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jeudi 5 mars 2020

n°330
Stańczyk (1862)
Jan Matejko



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kART d'identité

Œuvre : Stańczyk
Artiste : Jan Matejko 
Année : 1862
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Art académique
Lieu :  Musée national de Varsovie (Pologne)


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Voici un des tableaux les plus célèbres de la peinture polonaise. Son auteur, Jan Matejko, s’était spécialisé dans les évènements historiques de son pays et ce tableau peint en 1862 ne déroge pas à la règle.

Au centre de la toile, assis sur son fauteuil, apparaît Stańczyk, qui était le bouffon du roi Sigismond Ier. Ce dernier régna sur la Pologne de 1506 à 1548. Réputé drôle et clownesque, Stańczyk apparaît triste, la mine défaite, plongé dans ses pensées. Il vient d’apprendre une mauvaise nouvelle, écrite sur la lettre qui est posée sur la table à sa gauche. Pour comprendre la tristesse du personnage, il nous faut connaître le contexte historique.

En 8 septembre 1514, la Pologne sortent victorieux de la bataille d’Orcha, dans l’actuelle Biélorussie, qui opposait les troupes polonaises et lituaniennes aux soldats russes. Ces derniers venaient d’envahir la Lituanie, alliés des polonais. Pour célébrer cette victoire écrasante, la Reine de Pologne organisa un grand bal au château royal de Wawel à Cracovie. C’est cette fête que l’on aperçoit à l’arrière-plan du tableau où la joie se lit sur les visages de la cour royale.

Alors pourquoi Stańczyk est-il aussi triste, pourquoi est-il à l’écart des autres fuyant ce moment festif. La réponse se trouve écrite sur cette fameuse lettre.
Alors que la Pologne fête une victoire, elle vit au même moment une grande défaite. En effet, la lettre annonce la chute de Smolensk, ville qui demeurait jusque-là dans l’union des Royaumes de Pologne et de la Lituanie. La ville est désormais envahie par les russes. Une perte importante car Smolensk était une forteresse militaire qui protégeait les frontières polonaises.
Stańczyk était connu pour ses pensées prémonitoires, il comprend alors que cette défaite n’était que la première d’une longue série, une nouvelle inquiétante qui laisse présager un avenir sombre pour le pays.  À l'extérieur de la fenêtre, on aperçoit au loin une comète se dirigeant tout droit sur une tour, symbolisant la destruction de la Pologne.

Le tableau, peint plusieurs siècles après les faits, comporte quelques erreurs. En effet, la perte de Smolensk eut lieu avant la victoire d’Orcha. De plus, les dates écrites sur la lettre ne correspondent pas à la réalité historique. Enfin, Bona Sforza représentée sur le tableau, ne fut Reine de Pologne qu’en 1518 !

L’œuvre est toutefois remarquable par les nombreux contrastes qui la composent. Tout d’abord, la grande tristesse de Stańczyk contraste avec le ridicule de ses vêtements et l’image qu’on imagine d’un bouffon du roi, toujours rieur, vif, voire fou. Pire, il semble être ici la seule personne sérieuse et réaliste dans ce monde frivole et insouciant de ces évènements tragiques. A noter que le visage du bouffon est celui du peintre Jan Matejko. Les couleurs et la lumière jouent également un rôle important : le bouffon est très éclairé et porte un habit rouge vif qui contraste avec les décors sombres à dominante verte.

L’œuvre fait partie de la collection du musée de Varsovie depuis 1924 mais il fut dérobé par les nazis durant la Seconde Guerre Mondiale. Il ne fut restitué à la Pologne qu'en 1956.
Quant à Stańczyk, il fut bouffon jusqu’à sa mort en 1560. Mais ce n’est qu’en 1901 que son personnage fut rendu célèbre, grâce à la pièce de théâtre « les noces » du dramaturge Jacek Kaczmarski. Très populaire dans la culture polonaise, il représente un personnage d’apparence loufoque mais qui porte en lui un regard grave sur le monde.



