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mardi 5 novembre 2019

n°318
Entrée des animaux dans l’Arche de Noé (env 1570)
Jacopo Bassano



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Œuvre : Entrée des animaux dans l’Arche de Noé
Artiste :Jacopo Bassano 
Année : vers 1570
Technique : Huile sur toile.
Epoque : Temps modernes
Mouvement : Maniérisme
Lieu : Musée du Prado (Madrid)


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Au XVIème siècle, Jacopo Bassano était le spécialiste des peintures religieuses un peu champêtres. Il tient ce style « artiste-paysan » de son père, lui-même peintre reconnu.  Les scènes religieuses que peint Bassano sont très souvent accompagnées de paysages ruraux, d’animaux, de fermes, d’herbes… des éléments auxquels il accorde autant de minutie que le sujet principal de ses tableaux. Ce peintre italien a grandi à la campagne dans un petit village, ce qui lui a permis très tôt d’être au contact quotidien avec des animaux. Il les a donc beaucoup étudié pour parvenir à aussi bien les réaliser.

Spécialiste des scènes religieuses, Bassano adorait peindre l’épisode de l’Arche de Noé, rien d’étonnant pour un passionné d’animaux! Durant sa vie de peindre, il réalisa ce passage de la Genèse à de multiples reprises.

D'après la Bible, Dieu aurait demandé à Noé de construire un immense bateau, une arche, afin de recueillir un couple de toutes les espèces animales pour les sauver du terrible Déluge qui engloutissait la Terre. Noé ainsi que sa femme, ses trois fils et leurs épouses prennent  également place dans l’arche.

Un autre tableau de Bassano, également nommé
"Entrée des animaux dans l’arche de Noé", (vers 1590)
Musée du Louvre (Paris)
Parmi toutes les versions de l’arche de Noé peinte par Bassano, celle-ci peinte vers 1570 et exposée au Musée du Prado est sans doute la plus aboutie.
On peut y voir un vieil homme, Noé, debout au centre de la toile. Comme le ferait un berger, il guide les animaux. Ceux-ci grimpent sur une passerelle et entrent dans l’arche qui va les abriter durant quarante jours et quarante nuits, jusqu’à ce que l’eau redescende.
De nombreuses espèces d’animaux sont représentées. On aperçoit bien sûr les animaux de la campagne (moutons, vaches, chiens, lapins, dindons, chevaux, chèvres), des animaux des forêts (cerfs, lièvres, renards, hiboux). Il y a aussi quelques espèces plus exotiques (lions, singes) qui sont beaucoup moins réalistes, sans doute parce que le peintre n’en a jamais vu de ses yeux.

Tout ce petit monde semble très organisé. La montée dans l’arche se fait dans le calme, ce qui est curieux quand on sait que le Déluge est imminent ! Un chat est même en train de dormir ! Difficile d’imaginer que les chiens résistent à l’envie de courir après les lapins et poules !

Dans cette œuvre, Bassano a surtout souhaité être fidèle au récit de la Bible. Il a bien représenté Noé, sa femme et ses trois fils, Sem , Cam et Japhet avec leurs épouses. Mais il a aussi pris certaines libertés. Par exemple, au lieu d’être des couples, certains animaux comme les moutons ont été peints plus de deux fois. De plus, les lions auraient dû entrer dans l’arche en premier alors qu'ici, ils sont précédés d’un aigle et d’un sanglier.

Ces petites « erreurs » d’interprétation, qui étaient peut être volontaires, n’ont pas empêché l’œuvre de rentrer dans les collections royales espagnoles,  sous le règne de Philippe IV !


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mardi 7 juillet 2015

n°198
Suzanne au bain (1555)
Le Tintoret



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Oeuvre : Suzanne au bain (ou Suzanne et les vieillards)
Artiste : Le Tintoret  
Année : 1555
Technique : Huile sur toile
Mouvement : Maniérisme
Lieu : Kunsthistorisches Museum (Vienne)


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Au XVIe siècle, nous sommes à l’aube de la Renaissance. La très grande majorité des œuvres d’art de cette époque sont religieuses, simplement parce qu’il n’était pas admis de peindre autre chose, c'est-à-dire des œuvres profanes.

Tous les épisodes de la Bible sont peints en large et en travers. Certaines scènes de la Bible ont d’ailleurs été peintes de très nombreuses fois, par de nombreux peintres de l’époque.

