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mercredi 26 novembre 2014

n°103
Le roi Aménophis IV/Akhénaton (1350 av JC)



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kART d'identité

Oeuvre : Le roi Aménophis IV/Akhénaton
Artiste : inconnu
Année : vers 1350 av JC
Technique : Sculpture sur grès, Peinture (aujourd'hui disparue)
Epoque : Antiquité
Mouvement : Art amarnien
Lieu : Musée du Louvre (Paris)


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Aménophis IV, plus connu sous le nom d’Akhénaton, est l’un des pharaons les plus mystérieux et méconnus de l’Egypte ancienne. Il ne reste que peu de traces de sa vie.

Fils d’Aménophis III et de la reine Tiyi, Aménophis IV est le dixième souverain de la 18e dynastie des pharaons d'Egypte. Lorsqu’il monte sur le trône en 1353 av. J.-C., il est déjà marié à Néfertiti promue grande épouse royale. La reine lui donnera six filles dont deux deviendront ses épouses. Le souverain prendra une épouse secondaire, Kiya qui enfantera une fille.

Aménophis IV montre une dévotion particulière envers le soleil qu’il considère comme un Dieu. Après quatre années passées à Thèbes, il fonde une nouvelle capitale baptisée Akhénaton. Il fait de cette cité le centre du culte officiel rendu au soleil dont la puissance s'exprime à travers le disque solaire (Aton) qui dispense grâce à ses rayons les bienfaits sur terre.
Alors que le peuple égyptien a toujours été polythéiste (il croyait en plusieurs dieux). Akhenaton fut le premier pharaon à imposer une religion monothéiste, c'est-à-dire la croyance en un seul Dieu : Aton. Aménophis IV se présente comme le représentant du Dieu Aton sur la Terre. Il change de nom : Akhénaton ("l'esprit d'Aton)

Au début de son règne il ordonne la construction, à Karnak, d'un lieu de culte dédié au dieu solaire. La vaste cour de cet ensemble était entourée de portiques à piliers sculptés d'images colossales du roi. Ce portrait est un morceau d'un de ces piliers.

Ce fragment de pilier représente donc le roi Aménophis IV avec ses attributs. Le roi se présente dans la position osiriaque c’est à dire debout, bras croisés sur la poitrine, tenant dans ses mains les sceptres royaux.
Le pharaon lui-même enseigna aux sculpteurs de nouvelles règles artistiques pour le représenter : le corps des statues du roi ne se présente plus comme celui d'un athlète musclé (symbole de puissance) ; au contraire, les épaules sont larges mais plates.
Le visage d’Aménophis IV est lui aussi très reconnaissable : il est très allongé et est accentué par la longue fausse barbe (symbole de royauté) qui s'étire vers la poitrine. Ses yeux sont en amande. Ce visage si particulier étonne beaucoup. Certains pensent même que le roi était atteint de la maladie de Morfan, une maladie qui déforme les os.

Akhénaton meurt en 1337 av JC, après 17 ans de règne. Peu séduits par Aton, dieu sourd et muet, les Égyptiens rétablissent leurs dieux dès le décès du roi. Tous les temples d’Aton sont détruits.



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lundi 20 octobre 2014

n°070
Le buste de Néfertiti (1345 av JC)
Thoutmôsis



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kART d'identité

Oeuvre : Le buste de Néfertiti
Artiste : Thoutmôsis 
Année : 1345 av JC
Technique : Sculpture sur calcaire, Peinture
Epoque : Antiquité
Mouvement : Art amarnien
Lieu : Neues Museum (Berlin)



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Le 6 décembre 1912, l’équipe archéologique allemande de Ludwig Borchardt découvre ce très célèbre buste, lors de fouilles menées à Tell el-Amarna en Egypte.
Il représente la tête d’une femme avec un cou assez long, le nez fin, les pommettes hautes et un sourire peint en rose foncé. Le buste a été sculpté dans un bloc de calcaire recouvert de stuc (une sorte d’enduit) puis il a été peint. La sculpture mesure 47 cm de hauteur et pèse 20kg.

