Affichage des articles dont le libellé est Art gothique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Art gothique. Afficher tous les articles

vendredi 12 juillet 2019

n°258
Lettre B du Beatus Vir (Psautier de Saint Louis) (1274)
Maître de Saul



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Lettre B du Beatus Vir (extrait du Psautier de Saint Louis)
Artiste : Maître de Saul 
Année : 1274
Technique : Enluminure (miniature), couleurs et or sur parchemin, 
Epoque : Moyen Âge
Mouvement : Gothique
Lieu : Bibliothèque Nationale de France (Paris), consultable en ligne ici


En savoir +
couverture du psautier
Cette magnifique enluminure est extraite d’un ancien manuscrit datant de 1274. Ce manuscrit est un Psautier, c’est-à-dire un recueil de psaumes (de chants et poèmes religieux) à l’usage de la Sainte-Chapelle de la Paris.
Au XIIIème siècle, l’imprimerie n’ayant pas été encore inventée, les livres sont rares et extrêmement précieux car ils sont copiés et peints à la main, la plupart du temps par des moines.  La décoration luxueuse de ce manuscrit nous indique qu’il s’agissait d’une commande royale. D’après les historiens, il aurait été commandé par Louis IX plus connu sous le nom de Saint Louis, à son retour de croisade, pour le mariage de son fils, le futur Philippe III le Hardi.

Une des 78 scènes
peintes du psautier 
Le Psautier de Saint Louis est un manuscrit qui met en scène des épisodes de la Bible, plus précisément de l’Ancien Testament, ainsi que des psaumes. Le manuscrit commence par une série de 78 peintures à pleine page, peintes par au moins cinq peintres différents. Elles sont suivies par un calendrier annuel des fêtes religieuses.

La seconde partie du manuscrit est consacrée aux psaumes. Ces derniers sont également illustrés de huit grandes initiales, qu’on appelle des lettres historiées, dont la première et la plus impressionnante est une lettre B qui occupe tout l’espace de la page.

La lettre B représente le  « Beatus Vir », le tout premier psaume du manuscrit. Sur la marge de droite, on aperçoit, le début du psaume, en latin : « Beatus vir qui non abiit in consilio impiorum... » (Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants).

La lettre B renvoie également au nom de «  Bethsabée », l’héroïne de l’histoire qui est illustrée sur cette page. En effet, les deux orbes du B évoquent  l’aventure de David et Bethsabée.

En haut, le roi David observe par la fenêtre de son palais la belle Bethsabée, en train de prendre son bain. David tombe amoureux d’elle mais la jeune fille est déjà mariée à l’officier du roi.  David   commandite alors le meurtre du mari de celle-ci pour pouvoir s’emparer d’elle. Le roi subit alors une longue période de déchéance et de malheurs, au cours de laquelle il aurait écrit ces psaumes. En bas, il se repentit et demande pardon à Dieu pour ses crimes.

Cette initiale, comme chacune des peintures du manuscrit sont caractéristiques du style parisien postérieur : élégance des personnages, quelques armoiries (la fleur de lys) et des couleurs simples (bleu, mauve) sur des fonds dorés.


Voici les sept
autres initiales
du manuscrit : 

Les lettres historiées sont typiques des manuscrits du Moyen Âge. Elles permettent d’associer  l'écrit et l'image: la lettre sert de cadre de présentation à l'histoire, en écho au texte situé sur la même page. C’est un peu l’ancêtre de la bande-dessinée !

Pour les curieux, cliquez ici (ou ici) pour feuilletez l'intégralité du manuscrit.

Télécharger et imprimez la fiche repère :

mercredi 6 mai 2015

n°177
L'Offrande du coeur (1400)



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Oeuvre : L'Offrande du coeur (ou le don du coeur)
Année : vers 1400
Technique : Tapisserie brodée de laine et de soie
Epoque : Moyen Âge
Mouvement : Gothique
Lieu : Musée du Louvre (Paris)


En savoir +
Lorsqu’on évoque le Moyen Âge, on parle surtout de ses guerres interminables et de sa violence. C’était une société dure, brutale et conquérante dans laquelle les femmes faisaient partie du butin du guerrier. Pourtant cette idée du Moyen Âge est un peu fausse. En effet, dès le XIIe siècle se développe une nouvelle manière de voir les choses : l’amour courtois.

