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jeudi 31 octobre 2019

n°315
Les Raboteurs de parquet (1875)
Gustave Caillebotte



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Œuvre :  Les Raboteurs de parquet
Artiste : Gustave Caillebotte 
Année : 1875
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Impressionnisme
Lieu : Musée d'Orsay (Paris)


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« Hideux, Vulgaire ! », c’est par ces mots que cette œuvre fut qualifiée par le jury lorsqu’elle fut présentée au Salon officiel de 1875. L’œuvre fut en effet refusée car le sujet était jugé trop « cru » et trop réaliste.
En fait, le sujet de cette œuvre est assez innovant. Jusqu’alors, on représentait de riches bourgeois en ville ou des pauvres paysans à la campagne. Représenter le prolétariat urbain, c’est à dire des ouvriers en ville était bien plus rare.

Avec Les Raboteurs de parquet, Caillebotte n’adresse aucun message. Il dresse un simple témoignage du quotidien de ces ouvriers et de leur savoir-faire. D’ailleurs, Caillebotte était un bourgeois.
La pièce de style haussmannien représentée ici fait partie de son propre hôtel particulier situé à Yerres au sud de Paris (d’autres situent la pièce dans un appartement parisien de la plaine Monceau). Le peintre joue avec la perspective grâce aux lignes du parquet qui donnent une grande profondeur à la pièce.

Caillebotte a peint l'année suivante une deuxième
version de son tableau, jugée plus "convenable".
Elle est actuellement exposée au Danemark
Trois personnages sont représentés. Ils s’affairent à  raboter un parquet. Le tableau permet de mettre en lumière un métier aujourd’hui disparu. Les raboteurs ou les frotteurs de parquets étaient des ouvriers chargés de racler les parquets en bois, au moyen de rabots spéciaux ou des grattoirs en acier, parfois même au moyen d’un bout de verre. Ils effectuaient un véritable décapage à la main qui permettait de lisser le parquet qui était ensuite poncé à la paille d’acier. Enfin, il pouvait être ciré ou vernis.

Le peintre a profité de la présence de ces ouvriers à son domicile pour étudier attentivement leurs gestes, leurs outils et  leurs techniques. Les trois ouvriers sont représentés à genoux dans une position qui semble inconfortable. Ils ont le dos nu, leur peau luit de sueur et on distingue à peine leurs visages.
A gauche, l’un des raboteurs concentré sur sa tâche est isolé des deux autres tandis que les deux autres semblent plus complices et solidaires : leurs gestes semblent s’accorder, sans qu’il soit besoin de mots. Une bouteille de vin sert à « réconforter » le travail pénible de ces hommes.

Les outils ont une place importante et nous en apprennent sur les gestes de chaque ouvrier. L’homme de droite muni de son rabot et d’un marteau, s’affaire à raboter les joints des lames de parquet. Les deux autres sont munis d’un racloir en fer et d’un affiloir (pour l’affuter).

Le refus de l’œuvre au Salon qui incita Gustave Caillebotte,  à rejoindre le mouvement impressionniste. Le tableau fit lors présenté à la deuxième Exposition des peintres refusés de 1876, où le tableau remporta un grand succès.



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mercredi 21 août 2019

n°298
Dans un café (L'absinthe) (1875)
Edgar Degas



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Œuvre : Dans un café  (L'absinthe)
Artiste : Edgar Degas 
Année : 1875
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Impressionnisme
Lieu : Musée d'Orsay (Paris)


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Présentée lors de la deuxième exposition des impressionnistes en 1876, voici une toile d’Edgar Degas intitulée Dans un café, que l’on connaît mieux sous le nom de l’Absinthe.

Le Café de la Nouvelle Athènes au XIXème siècle
 (Le bâtiment a été détruit par un incendie en 2004)
On y voit deux personnages assis sur une banquette du café de la Nouvelle Athènes, situé place Pigalle à Paris, café où se réunissent régulièrement les peintres impressionnistes. Bien que le tableau ait été peint en atelier, le cadrage donne  l’impression que le peintre était assis en face des personnages. La signature du peintre apparaît, délicatement inscrite sur la page d’un journal enroulé sur un tuteur de lecture, comme s’il souhaitait laisser une trace de son passage.

