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dimanche 18 août 2019

n°295
La méridienne (La sieste) (1889)
Vincent Van Gogh



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kART d'identité

Œuvre : La méridienne (La sieste) (d'après Millet)
Artiste : Vincent Van Gogh 
Année : 1889
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Post impressionnisme
Lieu : Musée d'Orsay (Paris)




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Lorsqu’il peint La Méridienne, Vincent Van Gogh est en mauvaise santé. Quelques mois auparavant, pris d’une crise de folie, il se mutile l’oreille à Arles suite à une violente dispute avec Gauguin. Van Gogh souffre de plus en plus de crise de folies et d’hallucinations. La police conclut même qu’il pourrait être dangereux pour la sécurité publique. Le 8 mai 1889, il quitte Arles et prend la décision de se faire interner dans l’asile de Saint-Paul-de-Mausole, un monastère à Saint-Rémy-de-Provence. 

La Méridienne de Jean-François Millet (1866)
Crayon Noir et pastel sur papier vergé.
C’est dans ce monastère, dans lequel Van Gogh a installé un petit atelier au rez-de-chaussée, qu’il peint ce tableau. La méridienne s’inspire directement d’un dessin du peintre Jean-François Millet lui aussi intitulé « La Méridienne », dessin que Millet a réalisé au crayon noir et pastel et qui fait partie d’une série de quatre œuvres illustrant « Les quatre heures de la journée ».

Van Gogh vouait une véritable admiration pour Millet qu’il considérait comme son maître.
Trouvant dommage que La Méridienne ne soit qu’un dessin, considérant que Millet n’avait peut-être pas eu le temps de le peindre à l’huile, il décida de créer sa propre version. 
La sieste de Jacques Adrien Lavieille
gravure sur bois
L'artiste n’a pas la possibilité de voir le tableau de Millet mais il possède une gravure sur bois de Jacques Adrien Lavieille intitulée « La sieste », elle aussi inspirée du tableau de Millet. C’est cette gravure qui lui servira de modèle. La gravure de Lavieille est en noir et blanc ce qui permettra au peintre de faire lui-même le choix de ses couleurs.

Il écrivit à son frère Théo à ce sujet : « Plus j’y réfléchis plus je trouve que cela ait sa raison d’être de chercher à reproduire des choses de Millet que celui-ci n’a pas eu le temps de peindre à l’huile. Alors travaillant soit sur ses dessins soit sur les gravures sur bois, ce n’est pas copier pur et simple que l’on ferait, c’est plutôt traduire dans une autre langue, celle des couleurs, les impressions de clair-obscur en blanc & noir. ».
Durant son séjour à Saint-Rémy-de-Provence, il va peindre plusieurs tableaux directement inspirés des œuvres de son idole, toujours avec sa volonté de les « mettre en couleurs ».

Cette œuvre peinte de décembre 1889 à janvier 1890 symbolise la France de la campagne, rurale, à la fin du XIXème siècle. La lumière du soleil est très intense. Elle inonde ce champ moissonné. Sous cette chaleur, deux paysans se reposent, allongés sur l’ombre de la meule qu’ils viennent de former. Le couple est fatigué d’avoir fauché les blés. Les deux faucilles ont été posées au sol, le paysan a même ôté ses sabots. Au loin, un attelage composé d’une charrette et de deux bœufs profitent aussi de l’ombre d’une meule.

Très fidèle au dessin de Millet, jusque dans les moindres détails, Van Gogh a su pourtant proposer sa propre composition à travers les couleurs vives jaune-orangées et les touches de pinceaux si particulières qui caractérisent sa peinture. Il utilise des couleurs complémentaires : jaune/violet et orange/blanc. Mises côte à côte ses couleurs se renforcent. Pour être plus expressives encore, il entoure les silhouettes des deux personnages par des traits plus foncés.

Peindre des tableaux inspirés de Millet n’a pas aidé Van Gogh à se sentir mieux. Très fragile, le peintre dira même que peindre La Méridienne lui « a coûté  beaucoup de temps et beaucoup de peine. ». Le peintre se suicidera quelques mois plus tard à Auvers-sur-Oise.


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dimanche 26 août 2018

n°221
La Chambre de Van Gogh à Arles (1888)
Vincent Van Gogh



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kART d'identité

Œuvre : La Chambre de Van Gogh à Arles
Artiste : Vincent Van Gogh 
Année : 1888
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Post impressionnisme
Lieu : Musée Van Gogh (Amsterdam)




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Voici l'une des œuvres  les plus célèbres du peintre postimpressionniste Vincent Van Gogh. Ce peintre aux multiples vies, a beaucoup voyagé. Le 20 février 1888, il quitte Paris attiré par l'exotisme et le soleil méditerranéen déjà mis en peinture par Paul Gauguin. Il s'installe à Arles où il y découvre la lumière provençale. Il parcourt alors la région et peint des paysages, des scènes de moissons et des portraits. Il envoie ensuite ses tableaux à son frère Théo à Paris pour les exposer ou les vendre.