Il s’agit de décrire la façon dont un gentilhomme doit se comporter en présence d’une femme de qualité. A l’époque on appelait l’amour courtois fin ’Amor, c'est-à-dire l’amour parfait. C'est Guillaume VI d'Aquitaine qui en fut l'un des précurseurs en composant les premiers poèmes lyriques évoquant son amour des femmes. Pour la première fois dans la société médiévale, réputée rude et guerrière, les femmes ne sont pas des rançons, des butins. Il ne faut pas les "prendre" mais au contraire se donner à elles, et les aimer.

Les récits de l’amour courtois vont se diffuser de châteaux forts en châteaux forts et donnent lieu à des illustrations figuratives que l’on retrouve sur des coffres, des petits objets précieux et surtout sur des tapisseries.  Cette vision de l'amour assez poétique va enchanter la noblesse jusqu'à la fin du Moyen Âge.

Cette tapisserie, « l’Offrande du cœur »  est un bon exemple de ce qu'est l'amour courtois. Mesurant près de 2 mètres 50, elle fut réalisée vers 1400 sous le règne du roi Charles VI, un roi connu pour son amour pour la poésie et des valeurs chevaleresque.

On sait peu de choses sur l’origine de cette tapisserie, encore moins sur l’artiste qui l’a réalisée. Les tapisseries étaient très utilisées pour décorer les intérieurs seigneuriaux, séparer les espaces et conserver la chaleur. On n'hésitait pas à les déplacer, les couper, les froncer et on les emportait dans ses bagages : c'est pourquoi peu d'entre elles nous sont parvenues en bon état. Cette œuvre est une pièce assez rare.

Dans l'Offrande du cœur, on peut voir une dame, richement habillée, entourée de son chien et d’animaux de la forêt. Elle porte un faucon sur sa main gantée, signe de son appartenance à la noblesse. En face d’elle, l’homme est lui aussi habillé de façon très élégante. Ses jambes puissantes montrent qu'il est chevalier. 
Mais l'homme ne tient pas d'armes dans ses mains. A la place, il tient un cœur, le sien, qu'il tend à la dame de ses pensées, signe de sa fidélité pour elle. Selon les principes de l’amour courtois, l’homme doit être au service de sa dame, se montrer en permanence à l’affût de ses désirs, et surtout lui rester fidèle.

Qui a dit que le Moyen Âge n’était pas romantique ?


Télécharger et imprimez la fiche repère :

samedi 21 mars 2015

n°158
Le calendrier des travaux agricoles du Rustican (1470)
Maître du Boccace de Genève



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Oeuvre :  Le calendrier des travaux agricoles du Rustican
Artiste : Maître du Boccace de Genève 
Année : 1470
Technique : Enluminure (miniature), huile sur parchemin, feuilles d'or
Epoque : Moyen Âge
Mouvement : Gothique
Lieu : Musée Condé (Chantilly)


En savoir +
Le premier Traité sur l’agriculture et le jardin est l’œuvre de Pietro Di Crescenzi. C’est un ouvrage célèbre au XIVe siècle qui connut un très grand succès et toutes les cours européennes voulaient en posséder un exemplaire. Même si aujourd’hui, le manuscrit original de cet ouvrage a disparu, 133 manuscrits de l'oeuvre (dans diverses langues) nous sont parvenus.

En France, c’est à la demande du roi Charles V que le texte sera traduit en français en 1373 et intitulé : Rustican ou Livre des proffiz champestres et ruraulx. Il existe en 8 exemplaires aujourd’hui et celui conservé à Chantilly est certainement le plus beau. Ce dernier fut très probablement commandé par le beau-frère du roi Charles VII et enluminé par le Maître du Boccace de Genève.

Le Rustican était avant tout un beau livre d’images destiné à des personnages de haut rang, rois, grands seigneurs, ou riches notables citadins.