Ellen Andrée
Le sujet principal du tableau est cette jeune femme. Il s’agit d’une actrice, Ellen Andrée, davantage connue pour avoir été le modèle de nombreux peintres que pour les pièces de théâtre dans lesquelles elle a joué.
Devant elle, un verre rempli d’absinthe est posé sur la table.  Ellen Andrée a le regard fixe et perdu. Murée dans le silence, elle semble triste et seule, l’air accablé, un sentiment morose qui est renforcé par les couleurs dominantes (gris, marron, noir) utilisées par le peintre.

L’absinthe est un alcool qui connut un  vif succès à la fin du XIXème siècle, puisqu’il était davantage consommé que le vin. Fabriqué à base d’une plante du même nom, cette liqueur verte est consommée depuis l’Antiquité. Cependant, elle fut accusée de provoquer de graves intoxications et même d’être à l’origine de crises de folies chez ceux qui en boivent. L’absinthe est effectivement une plante neurotoxique. Cet alcool « qui rend fou » a été ensuite interdit en 1915.

Marcellin Desboutin
A l’extrême droite du tableau, isolé, l’homme barbu au chapeau est le peintre Marcellin Desboutin. Vêtu d’un costume noir, il fume la pipe et observe la salle. Sa main est coupée, car c’est bien l’actrice que Degas souhaite mettre davantage en valeur dans ce tableau.
Bien que les deux personnages soient assis l’un à côté de l’autre, il est impossible de dire si les personnages sont en couple, amis, ou s’ils ne connaissent pas. Pour renforcer leur isolement, ils ne sont pas positionnés au centre du tableau mais à droite, un choix inhabituel inspiré de l’art japonais.

Certains pensent que Degas voulaient dénoncer à travers cette toile,  les dangers de l’alcool, en particulier de l’absinthe. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’hésitait pas à peindre la misère avec beaucoup de réalisme.
Avoir choisi deux personnages connus du public comme sujets de ce tableau était d’ailleurs un choix risqué de la part du peintre. Le tableau entachant leur réputation, Degas devra même préciser publiquement qu'ils ne sont pas alcooliques !
Bien plus tard, Ellen Andrée aura dans ses mémoires quelques mots simples sur le tableau : « Je suis devant une absinthe, Desboutin devant un breuvage innocent, […] et nous avons l’air de deux andouilles. »


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lundi 5 août 2019

n°282
Impression, soleil levant (1872)
Claude Monet



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Œuvre : Impression, soleil levant
Artiste : Claude Monet 
Année : 1872
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Impressionnisme
Lieu : Musée Marmottan Monet (Paris) 


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Impression, soleil levant n’est ainsi pas une toile comme les autres : C’est le tableau impressionniste par excellence, car c’est elle qui a donné son nom au mouvement artistique : l’impressionnisme.

Durant son séjour au Havre, Claude Monet décida de peindre le port tôt le matin. Le Havre, c’est le souvenir de son enfance, avec son célèbre port qui ne fait que prendre de l’ampleur avec la grande révolution industrielle du XIXème siècle. Le port est d’ailleurs un des thèmes favoris du peintre.
Le tableau ne fut pas réalisé en atelier mais depuis la fenêtre de sa chambre de son hôtel qui donnait sur le Quai de Southampton. Monet voulant peindre le Havre à l’aube, il était nécessaire de peindre avec de grands coups de pinceau, de manière vive, pour peindre le paysage avant qu’il ne fasse jour. Les couleurs se mélangent ainsi directement sur la toile au lieu de se mélanger au préalable sur la palette.
La toile fut terminée le jour même, d’une traite, en quelques heures et Monet lui donna un nom simple « Vue du Havre »
Après recherches, il représenterait l'aspect du port le 13 novembre 1872 à 7 h 35 du matin bien que certains estiment qu’il n’aurait été peint qu’en 1873 ou 1874. Le peintre aurait signé et daté son tableau qu’au moment de sa vente.

Les couleurs pâles et pastel du tableau reflètent une ambiance brumeuse et froide.  Les fumées des usines ne font qu’accentuer la brume. Les couleurs violacées et grises se mélangent. Le soleil du matin se reflète dans l’eau et donne un peu de chaleur au paysage. Sa lumière nous permet d’apercevoir en contre-jour, un port déjà en activité : les bateaux à vapeur, des bateaux à voile, des barques mais aussi à droite les grues des docks, où s'opèrent les échanges de marchandises.