Il s’agit d’une représentation de la célèbre reine égyptienne Néfertiti. De son nom complet Neferneferouaton-Nefertiti qui signifie « la belle est venue », elle fut la grande épouse royale du pharaon égyptien Akhenaton au XVIe siècle avant Jésus Christ. Tous deux ont formé le couple le plus romantique de toute la dynastie pharaonique. Elle n'a d'ailleurs pas hésité à le suivre quand il a voulu instaurer une  religion monothéiste (croire en un seul Dieu, ce qui était nouveau pour l'époque). Ils étaient très amoureux, c'est certain. Néfertiti était réputée pour sa grande beauté, comme en atteste ce buste.
Borchardt était émerveillé par sa découverte : « Tout à coup, nous avions entre nos mains l'œuvre d'art égyptienne la plus vivante. On ne peut pas la décrire avec des mots. On doit la voir »

Bien que l’on en soit pas sûr, il s’agirait d’une œuvre du sculpteur Thoutmôsis et daterait de 1345 avant Jésus-Christ. Il a été trouvé dans ce qui a peut-être été l'atelier du sculpteur où il figurait parmi d'autres bustes inachevés de Néfertiti.

La sculpture est en excellent état pour son époque. Le visage est parfaitement symétrique. Néfertiti est l’incarnation de la beauté parfaite. Toutefois, sur l’œil gauche, la pupille faite en quartz a
disparu. Borchardt pense que cet iris a toujours manqué sur la sculpture. Certains ont pensé que Néfertiti avait une maladie de l’œil, mais sur d’autres représentations de cette reine, les deux yeux sont parfaitement normaux.
Néfertiti porte une couronne bleue formée de rubans horizontaux se rejoignant à l’arrière avec un diadème d'or et un uræus (le cobra), aujourd'hui cassé, sur le front. On ne voit pas de cheveux sous la couronne, elle semble avoir le crâne rasé. Son cou est orné d'un large collier aux motifs floraux. Les oreilles ont été légèrement abîmées avec le temps.

La fonction exacte de ce buste nous est inconnue, mais il est possible qu'il ait servi de modèle pour un sculpteur. Il pourrait même s’agir d’un modèle utilisé par le sculpteur pour enseigner à ses élèves comment sculpter l’intérieur d’un œil, ce qui expliquerait l’absence de l’œil gauche.
Il s'agit probablement d'un modèle sculpté à Thèbes, à cause de la maigreur du visage qui était à la mode dans cette ville.

A l’Antiquité, les artistes n’avaient pas beaucoup de choix de couleurs pour peindre.  Le buste de Néfertiti a été peint avec seulement six pigments :
- bleu : poudre de fritte, coloré avec de l'oxyde cuivrique ;
- rouge clair (pour la peau) : chaux en poudre colorée avec de la craie rouge (oxyde de fer) ;
- jaune : orpiment (sulfure d'arsenic) ;
- vert : Fritte en poudre, coloré avec du cuivre et de l'oxyde de fer ;
- noir : charbon lié avec de la cire ;
- blanc : craie, (carbonate de calcium).

Peu après sa découverte, le buste fut amené en Allemagne pour y être exposé au musée de Berlin. La sculpture n’a été exposée au public que dix ans après sa découverte.  Ce délai très long a lancé de nombreuses rumeurs sur l’authenticité du buste.
En effet, depuis de nombreuses années, deux historiens de l’art réputés, Erdoğan Ercivan et Henri Stierlin pensent que le buste de Néfertiti serait un faux. A l'époque, par respect pour la Reine,  personne n'aurait osé la représenter sans son oeil gauche. Ils vont  jusqu’à dire que Borchardt aurait créé lui-même le buste pour tester des pigments anciens et que, lorsque le buste avait été admiré par le prince Johann Georg de Prusse, Borchardt aurait prétendu qu'il était authentique pour ne pas le décevoir.
Ercivan suggère que c'est la femme de Borchardt aurait servi de modèle pour le buste.
Pour faire taire les rumeurs, ou enfin connaître la vérité, le buste est passé aux rayons X en 2006 Les résultats tombent, Néfertiti aurait été retouchée, le sculpteur (ou le faussaire) aurait en effet rajouté du plâtre pour consolider le buste. Les joues auraient également été retouchées, ainsi que les pommettes, mais aussi l'arête du nez. On n'est par contre toujours pas capable d'estimer l'âge du buste, même si le plâtre (et les pigments) était bel et bien celui utilisé par les égyptiens, il y a 3500 ans. Mais cela n'exclue en rien le fait qu'un faussaire ait pu réaliser cette œuvre.  Mystère !
Quoiqu’il en soit, le buste de Néfertiti reste le portrait féminin le plus célèbre après la Joconde. Depuis la présentation officielle au public du buste à Berlin en 1924, les autorités égyptiennes n'ont cessé de demander son retour en Égypte.




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