L’œuvre est composée de douze livres couvrant tous les sujets sur l’agriculture. L’enluminure que nous vous présentons aujourd’hui est un Calendrier de travaux agricoles qui illustre le onzième livre. Ce calendrier permet d'avoir un aperçu des travaux agricoles des paysans tout au long de l'année puisque chaque vignette représente un mois de l’année :

  • Janvier : l’extraction de l’argile sous la neige
Cette scène représente l’extraction de l’argile sur la berge d’une rivière, par un paysan. L’argile récoltée est mis en tas derrière lui. Le paysan s’en servira pour fabriquer des tuiles,  les murs de sa maison ou une étable. Les mois d’hiver sont propices à l’entretien des bâtiments.
  • Février : l’épandage de la fumure animale
Un paysan prépare ses terres en y répandant du fumier pour les rendre plus fertiles : c’est la fumure. Si les traités d’agronomie insistent sur sa nécessité, cette pratique était rare, limitée à quelques grands exploitants. En effet, le fumier provient des étables où les animaux attendent la fin de l’hiver.  Mais la litière est insuffisante car la paille coûte cher. Elle ne permettait pas de constituer des quantités importantes de fumier. Par conséquent, le fumier ne pouvait être répandu sur tous les terrains. Elle était donc utilisée dans des petits lieux clos comme les jardins, les potagers, comme le montre l’enluminure.
  • Mars : la taille de la vigne
Cette activité symbolise souvent la viticulture au Moyen Âge. En fait, ce travail se reproduit plusieurs fois dans l’année.
  • Avril : la tonte des moutons
Recherché avant tout pour sa laine, le mouton était aussi considéré comme une bête à viande et servait accessoirement pour le lait et les fromages.
Les bergers étaient généralement des hommes mûrs, comme ici. Emmitouflé dans un chaperon bleu, son bonnet sur la tête, il immobilise entre ses jambes de sa main gauche l’animal choisi parmi le troupeau, qu’il se prépare à tondre.
  • Mai : la chasse au faucon
Le thème de la chasse au faucon provient des calendriers religieux et n’a pas de rapport avec les travaux agricoles des paysans. En revanche, il ne peut que plaire aux lecteurs qui sont susceptibles de pratiquer cette chasse, considérée comme la plus noble et la plus distinguée de toutes. Le personnage est vêtu d’un pourpoint à manches fendues, vêtement élégant devenu à la mode depuis le XIIIe siècle, et il est coiffé d’une toque. Un faucon blanc se tient sur son poing gauche ganté.
  • Juin : la fenaison
Il fait chaud, le faucheur est vêtu d’une simple chemise blanche fendue sur le côté, un chapeau de paille à larges bords le protège du soleil de juin. Le paysan est en train de couper l’herbe à la faux. C’est le fauchage.
  •  Juillet : la moisson
Voici un moment essentiel de la vie paysanne : les paysans moissonnent le blé.
Ils ne prélevaient que le haut de la tige, laissant une importante quantité de paille après la récolte, et permettant la pousse d’une deuxième herbe, le regain, donnée comme nourriture aux animaux.
  • Août : le battage du blé
Pietro de’Crescenzi énumère dans son ouvrage différents procédés pour battre les céréales. Le battage s’effectue en plein air, sur une aire enclose de murs. Le paysan porte des vêtements adaptés pour être à l’aise dans ses mouvements : jambes et pieds nus, une chemise courte fendu sur le côté, la tête protégée par un chapeau de paille. Il frappe le blé avec force pour en extraire les grains.
  • Septembre : les semailles
Le paysan sème le grain pour l’année suivante. Il porte un tablier de semailles.
  • Octobre : le foulage du raisin
La viticulture est l’une des activités essentielles. La scène se passe dans une petite pièce couverte. Le raisin, avant d’être mis en jarres, devait être foulé deux fois, mais il est impossible de déterminer à laquelle des deux opérations nous assistons. Le paysan est enfoncé jusqu’aux cuisses dans la cuve contenant les raisins, tandis qu’un second vendangeur verse le produit de la récolte contenu dans un panier d’osier. La cuve à fouler, large d’environ un mètre et haute d’à peu près soixante-dix centimètres, est posée sur deux cales en bois. Elle est constituée de lattes de bois cerclées d’osier par où le jus de raisin dégouline.
  • Novembre : la glandée
Le mois de novembre est symbolisé par quatre porcs, en bordure de la forêt, qui se nourrissent des glands que fait tomber du chêne, à l’aide de sa perche, le paysan qui les surveille. La glandée consiste à laisser les porcs, animaux peu exigeants, se nourrir de glands, de racines et d’herbes dans les bois.
  • Décembre : l’égorgement du cochon
Un homme tranche la gorge de l’animal avec un couteau tandis qu’à ses côtés une femme, protégée par un tablier, est prête à recueillir le sang dans une bassine. Le porc constituait une part importante de l’alimentation médiévale. Il servait de base à la nourriture dans toute l’Europe. Chaque région avait ses modes de cuisson, de préparation, et de conservation. On pouvait saler le porc et on le conservait en grande partie dans des saloirs ; ou bien on en faisait du confit en cuisant les morceaux dans la graisse. Le jambon était tantôt fumé dans la cheminée, tantôt séché à l’air. Il était conservé pendu aux poutres du plafond ou sous la cendre.