Le tableau fut exposé pour la première fois en 1874, à la première exposition de la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs qui a lieu du 15 avril au 15 mai 1874. C’est une exposition indépendante organisée par les artistes qui permettait d’accueillir les peintres qui ont été refusé au Salon de peinture. L’exposition permettait donc à ces artistes d’exposer d’autres manières de peindre, des techniques nouvelles moins académiques.
Pour que le tableau soit exposé, Edmond Renoir, frère du peintre Pierre Auguste Renoir et journaliste chargé de la rédaction du catalogue,  a demandé à Claude Monet de mettre un autre nom que « Vue du Havre ». Claude Monet aurait dit « Mettez "Impression" », Edmond Renoir complétant par « soleil levant ».

Durant l’exposition, cette vue du Havre ne passe pas inaperçue. Un critique d’art, Louis Leroy condamna le tableau, disant qu’il ne s’agissait que d’une ébauche, d’un brouillon, en raison de la touche rapide de Monet, qui donne un aspect non-fini à la toile. Voulant faire un mauvais jeu de mots sur le titre du tableau, il intitule son article du 25 avril 1874, "L'exposition des Impressionnistes". dans lequel il écrit avec plein de sarcasmes : « Que représente cette toile ? Impression ! Impression, j'en étais sûr. Je me disais aussi puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans ».
Mais un autre critique d’art, Jules-Antoine Castagnary  réutilise le mot « impressionnisme » dans un article positif cette fois. Les peintres de l’exposition deviennent  « les peintres impressionnistes », terme que le groupe de adopta avec fierté. C'est la naissance de l'impressionnisme.

A la fin de l’exposition,  Ernest Hoschedé, un collectionneur d’art et ami de Claude Monet, achète le tableau à celui-ci pour 800 francs. Mais Hoschedé fera faillite quelques années plus tard, le tableau aura plusieurs propriétaires avant de faire définitivement partie de la collection du musée Marmottan à Paris.




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mercredi 24 juillet 2019

n°270
La neige à Louveciennes (1875)
Alfred Sisley



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Œuvre : La neige à Louveciennes
Artiste : Alfred Sisley  
Année : 1875 (signé en 1878)
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Impressionnisme
Lieu : Musée d'Orsay (Paris)


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"Neige à Louveciennes"
Une autre toile de Sisley
peinte dans la même rue.
Comme beaucoup de peintres impressionnistes, Alfred Sisley était attiré par les paysages enneigés. Durant l’hiver 1874/1875, il part s’installer à la campagne, à Louveciennes tout près de Paris dans l’actuel département des Yvelines.

Il profite de l’hiver pour commencer une longue série de toiles représentant des paysages enneigés. C’est le cas de la plus fameuse d’entre elles, La Neige à Louveciennes, qui a été peint sur le chemin de l'Étarché à Louveciennes tout près de son domicile rue de La Princesse.

Dans ce tableau, Sisley s’amuse avec les couleurs. Les teintes sont majoritairement blanches, grises et beiges mais rien n’est uniforme. La neige par exemples est pleine de reflets bleus. Le ciel, qui prend une place importante dans ce tableau, est composé de dizaines de couleurs différentes. Toutes ces couleurs douces créent les effets de lumière des journées d’hiver et rendent le paysage réaliste.

Avec cette toile, Sisley travaille sur la profondeur du paysage et la perspective grâce à ce chemin qui s’enfonce vers l’arrière-plan. Le personnage, tout petit, semble si loin. Le peintre s’amuse avec la perspective, accentuée par le mur de pierre à droite du tableau. Le chemin semble monter alors qu’en réalité, il descend légèrement comme en atteste une photographie de l’actuel chemin.

Le petit personnage isolé,  les couleurs et cette nature désolée donnent au tableau une atmosphère silencieuse, froide, très triste.  Sisley était un peintre très solitaire, tout comme le personnage du tableau. Il a même refusé de présenter ses toiles à la grande Exposition des Impressionnistes.

C’est le collectionneur d’art Armand Doria qui acheta la toile au peintre. Dans le catalogue de sa collection, le tableau fut décrit comme suit : « Un chemin montant; sur le sol, sur la haie qui le borde à gauche, sur le mur qui se dresse à droite, sur les arbres, sur les toitures aperçues entre les branches, la neige froide et silencieuse; le ciel, au-dessus de la nature endeuillée, plane gris, ouaté de tristesse. Sur le chemin, une paysanne s'éloigne, un panier au bras. ». Armand Doria revendit ce tableau une fortune au moment où Sisley eut un succès considérable, juste après sa mort.