Vincent Van Gogh "La maison jaune" (1888)
Le 17 septembre 1888, il s’installe en centre-ville dans la « maison jaune » où il installe également son atelier. Bien qu’il apprécie Arles, Van Gogh aime vivre au sein d’autres artistes,  à la manière du quartier Montmartre à Paris, où il vivait quelques mois auparavant.  Il fait alors appel à Paul Gauguin et l’invite à le rejoindre dans le but de reconstituer une communauté d'artistes unissant fraternellement leurs expériences et leurs recherches.

En attendant Gauguin, en route pour le rejoindre, Van Gogh va peindre sa Chambre à coucher dans la « maison jaune ».

Vincent Van Gogh
"Paul-Eugène Milliet" (1888)
Vincent Van Gogh
"Eugène Boch" (1888)
Cette chambre est toute simple et bien rangée. C’est la première fois qu’il dispose d’un endroit à lui (auparavant il a surtout vécu dans des auberges) et il est décidé à prendre soin de lui. Van Gogh n’est pas un peintre reconnu et n’a pas beaucoup d’argent. Son frère Théo lui envoie d’ailleurs régulièrement de l’argent. Les meubles sont donc sobres, il ne possède que le strict minimum : un lit, deux chaises, une table avec une cuvette et une cruche d’eau pour la toilette, une serviette suspendue à un clou, à côté d’un miroir. Les tableaux accrochés aux murs sont de lui : un paysage sur le mur du fond, deux portraits (le portrait du peintre Eugène Boch et le portrait de Paul-Eugène Milliet.) et deux dessins sur papier.

Le meuble qui domine le tableau est le lit. Il parait grand et douillet. Il symbolise la chaleur et le confort. Tous les autres meubles paraissent plus petits, et sont représentés par paire. Certains suggèrent que ces paires montrent la volonté du peintre de ne plus être seul.

La maison jaune était une bâtisse assez ancienne. Son architecture irrégulière lui donnait un aspect « tordu ». Cela transparaît dans ce tableau. Les murs des côtés se rapprochent beaucoup vers le fond, ce qui donne une impression de profondeur exagérée à la pièce et en particulier au lit, qui paraît énorme.

Dans une lettre qu’il adresse à son frère, Van Gogh explique qu’il voulait exprimer la tranquillité à travers la simplicité de la chambre mais aussi au choix des couleurs : "les murs lilas pâle, le sol d'un rouge rompu et fané, les chaises et lit jaune de chrome, les oreillers et le drap citron vert très pâle, la couverture rouge sang, la table à toilette orangée, la cuvette bleue, la fenêtre verte", affirmant : "J'avais voulu exprimer un repos absolu par tous ces tons divers".

Mais cette tranquillité ne sera que de courte durée. Quelques jours après, Gauguin arrive à Arles. Mais les deux hommes s'entendent mal : la tension entre les deux hommes débouche sur une violente dispute en décembre 1888 durant laquelle, Van Gogh, en proie au délire, tente de tuer son compagnon, puis, pour s’auto-punir, se mutile l'oreille, ce qui donnera naissance à un autre de ses tableaux célèbres.

Ce tableau a été abîmé par une inondation. Avant qu’il ne soit restauré, Van Gogh en réalisera une autre copie l’année suivante à la demande de son frère puis une troisième copie qu’il offrira à sa sœur. Les deux autres versions ne sont pas identiques. Les couleurs varient, les portraits cloués au mur sont différents par exemple.
La Chambre à coucher (deuxième version)
septembre 1889 - (Institut d'art de Chicago, Chicago)
La Chambre à coucher (troisième version)
septembre 1889 - (Musée d'Orsay, Paris)
Quant à la Maison jaune rendue célèbre par le peintre, elle fut bombardée durant la Seconde Guerre Mondiale. Elle n’existe désormais qu’à travers les tableaux du peintre.


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lundi 22 septembre 2014

n°042
Les Tournesols (1888)
Vincent Van Gogh



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Oeuvre : Les Tournesols
Artiste : Vincent Van Gogh 
Année : 1888
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Post impressionnisme
Lieu : National Gallery (Londres)




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Vincent Van Gogh arrive à Arles en février 1888. Il découvre en Provence une luminosité bien lointaine de sa Hollande natale : la vigueur du soleil, le bleu du ciel, …
Il s’installe rapidement dans une maison qui sera son atelier : la « maison jaune » de la place Lamartine. Il la repeint totalement en jaune à l’extérieur et également à l’intérieur.