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dimanche 11 août 2019

n°288
Elisabeth de Bavière, impératrice d'Autriche, reine de Hongrie, dite Sissi (1865)
Franz Xaver Winterhalter



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kART d'identité

Œuvre :  Elisabeth de Bavière, impératrice d'Autriche, reine de Hongrie, dite Sissi
(aussi connu sous le nom de "Élisabeth de Wittelsbach, dite Sissi, en robe de bal avec des étoiles de diamant")
Artiste : Franz Xaver Winterhalter 
Année : 1865
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Art académique
Lieu : Musée Sissi - Hofburg, (Vienne, Autriche)


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Voici la plus célèbre des impératrices, la fameuse Sissi.
Élisabeth de Wittelsbach, de son vrai nom, était duchesse de Bavière avant de devenir  impératrice d'Autriche et reine de Hongrie.

Photographie de Sissi lors de son couronnement
Ce portrait en pieds datant de 1865, est sans doute le plus célèbre de tous les portraits qui ont été peints d’elle. Commandé par le mari de l’impératrice, l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, il fut réalisé par Franz Xaver Winterhalter, un peintre allemand qui fut peintre de cour de Napoléon III. C'est à ce titre qu'il reçut de nombreuses commandes d’autres souverains d’Europe. Elisabeth n'aimait pas beaucoup poser pour les peintres, mais elle apprécia la séance avec Winterhalter. Le résultat est éblouissant : une souveraine en majesté, avec un teint de porcelaine.

Considérée comme l'une des grandes beautés de son temps, ce portrait est fidèle à sa réputation. Même si le style du peintre est plus académique, et néo-classique (les colonnes), nous sommes en pleine période romantique, pendant laquelle la tenue des femmes dévoile de plus en plus de chair. La taille marquée par une ceinture en satin blanc, les épaules nues, la tête tournée vers le spectateur,  sa pose est sensuelle aux épaules nues et tourne la tête vers le spectateur.

L’impératrice, âgée de 28 ans, apparaît de trois-quarts, en « épaule ». Un soin particulier est porté sur les vêtements d’apparat qu’elle porte. Sissi est vêtue d’une longue robe de gala en satin et tulle blanc parsemée d'étoiles argentées, orné d’un petit ruban noir dans le dos. La crinoline très élargie en bas souligne la noblesse de la jeune femme. La robe fut créée par le couturier français Charles Frederick Worth pour l’occasion. Dans ses mains, elle tient un petit éventail, un accessoire de mode indispensable à l’époque pour les femmes de la haute société.

Elisabeth aimait les bijoux et cela se voit ! A son cou, elle porte une parure d'étoiles de diamant ornée d’un perle au milieu, créée  par le joaillier autrichien Köchert. Dans sa magnifique coiffure, elle  porte des étoiles en diamant représentant des edelweiss, la fleur emblématique des Alpes autrichiennes. Elles mettent en valeur la longue chevelure de la jeune femme dont elle était si fière.

Le tableau fut ensuite reproduit à de nombreux exemplaires sous la forme d’une gravure au carbone. Ces reproductions ont permis de diffuser l’image de l’impératrice partout en Europe et ont contribué à rendre l’œuvre célèbre.

En 2012, le portrait fut restauré. Avec le temps, les couleurs avaient perdu de leur éclat et le portrait avait besoin d’être nettoyé. Les restaurateurs eurent quelques difficultés à mener leur travail à bien, car le portrait est peint sur un support très fin. Après trois mois de travail, le tableau dévoila ses couleurs éclatantes d’origine.

Le peintre, déjà à la fin de sa carrière, réalisa trois autres portraits de l’impératrice, toujours dans un style classique, typique de l’art académique. Ce portrait reste l'une des représentations les plus emblématiques de l'impératrice et l'une des œuvres les plus connues de Winterhalter.



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