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mercredi 17 juillet 2019

n°263
Le berceau (1872)
Berthe Morisot



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Œuvre : Le berceau
Artiste : Berthe Morisot 
Année : 1872
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Impressionnisme
Lieu : Musée d'Orsay (Paris)


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S’inspirant peut être d’une toile de Claude Monet qui avait peint son fils Jean dans son berceau quelques années plus tôt, Berthe Morisot réalise ici son tableau le plus connu.

Peint en 1872, le peintre représente sa propre sœur Edma au pied du berceau de sa seconde fille Blanche, née le 23 décembre 1871. Edma veille sur le sommeil du nourrisson. Les yeux baissés et sa joue dans la paume de sa main, elle contemple sa fille tout en tirant le voilage entre ses deux doigts pour plus d’intimité.  Berthe profite de la présence de sa sœur et de sa nièce chez leurs parents à Passy pour observer ce moment d’intimité.

On sent l’amour maternel et la protection, un sentiment de calme, de douceur se dégage de la toile. Les nuances de blancs,  de gris pâles et les quelques touches de roses et de bleus renforcent la délicatesse du tableau. Paradoxalement, on observe une certaine distance entre la mère et sa fille. Le regard perdu de la jeune femme suggère peut être une certaine angoisse, à une époque où la mortalité infantile étant encore très importante.
Berthe et Edma Morisot

Berthe et Edma Morisot commencent ensemble très tôt l’apprentissage de la peinture, encouragées par les parents. C’est lors d’une séance de copie au Musée du Louvre que Berthe rencontra Edouard Manet. Berthe ne cessa jamais de peindre alors qu’Edma se maria et quitta Paris pour la Bretagne où elle abandonna toute activité artistique.

En 1874, elle devient la première femme à exposer des tableaux, dont le Berceau,  de manière officielle à l’Exposition des Impressionnistes. De ce fait, elle tient à s’affirmer comme femme peintre avec un tableau sur la maternité. Malgré de bonnes critiques, la toile ne remporte pas un grand succès.
La même année, quatre ans après son mariage avec Eugène Manet, frère du peintre Édouard, Berthe Morisot donnera naissance à Julie. Elle deviendra à son tour l’un de ses modèles privilégiés, très attentive à peindre les différentes étapes de l’enfance de sa fille.

L’artiste n’arrivera jamais à vendre son tableau qui restera chez Edma. 
En 1830, il rejoint la collection du Musée du Louvre, une façon de reconnaître Berthe Morisot comme femme artiste peintre de renom, alors que son certificat de décès en 1895 portait la mention « sans profession » !







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jeudi 11 juillet 2019

n°257
Bal du Moulin de la Galette (1876)
Auguste Renoir



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Œuvre : Bal du Moulin de la Galette
Artiste : Auguste Renoir 
Année : 1876
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Impressionnisme
Lieu : Musée d'Orsay (Paris)


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Voici l’un des tableaux les plus célèbres du peintre impressionniste Auguste Renoir. Il  met en scène une foule faisant la fête un dimanche après-midi au bal du Moulin de la Galette, un vieux moulin de Montmartre transformé en café et en salle de danse que les habitants du quartier adorent fréquenter.

Dans cette scène de bal, Renoir a recourt à de multitudes tâches de couleurs qui donnent une ambiance animée, festive et estivale d’une foule en mouvement. Pour accentuer cet effet, les traits des personnages sont presque flous (la petite fille en bas à gauche se confond avec le motif du sol). Un journaliste de l’époque jugea que le peintre était parvenu à reproduire l’atmosphère bruyante, mouvementée et bohème de cette salle de danse en plein air.

La lumière du soleil est tachetée car elle est filtrée à travers les arbres. Au centre du tableau, un homme s’appuie sur le tronc d’un arbre et tente de séduire une jeune femme pendant que les autres  partagent du bon temps ensemble, dansent à gauche, bavardent à droite, fument et boivent.


Portrait de Georges Rivière
 par Auguste Renoir (1877)
Renoir louait un petit atelier, sous les toits rue Cortot, aux environs du moulin. Il se rendait régulièrement au moulin pour assister aux bals avant de peindre la scène en suivant dans son atelier (et parfois directement sur place selon ses amis).