Il souhaite établir dans cette maison une résidence d'artistes, une sorte de Ruche pour accueillir ses amis peintres, parmi lesquels il invite en premier lieu Paul Gauguin. Pour accueillir son ami, il peint des tournesols dans la chambre destinée à celui-ci. Vincent peindra ces fleurs en très peu de temps, car celles qui lui servaient de modèles dans le vase se fanaient très rapidement.

Les Tournesols est donc  le nom attribué à chacun des sept tableaux peints à Arles par Vincent van Gogh en août 1888 (pour les quatre premiers tableaux qui composent la série initiale) et en janvier 1889 (pour les trois derniers, appelés les Répétitions).

Série initiale d'août 1888

Vase avec douze tournesols
 (Arles, août 1888). 
Neue Pinakothek, (Munich)


Vase avec quinze tournesols
 (Arles, août 1888). 
National Gallery, (Londres).


Vase avec trois tournesols 
(Arles, août 1888). 
Collection privée, États-Unis.


Vase avec cinq tournesols 
(Arles, août 1888)
Détruit lors d'un incendie en 1945

Série "Les Répétitions" janvier 1889

Vase avec quinze tournesols
 (Arles, janvier 1889). 
Musée van Gogh, (Amsterdam).


Vase avec quinze tournesols 
(Arles, janvier 1889).
 Musée d'art Sompo, (Tokyo)


Vase avec douze tournesols 
(Arles, janvier 1889).
 Musée d'art de Philadelphie, États-Unis.


Cette série de natures mortes se compose notamment de trois peintures semblables avec quinze tournesols dans un vase et deux peintures similaires avec douze tournesols dans un vase.

Ce n'est que cent ans plus tard que les Tournesols devinrent célèbres dans le monde entier à cause d'une vente aux enchères. En mars 1987, tout le monde a entendu parler des Tournesols quand le magnat japonais de l'assurance, Yasuo Goto, a acheté l'un des tableaux pour l'équivalent de 40,8 millions d'euros lors d'une vente aux enchères chez Christie's à Londres, un record pour une œuvre de Van Gogh.
Cette somme énorme a fait réagir certains artistes comme le chanteur Jean Ferrat dont la chanson "Les Tournesols" s'insurge contre la somme mirobolante consacrée à cet achat et pense à la misère dans laquelle a vécu Vincent van Gogh jusqu’à la fin de sa vie.

Les peintures montrent des tournesols dans toutes les étapes de leur vie, de la pleine floraison jusqu'au flétrissement.  Ce qui est nouveau à l’époque, c’est l’utilisation de toutes ces nuances de jaune rendues possibles par l’invention de nouveaux colorants.

Des têtes échevelées et barbues, un œil, une bouche, des cœurs dans un vase : les Tournesols de van Gogh interpellent le spectateur comme des représentations humaines. Le peintre a composé son bouquet avec des fleurs à tous les stades de leur évolution : en bouton, épanouies, fanées, en graines… Chacun peut y voir une image de la vie qui passe. Une nature morte représente des objets inanimés, figés. Or, dans cette œuvre les tournesols sont bien vivants et dynamiques: ils semblent surgir de la toile comme des cheveux ébouriffés. Certains tournesols sont en train de faner, d’autres sont en bouton… à l’image de la vie.



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mardi 12 août 2014

n°002
La nuit étoilée (1889)
Vincent Van Gogh



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Oeuvre : La nuit étoilée
Artiste : Vincent Van Gogh 
Année : 1889
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Post impressionnisme
Lieu : Musée d'art moderne (New York)




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À l'automne 1888, alors que Van Gogh réside à Arles, il réalise une peinture connue sous le nom de Nuit étoilée sur le Rhône. Presque un an après, alors qu'il est interné à l'asile, en juin 1889, il annonce « une nouvelle étude d'un ciel étoilé ». Mi-septembre 1889, il inclut cette Nuit étoilée dans une série de travaux qu'il envoie à son frère, Théo, à Paris.

La partie centrale du tableau représente le village de Saint-Rémy-de-Provence vu depuis la chambre de Van Gogh dans l'asile du monastère Saint-Paul-de-Mausole.  Le cyprès, au premier plan dans la partie gauche de la toile, a été ajouté pour la composition. L'air dans ce tableau est représenté par les nuages qui suivent le chemin des étoiles.
Van Gogh exprime la mort dans ce tableau. D’abord, la pointe du clocher de l’église s’élance exagérément vers le ciel. Van Gogh disait : "l’église est le « train » reliant l’Homme à Dieu"
De même, le cyprès, arbre de cimetière, a la même fonction.
Rien d’étonnant alors à ce que la flèche de l’église et le cyprès soient les deux seuls éléments à relier le premier plan (le village où vivent les Hommes) et l’arrière-plan, le ciel étoilée (symbole de la mort).
D’une certaine manière, ce tableau annonce la mort de Van Gogh qui finira par se suicider en 1890.


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