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samedi 18 août 2018

n°214
Office Fetish (1984)
Arman



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kART d'identité

Œuvre : Office Fetish
Artiste : Arman   
Année : 1984
Technique : Accumulation de téléphones, barres de métal, gouache sur papier
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Nouveau réalisme
Lieu : Detroit Institute of Arts (Etats Unis)


En savoir +
Célèbre pour ses accumulations d'objets en tout genre, Armand Fernandez dit Arman nous propose ici une étonnante sculpture composée de 98 téléphones noirs à cadrans.

Cette passion pour les détournements d'objets du quotidien vient de son père, Antonio Fernandez, marchand de meubles et d'antiquités en plus d'être amateur d'art. En tant qu'antiquaire il avait l'habitude d'accumuler des objets dans sa boutique dans l'espoir de les revendre.

De la même façon, Arman va accumuler durant de longues années de façon obsessionnelle une quantité impressionnante d'objets manufacturés (clés, pièces de voiture, machines, poupées, instruments de musique, tubes de peinture, objets du quotidien...). A la différence de son père, lui veut en faire des œuvres d’art. Il collectionne les objets pour ensuite les assembler, les détourner, les découper, ou même les brûler.

Un jour, l'éditeur américain Art in America déménage ses bureaux dans des locaux plus grands à Manhattan. A cette occasion, les vieux téléphones noirs traditionnels sont remplacés par des téléphones plus modernes. Arman en profite et les récupère pour les assembler.

Ainsi, en voyant ces téléphones, on imagine les heures de conversations dont ils ont été témoins. Des conversations importantes, privées, banales. Arman a permis aux téléphones de parler pour eux-mêmes, de sonner avec les voix imaginées des artistes et des critiques, des éditeurs et des imprimeurs, des annonceurs et des distributeurs, dans une véritable cacophonie!

A la fin de sa vie dans les années 2000, Arman s’essaiera à nouveau dans l’accumulation des téléphones, mais la technologie ayant encore évoluée, il s’agira de téléphones portables, découpés et collés sur une toile ! L’œuvre s’appelle tout simplement « GSM ». Arman étant décédé en 2005, nous ne verrons sûrement jamais l’accumulation de smartphones !




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mercredi 13 mai 2015

n°180
Anthropométries de l'époque bleue (1960)
Yves Klein



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kART d'identité

Oeuvre : Anthropométries de l'époque bleue
Artiste : Yves Klein  
Année : 1960
Technique : Pigment pur et résine synthétique sur papier marouflé sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Nouveau-Réalisme
Lieu Musée national d'Art moderne, centre Georges Pompidou (Beaubourg) (Paris)


En savoir +
On associe souvent l’artiste français Yves Klein avec une couleur : le bleu. En effet, la plupart de ses œuvres se concentrent sur cette couleur. Son travail de peintre explore les possibilités du monochromes : ces toiles peintes d’une seule couleur.

Cette couleur  bleu outremer qui deviendra la spécialité de Klein a été mise au point avec le marchand de peinture Edouard Adam qui a la particularité de garder l’éclat du pigment pur en poudre.
A partir de ce bleu à la fois profond et lumineux, il va créer, durant sa courte carrière artistique (il meurt subitement en 1962), de nombreuses œuvres d'art poétiques et tout à fait novatrices, autour des thématiques du vide, de l'invisible et de l'infini: sculptures et tableaux réalisés avec des éponges, tableaux réalisés avec du feu, lâchés de ballons, présentation d'une galerie vide...

En 1958, lors d'une soirée privé, Yves Klein fait un monochrome d'un genre nouveau: une femme nue étale la peinture bleue sur la feuille posé au sol avec son propre corps. Elle se sert de son corps comme d’un pinceau géant.
Cette idée amusante donnera naissance aux anthropométries.

Les anthropométries d'Yves Klein consistent donc à appliquer l'empreinte d'un corps sur le support (papier ou toile).
Après quelques essais dans son atelier, Yves Klein organise une soirée ou des anthropométries seront réalisées en direct devant un public et suivie d'un débat.
Cette performance (réalisation d'une œuvre d'art devant un public), à lieu en 1960 dans une galerie parisienne et sera intitulée Anthropométries de l'époque bleue. Un orchestre y joue une pièce musicale d'Yves Klein, la symphonie monoton-silence (20 minutes d'un son continu suivie de 20 minutes de silence).

L’œuvre Anthropométries de l'époque bleue propose une nouvelle manière de faire de l'Art, comme un spectacle, devant un public qui peut réagir en direct.
Yves Klein décide de donner une plus grande place au modèle, qui habituellement pose pour le peintre. Ici non seulement le modèle est montré au public mais surtout c'est lui qui peint le tableau, par son empreinte. Yves Klein ne fait que donner des instructions, comme un chef d'orchestre.



Le tableau est le résultat de la performance et joue avec l'idée de figuratif (qui représente quelque chose) et d'abstrait (qui ne représente rien).  Yves Klein se demande pourquoi l'art doit représenter fidèlement le réel ? A quoi sert-il de peindre un lit si on ne peut pas dormir dedans ? Une femme si on ne peut pas la serrer dans ses bras ?
Au premier regard, on ne voit dans les anthropométries d'Yves Klein que des tâches, mais pour lui elles sont plus réelles (ou réalistes) que des peintures figuratives car ce sont des empreintes de vraies femmes et cela les représente donc telles qu'elles sont "vraiment".