Evidemment, pour certaines artistes, peindre des scènes religieuses impose quelques contraintes : notamment celle de la nudité. C’est pourquoi, certains artistes préféraient certains épisodes bibliques à d’autres, comme l’histoire de Suzanne et les deux vieillards, car ils permettaient à des peintres comme Tintoret, de peindre « légalement » des femmes nues. Quel malin !

Suzanne au bain, illustre donc un épisode de la Bible, celui d'une jeune femme, Suzanne qui, observée alors qu'elle prend son bain, refuse les propositions malhonnêtes de deux vieillards. Pour se venger ceux-ci l'accusent alors d'avoir trompé son mari avec un autre homme et la font condamner à mort. Mais le prophète Daniel, encore adolescent, intervient et prouve son innocence. Il fait alors condamner les vieillards.

Dans son tableau, Tintoret a mis l’accent sur la nudité de Suzanne. Mais curieusement, le miroir ne reflète rien sinon un bout de tissu blanc. Et l'eau de la fontaine ne montre, en dehors de sa somptueuse transparence, rien d'autre que le reflet des pierres.  La raison est simple : Suzanne a déjà bien du mal à protéger son intimité face aux deux vieillards, il ne faudrait pas en plus que le spectateur soit tenté de regarder dans le miroir ou la rivière, ce qui n’est pas permis de voir…



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dimanche 14 septembre 2014

n°034
L'Eau (1566)
Giuseppe Arcimboldo



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Oeuvre : L'Eau
Artiste : Giuseppe Arcimboldo 
Année : 1566
Technique : Huile sur toile
Epoque : Temps modernes
Mouvement : Maniérisme
Lieu : Musée d'histoire de l'art (Vienne)


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Peintre officiel de la cour des Habsbourg au XVIe siècle, Giuseppe Arcimboldo est connu pour ses portraits très originaux formés par l’accumulation d’animaux, de végétaux ou d’objet. En 1566, il peint quatre toiles reprenant les Quatre Éléments (l’Air, l’Eau, La Terre et le Feu). L'Empereur Maximilien qui adorait l’idée du peintre,  possédait un zoo plein d'animaux exotiques qu'il faisait venir vivants pour lui.

Les visages des éléments sont bizarres, presque morbides. Pour le peintre, l'eau est la mer, les fonds sous-marin et certainement aussi la pêche qui est une des activités des sujets de l'empire des Habsbourg. Arcimboldo voulait représenter ici les mystères de l'eau en ne représentant que des animaux marins qui habitent les profondeurs de l'océan.
La mer est aussi le symbole de ce que l'on ne connait pas, de ce qui n'a pas encore été exploré, un lieu inconnu, mystérieux.

Deux personnages des Quatre Éléments sont tournés vers la droite et deux vers la gauche; vus de profil comme sur une pièce de monnaie, la bouche entrouverte comme s’ils se parlaient. L'air et le feu sont peints dans des teintes chaudes. La terre et l'eau ont des teintes plus froides. Les quatre portraits sont des allégories (c’est quand un symbole ou une idée sont représentés sous les traits d’un personnage)

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De gauche à droite : l'Air, l'Eau, La Terre et le Feu

Le tableau que nous vous présentons aujourd’hui est l’un des quatre tableaux des « Quatre Éléments » : l’Eau. Arcimboldo a composé son visage de poissons, de crustacés, de reptiles et de corail. Un requin aux dents acérées représente la bouche. La joue est une raie et un coquillage exotique figure l'oreille où est accrochée une perle. La tête est ornée de corail rouge, une amulette qui protège du danger. Les carapaces du crabe et de la tortue forment une armure. Un collier de perles blanches et une boucle d'oreille atténuent la brutalité du tableau et rappelle la richesse de l'empereur. L'accumulation de poissons et d'animaux morts, entassés, crée un malaise accentué par les teintes froides, (gris brun noir).

Arcimboldo avait déjà peint des séries de tableaux avec cette même idée des « têtes composées ». Dès 1563, il peint plusieurs séries sur le thème des Quatre Saisons où les portraits sont composés de fruits et de légumes.
Le peintre s’amusait à penser que Les Quatre Éléments et les Quatre Saisons étaient des toiles qui se complétaient. Ainsi, l’Air va avec le Printemps, le Feu avec l’Eté, la Terre avec l'Automne et L’Eau avec l'Hiver.



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