage et le matelas que porte l’homme montrent bien qu’il ne s’agit pas d’un simple départ en vacances mais plutôt d’une expulsion. Le titre de l’œuvre confirme cette idée. Collé sur l’une des façades de l’immeuble sinistré, on dirait que le couple se tient au pied de l’immeuble en ruine. Leur posture est immobile. Tout porte à croire qu’ils ne savent pas où aller…

Dans ce dessin, l’artiste met donc en scène des personnages qui sont expulsés de chez eux, de l’immeuble qui se trouve derrière eux.  Le mur de l’immeuble sur lequel l’artiste à marouflé « Les expulsés » est situé dans le quartier de Montparnasse ; quartier qui fut touché par le projet de réhabilitation.

La pratique de cet artiste est donc d’associer l’art à la politique. Ses affiches se dégradent au fil du temps, se déchirent, se font arracher : il a utilisé volontairement du papier fragile pour symboliser la précarité des vrais expulsés. D’ailleurs, les lieux choisis n’attirent pas vraiment les spectateurs, ces affiches passent inaperçus aux yeux du public, tout comme les vrais expulsés que l’on n’a pas aidé.
Aujourd’hui, il ne reste de ces œuvres que les photographies qu’on en a faites.




Télécharger et imprimez la fiche repère :