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samedi 10 août 2019

n°287
Rose méditative (1958)
Salvador Dalí



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Œuvre : Rose méditative
Artiste : Salvador Dalí  
Année : 1958
Technique : Huile sur carton rigide
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Surréalisme
Lieu : Collection privée

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Lorsqu’il peint cette Rose méditative, le peintre espagnol Salvador Dalí a 54 ans, déjà 30 ans d’expérience dans la peinture surréaliste et un succès incontestable.

Cette toile est beaucoup plus sobre que ce qu’il peint habituellement. Elle se compose de trois parties principales :
- un ciel nuageux, aux couleurs pâles et pastel, dont les nuages ressemblant à du coton, renvoient à la douceur
- un sol désertique sur lequel on aperçoit deux personnages et la lueur du soleil à l’horizon. Il semblerait que les deux personnages soient un couple mais il est difficile de l’affirmer tant leurs silhouettes sont petites.
- une grande rose rouge en plein centre, sans tige, en lévitation. Une goutte d’eau est délicatement posée sur l’un des pétales ce qui donne encore plus de réalisme à la fleur.

Les roses sont souvent présentes dans la peinture de Dalí. Tout comme d’autres éléments récurrents, comme les montres ou les fourmis. Les roses rouges ont toujours été associées à l'amour et à la passion. Chez Dalí, elles symbolisent aussi la féminité comme en témoignent ses peintures de 1936  dans lesquelles les têtes de femmes sont des bouquets de fleurs.

Cette rose pourrait représenter l'amour passionnel qu'il avait pour sa muse, Gala. D’autres y voient un hommage à son grand ami, le poète Federico García Lorca , dans laquelle la rose reflétait une grande admiration réciproque. Lorca avait d’ailleurs écrit Ode à Salvador Dalí, un poème catalan qui évoque une rose (voir ci-dessous)


Ici, la rose serait d’après le titre, est en pleine méditation. C’est le véritable sujet du tableau. On ne peut que la contempler, sa taille est disproportionnée par rapport au paysage, Elle est dépourvue de « corps » (de tige) car seule sa « tête » est nécessaire pour méditer. Le désert apparaît souvent dans la peinture de Dalí, c’est un espace vaste, silencieux et beau, un lieu parfait pour la méditation.

A méditer donc !


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vendredi 2 novembre 2018

n°234
Gala regardant la mer Méditerranée qui à vingt mètres se transforme en portrait d’Abraham Lincoln (1975)
Salvador Dalí



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Œuvre : Gala regardant la mer Méditerranée qui à vingt mètres se transforme en portrait d’Abraham  Lincoln (parfois surnommé en anglais "Lincoln in Dalivision")
Artiste : Salvador Dalí  
Année : 1975
Technique : Huile sur papier photographique sur bois
Epoque : Contemporain
Mouvement : Surréalisme
Lieu : Théâtre et musée Dalí de Figueres (Espagne)


En savoir +
Réalisé à la fin de sa vie, ce tableau diffère un peu de ce que nous avons l’habitude d’admirer chez Salvador Dalí. Mais connaissant l’extravagance de ce peintre surréaliste, on se doute que cette œuvre nous laisse quelques surprises.

Dans ce tableau, « Gala contemplant la mer Méditerranée qui, à vingt mètres, devient le portrait d'Abraham Lincoln », le peintre met en scène sa femme, Gala, nue de dos, qui regarde par une fenêtre en forme de croix, un magnifique paysage de la Mer Méditerranée, sûrement un coucher de soleil. Elle semble être dans une pièce vide dont le sol et les murs sont recouverts de carrelage et à certains endroits d’une tapisserie blanche.

Mais tout cela n’est que la façade de ce que nous devons vraiment voir. Dalí s’amuse avec les effets d’optique. Aidé par les carreaux de carrelage, le tableau est comme pixelisé sur une trame de quinze cases sur vingt environ. En s’éloignant du tableau, notre œil découvre que ces carreaux forment le portrait d’Abraham Lincoln, Président des Etats Unis de 1861 à qui l’on doit l’abolition de l’esclavage.

Dalí s’est largement inspiré des travaux de Leon Harmon. En 1973, ce scientifique avait créé un portrait de pixels par ordinateur à partir de cette lithographie publiée en 1865 après l’assassinat du Président. Harmon a utilisé ces portraits pixelisés pour tester la perception humaine et la reconnaissance automatique de formes.

Abraham Lincoln
(Portrait original de 1865)
Abraham Lincoln
(Portrait pixelisé de Harmon)
Tableau de Salvador Dalí
      

L’œuvre se transforme en fonction de la distance à laquelle on l’observe. De loin (vingt mètres selon le titre de l’œuvre), c’est Abraham Lincoln qui sera le plus visible. De près, c’est Gala observant la mer. Comme deux tableaux en un. Cela explique en partie les dimensions impressionnantes du tableau : plus de 8 mètres de haut.