Ce sont des amis du peintre ainsi que des filles habitant dans le quartier qui servirent de modèles pour les nombreux personnages qui composent la toile. Le critique d’art et ami de Renoir,  Henri Rivière, est montré assis à la table de droite, coiffé d’un canotier tandis qu’à gauche du tableau, vêtue de sa robe rose, Margot la compagne du peintre danse une polka avec le peintre cubain Pedro Vidal de Solarès. Près de Rivière se trouvent les peintres Franc-Lamy et Norbert Goeneutte, ainsi que les sœurs Jeanne et Estelle qui discutent et sirotent des verres de grenadine.


Le tableau fut présenté au public, lors de la 3ème exposition des impressionnistes de 1877. Les critiques furent très contrastées. Alors que certains voient le tableau comme un chef d’œuvre, d’autres sont gênés par la technique du peintre et les effets de flous, estimant n’y voir que des figures danser sur des nuages violets. 


La peinture est achetée en 1879 par Gustave Caillebotte, lui-même peintre et ami de Renoir, qui la lègue en 1894 à l'État français. Le tableau est maintenant conservé au musée d’Orsay.
Le  Moulin de la galette  existe toujours, c’est aujourd’hui un restaurant. Des 14 moulins qui existaient à Montmartre à l’époque de Renoir, c’est le seul encore existant aujourd’hui et en état de marche.  L’atelier de Renoir rue Cortot, quant à lui, abrite aujourd’hui le Musée de Montmartre.





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mardi 9 juillet 2019

n°255
Souvenir de Mortefontaine (1864)
Camille Corot



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Œuvre : Souvenir de Mortefontaine
Artiste : Camille Corot 
Année : 1864
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Impressionnisme
Lieu : Musée du Louvre (Paris)


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Dans les années 1850, Camille Corot a déjà peint de très nombreux paysages au cours de ses voyages, notamment en Italie. Petit à petit, il souhaite faire évoluer sa technique et cherche à reproduire une atmosphère poétique dans ses paysages quitte à peindre des paysages irréels.

Il puise son inspiration dans ses lointains souvenirs et se souvient notamment des étangs de Mortefontaine, près d'un petit village au nord-est de Paris. L’endroit,  bien connu des promeneurs et des peintres,  est réputé pour sa beauté. Il s’y rend à de nombreuses reprises pour étudier la lumière et les reflets sur la surface de l’eau.
Sur place, Corot va peindre plusieurs toiles, dessiner des dizaines d’esquisses et croquis représentant des scènes de cueillette et de pêche, des chemins, des arbres penchés…


Croquis de mars 1864
Satisfait du résultat qu’il juge innovant, Corot souhaite peindre un tableau pour le présenter au Salon des Beaux-Arts de Paris en 1864. Il va alors réaliser ce Souvenir de Mortefontaine qui est en fait un paysage recomposé, reconstruit d’après ses esquisses et plusieurs de ses tableaux peints aux étangs. En quelque sorte, Corot peint une toile qui contient toutes les autres. C’est en quelque sorte, la version parfaite du lieu.

Le résultat est un chef d’œuvre. Ses nouveaux paysages dégagent un climat presque féerique grâce à cette lumière blanche, et la brume épaisse presque vaporeuse. Il ne cherche pas à décrire un paysage mais à communiquer une certaine ambiance, une émotion, ce qu’il éprouve face au spectacle de la nature.
La composition n’est pas symétrique. A droite, un arbre massif prend beaucoup d’espace alors qu’à gauche, une ouverture vers l’horizon donne plus de profondeur et de perspective au tableau : la berge, les jeux de lumière sur l’étang, la ligne d’horizon, le ciel. Une scène de cueillette avec une femme et deux enfants vient animer la composition.
L’oeuvre eut un succès considérable au Salon de 1864. Les critiques sont dithyrambiques « " Toujours la même chose, un chef d'oeuvre ! Que voulez-vous, Corot ne sait faire que ça ! "

Napoléon III, qui préférait pourtant la grande peinture d'histoire, visita comme chaque année le Salon avec l’impératrice Eugénie. Il achète le tableau au nom de l’Etat français pour 3000 francs. Elle entra au musée du Louvre en 1889 après avoir séjourné quelques années à Fontainebleau. Corot lui-même est fier de son oeuvre. Corot est conscient d'avoir réalisé l'une de ses meilleures toiles et effectuera d'ailleurs plusieurs variantes de ce tableau (voir ci-dessous). On raconte même qu'il avait suspendu la photographie de son oeuvre au-dessus de son lit... "