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vendredi 6 mars 2015

n°150
Gwendolyn (Nana) (1966)
Niki de Saint Phalle



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Oeuvre : Gwendolyn  (Nana)
Artiste : Niki de Saint Phalle  
Année : 1966
Technique : Sculpture en polyester
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Nouveau-Réalisme
Lieu : Parc du Musée Tinguely à Bâle (Suisse)


En savoir +
C’est en voyant l’une de ses amies, l’actrice Clarice Rivers, enceinte, que la plasticienne Niki de Saint-Phalle eut l’idée de se lancer dans une série de sculptures très colorées représentant des femmes aux formes généreuses : ses fameuses Nanas.

Les Nanas sont des poupées géantes et dansantes. Elles représentent des déesses  de la féminité et de la maternité. Elles rappellent par leur nom une femme moderne et par leur forme la silhouette d’une femme en mettant l'accent sur les rondeurs telles que la poitrine et les fesses. La plupart des Nanas sont fabriquées avec du tissu et du grillage pour lui donner une forme puis recouverte de polyester et peinte en couleurs luisantes.

Gwendolyn est donc sa première nana en polyester, après avoir réalisé des premières versions en laine et en, papier mâché. Elle fut offerte au musée Tinguely (exposant des œuvres de son mari, le sculpteur Jean Tinguely) par l’artiste elle-même.

De 1965 jusqu’à sa mort, Niki de Saint-Phalle produira des centaines de Nanas, exposées partout dans le monde.

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dimanche 5 octobre 2014

n°055
Le pouce (1965)
César


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Oeuvre : Le Pouce
Artiste : César
Année : 1965
Technique : Sculpture en bronze, 
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Nouveau réalisme
Lieu : Parvis de la Défense (France)



En savoir +
César Baldaccini est un sculpteur français célèbre dans le monde entier.
Dans les années 1950, César était surtout connu pour ses compressions d’objets. En 1956, César est invité à participer à une exposition intitulée "La Main, de Rodin à Picasso". Aucune de ses œuvres ne correspondant à cette thématique, il doit créer.

Il réalise alors une empreinte de son propre pouce et l’agrandit à une hauteur de 45 centimètres, pour réaliser une sculpture en plastique rose.
Puis, César n'a eu de cesse de le vouloir plus haut et de le décliner dans tous les matériaux. Il réalise d'abord un pouce en plâtre de 2 mètres pour le salon de mai.
Le Pouce de César va ensuite devenir célèbre dans le monde entier : à l'occasion des Jeux olympiques de Séoul (1988), il crée un Pouce en bronze de 6 mètres de haut.
Le dernier pouce de César, celui que nous vous présentons aujourd'hui, est le plus grand et le plus massif. Installé en 1993 sur le parvis de la Défense, aux portes de Paris, ce pouce en bronze mesure 12 mètres de hauteur. Si ce pouce devait appartenir à un homme, celui devrait mesurer 270 mètres !

César réalisa de nombreux exemplaires de son pouce pour le monde entier. En voici quelques-uns :
Marseille, France (1988)
6 mètres - Bronze
(créé et envoyé à Séoul pour les

 Jeux Olympiques de1988)
Coblence, Allemagne (1965) 
1,90 mètres - Bronze


Nice, France (1963)
1,85 mètres - Bronze



Montigny (Suisse),
Fondation Gianadda (1965)
environ 2 mètres - Bronze


Marseille (France), Musée d'art 
contemporain (1965)
1,85 mètres - Bronze poli
Londres (Royaume-Uni) , 
Tate modem (1965)
40 centimètres - Résine polyester
Séoul (Corée du Sud) - 
Parc olympique (1988)
6 mètres - Bronze
Pouce en cristal de Baccarat (1975)
40 centimètres
Réalisé en 100 exemplaires
 
Pouce en bronze (collection privée)


Fribourg (Suisse), 
Musée d'art et d'histoire (1971)
Pouce en sucre
Paris (France),
 Fondation Cartier (1965) 
1,5 mètres - Bronze

Paris (France), 
Galerie Laurent Struk 
40 centimètres - Bronze


A l'origine, César n'a pas moulé son pouce avec l'idée de l'agrandir ensuite. Il a découvert un pantographe qui lui a donné envie de réaliser cet ouvrage. Cette machine qui permet d'agrandir fidèlement des sculptures a suscité chez César un véritable émerveillement.
César a produit plusieurs pouces de différentes tailles. Toutefois, il ne considérait pas ces différents pouces comme étant des copies du pouce original. L'agrandissement, pour César, n'est pas une copie. César dit déjà de son premier pouce qu'"à cette dimension, il n'avait plus rien à voir avec le pouce".
Un grand pouce met en valeur toutes les particularités du pouce comme les tout petits détails de notre anatomie :  les grains et les plissures de la peau.

Il est probable que César ait fabriqué tous ces pouces pour  rendre hommage au geste célèbre de l’Empereur romain à qui César doit son nom. En effet, durant l’Antiquité, à l’issu d’un combat entre gladiateurs, l’Empereur César décidait de la vie ou de la mort du gladiateur qui avait été vaincu. Pour cela, il levait ou baissant simplement son pouce.

Le Pouce de César, c’est aussi un peu ses mains, les mains du créateur et de l’artiste. Or, les sculptures de César n’ont pas toujours été appréciées par les amateurs d’art. Certains lui reprochaient de ne créer des œuvres qu’avec des machines et pensaient qu’il ne fabriquait rien avec ses propres mains.  Pour eux, il ne suffit pas d’avoir une idée originale pour être un artiste, il faut aussi savoir créer avec ses mains.

Sa série "d'empreintes humaines" ne se limite pas qu'aux pouces. Il réalisa en effet plusieurs "poings", "mains", et même des "seins"!


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