Toutefois, il ne faut pas seulement s’éloigner du tableau, mais aussi s’en approcher car une troisième possibilité s’offre à nous si on regarde le tableau de très près. En observant les pixels (les carreaux de carrelage), on découvre deux pixels plus lumineux que les autres sur lesquels apparaissent les images miniatures « séparées » de Lincoln et de Gala, clefs du mystère, qui représentent les deux œuvres « originales », qui composent ce tableau. Ces deux portraits miniatures  possèdent encore une troisième projection d’eux-mêmes dans ce qui est leur reflet sur le carrelage.

Dalí rend hommage une autre artiste, Mark Rothko connu pour ses toiles abstraites représentant des bandes colorées. D’un style très différent de celui de Dalí, il avait lui aussi travaillé sur l’idée qu’un tableau pouvait se métamorphoser en fonction de l’angle de vue ou de sa distance.

Il existe deux versions presque identiques de ce tableau, réalisées de 1974 à 1976. Le premier réside au Théâtre et musée Dalí de Figueres, en Espagne . La seconde réside à St. Petersburg aux Etats Unis . Mais l’œuvre fut rendue célèbre par une série de 1240 lithographies, tirées sur papier sous un autre titre « Lincoln in Dalivision » toutes numérotées et signées par Dalí. Série qui sera à l’origine de nombreuses contrefaçons qui permettront de rendre l’œuvre encore plus célèbre !
Lithographie "Lincoln in Dalivision"
   
Deuxième version du tableau
(Musée de St Petersburg)

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mercredi 8 octobre 2014

n°058
La persistance de la mémoire (1931)
Salvador Dalí



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Oeuvre : La persistance de la mémoire
Artiste : Salvador Dalí  
Année : 1931
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Surréalisme
Lieu : Musée d'Art moderne (New York)


En savoir +
Les peintres surréalistes sont très à la mode au début du XXe siècle. Ils peignent des toiles en s’inspirant de leurs rêves. Les peintures surréalistes sont bizarres et étonnantes. Elles montrent la plupart du temps des objets ou des animaux que nous connaissons, mais qui sont associés entre eux de manière loufoque et imaginaire.

Salvador Dalí est l’un des peintres les plus connus du XXe siècle. C’est un maître de la peinture surréaliste. Parmi ces nombreux tableaux, l’un des plus célèbres est celui que l’on nomme très souvent « les montres molles » mais qui s’appelle en réalité « La persistance de la mémoire »

Le tableau représente la plage de Portligat en Espagne. Le peintre vient juste d’emménager avec sa femme Gala dans une maison au bord de cette plage.
Salvador Dalí explique qu'après un repas avec des amis et sa femme, il devait accompagner le groupe au cinéma mais une migraine l'ayant pris, il préféra les laisser y aller sans lui. Quand ils furent partis et qu’il se retrouva seul, son regard se perdit dans le camembert mou qui était resté sur la table.

En y pensant, il se remémora les moments passés avec sa femme. Avec le temps, Dalí s’était habitué au fort caractère de sa femme. Intérieurement il était un peu déprimé et se trouvait tout mou, comme le camembert.
Les jours précédents, Dalí avait commencé un nouveau tableau sur lequel il avait peint la plage de Portligat avec les rochers et un olivier. S’inspirant du camembert qu’il regardait, il ajouta, le soir même, les montres sur son tableau, pendant le temps, que dura la séance de cinéma.

Ainsi, sur la toile, figurent des montres molles comme du camembert. Les montres représentent le temps qui passe. Dalí avait très peur de la mort. Ses montres molles illustrent tout simplement sa peur de mourir. En déformant ces montres, il les casse : c’est une façon pour lui d’arrêter le temps et donc, d’éviter la mort.

Aucune de ces montres n’indiquent la même heure même si les couleurs du ciel indiquent que nous sommes plutôt le soir. Sur les quatre montres qui figurent sur la toile, l’une d’entre elles n’est pas molle et qui est envahie de fourmis. Les fourmis apparaissent très souvent sur les tableaux de Dalí. C’est un insecte qu’il déteste et qu’il associe à une vision d’horreur. Il s’agit en fait de la montre de son père avec lequel il était très fâché.

Les autres éléments du tableau montrent eux aussi que Dalí est très angoissé par la mort. Il pense même qu’il va bientôt mourir. Par exemple, l’arbre que nous voyons à gauche de la toile est un olivier. C’est un arbre qui est connu pour vivre très longtemps (il peut vivre plusieurs centaines d’années). Or, dans ce tableau, c’est un arbre mort. Le message de Dalí est donc assez triste : tout fini par mourir, même les oliviers.

Vingt ans plus tard, Dalí réinterprétera son tableau en créant « La Désintégration de la persistance de la mémoire ». 
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