Camille Corot.
Le batelier de Mortefontaine (1865-70)
Camille Corot. 
Les petits dénicheurs (1865-70)
Camille Corot. 
Les petits dénicheurs (1864)

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mercredi 5 septembre 2018

n°226
Les Toits rouges, coin de village, effet d'hiver (1877)
Camille Pissarro



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Œuvre : Les Toits rouges, coin de village, effet d'hiver
Artiste : Camille Pissarro  
Année : 1877
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporain
Mouvement : Impressionnisme
Lieu : Musée d'Orsay (Paris)


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Les toits rouges d’un village en hiver aux abords de Pontoise, une colline, des arbres fruitiers. Les motifs de ce tableau de Camille Pissarro dégagent une grande simplicité, et met en valeur la campagne et la nature.

Ce peintre impressionniste n’est pas aussi connu que son ami Paul Cézanne à qui il vouait une véritable admiration. Contrairement à Cézanne, les peintures de Pissarro avaient la cruelle réputation d’être fades et mièvres, peu spectaculaires. Pissarro assumait d’ailleurs son côté « classique ». Pourtant, Pissarro et Cézanne avaient l’habitude de travailler sur des motifs identiques, parfois même côte à côte Certaines toiles de Cézanne représentent d’ailleurs le même village.

Les toits rouges, coin de village, effet d'hiver laisse apparaître des couleurs assez douces et pastels avec une dominante de rouge orangé, de vert et de brun. Les mêmes couleurs apparaissent sur les différents éléments qui composent le tableau : les maisons, les champs, la colline, les arbres… tout se confond et se mélange. Les maisons sont cachées par les arbres du premier plan. On distingue à peine la frontière entre les toits et les champs de la colline. Cet effet voulu donne une vraie harmonie au tableau et s'explique aussi par la manière qu'à Pissarro de peindre par petites touches, une technique très à la mode à la fin du XIXè siècle .

Lorsqu’il présente son tableau lors d’une grande exposition sur l’impressionnisme, il reçoit de très bonnes critiques. Un article dans « La Gazette des lettres, des sciences et des arts » d’avril 1877 dit même "Joli tableau, une petite maison cachée dans la forêt, qui nous a frappé par la fermeté et la simplicité de la touche".


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mardi 4 septembre 2018

n°225
La pendule noire (1869)
Paul Cézanne



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Œuvre : Nature morte au crâne
Artiste : Paul Cézanne 
Année : 1898
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Impressionnisme
Lieu : Collection privée


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Voici une nature morte peinte par Paul Cézanne. Un style dont ce peintre est le spécialiste! Pendant longtemps, il adorait peindre des fruits et des objets posés sur des tables. La Pendule Noire est une nature morte un peu différente car les objets qui y sont représentés sont plutôt précieux.

Le tableau représente en fait le salon de l’écrivain Emile Zola, dont l’appartement était située rue de la Condamine à Paris. Cézanne a aménagé cette petite table avec des objets qu’il a lui-même apporté pour ce tableau, comme la nappe blanche, le citron et le grand coquillage. Il ajoute également quelques objets ayant appartenu à l’écrivain : une tasse accompagnée de sa soucoupe, un encrier, et cette fameuse pendule noire. Celle-ci attire notre attention car elle n’a pas d’aiguilles.

Difficile de comprendre le rapport entre tous ces objets. Certains pensent qu’ils représentent chacun une part de la personnalité de Zola, vue par le peintre. Ainsi, le coquillage (ressemblant à des lèvres rouges) représenterait le côté féminin de l’écrivain, son encrier symboliserait son talent d’écrivain alors que la pendule sans aiguilles évoquerait l’éternelle amitié entre les deux hommes.

Le bleu est assez présent sur cette œuvre. On dit même que pour peindre ce tableau, il aurait utilisé au moins seize nuances de bleu différentes ! Toutes ces nuances créent un jeu entre l’obscurité et la lumière.


Le tableau est resté chez Emile Zola jusqu’à la mort de celui-ci. Puis, il sera vendu aux enchères en 1903 avec huit autres tableaux et a appartenu à l’acteur Edward G. Robinson.




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