Téléchargez et imprimez la fiche repère :


dimanche 11 janvier 2015

n°123
La Pietà Roettgen (1325)



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Oeuvre : La Pietà Roettgen
Artiste : inconnu
Année : vers 1325
Technique : Sculpture en bois (tilleul) peint
Epoque : Moyen Âge
Mouvement : Gothique
Lieu : Rheinisches Landesmuseum (Bonn, Allemagne)


En savoir +
La Pietà Roettgen est probablement la plus ancienne sculpture traitant du thème de la Pietà (on parle aussi de « Vierge de pitié ») au XIVe siècle. Dans le christianisme, la Pietà est la Vierge Marie en larmes qui supporte sur ses genoux le corps de son fils Jésus Christ mort sur la croix.
On ne connaît pas le nom du sculpteur. Roettgen est en fait le nom de son dernier propriétaire, Carl Roettgen, qui était un collectionneur d’art allemand à la fin du XIXe siècle.

La sculpture est en tilleul, mesure 89 cm de haut, et devait se trouver à l’origine au pied d'une croix. Un grand siège massif orné de fleurs sert de socle à l’œuvre.

Au Moyen Âge, la grande majorité de la population ne sachant ni lire ni écrire, la religion chrétienne se transmettait à l’oral durant les messes et les prières mais aussi par l’art (vitraux, tableaux, et sculptures). C’est en partie pour cela que l’expression du visage a été très travaillée :
Assise, la Vierge Marie soutient de sa main droite la dépouille de son fils. Sa main gauche est posée sur le genou de son fils. Sa tête est légèrement penchée, son regard perdu dans le vide. Son visage a les traits tirés, les sourcils froncés : tout exprime une immense douleur.
Le corps du Christ est très abîmé, ce qui assez inhabituel. Il est disproportionné : sa tête paraît beaucoup plus grosse que le reste de son corps. Ses plaies sont béantes et le sculpteur a suggéré qu'il saignait énormément en taillant de fines gouttes dans le bois. La tête du Christ, que la Vierge ne soutient même plus, tombe en arrière ce qui accentue le caractère morbide de la scène.

Bien que n'étant pas tirée d'une scène de la Bible, la Pietà met en avant l'importance du sacrifice du Christ. Les fidèles – à l’époque où la mort était partout, notamment chez les enfants – pouvaient aussi y trouver une forme de consolation.

Au XIVe siècle, le thème de la Pietà fut largement répandu dans tout l’Europe. Ces sculptures étaient exposées sur les autels lors de grandes messes, donnant lieu à des séances de méditation.
L’aspect morbide et sombre de la Pietà Roettgen est très exagéré. Mais après les guerres et les épidémies du XIVe siècle qui ont tant marqué l’art de cette période, la mode sera aux « belles Pietà », plus agréables à regarder.



Télécharger et imprimez la fiche repère :

vendredi 14 novembre 2014

n°093
Portrait de Jeanne d'Arc (1450)



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Oeuvre : Portrait de Jeanne d'Arc
Artiste : inconnu
Année : vers 1450
Technique : Enluminure (miniature), huile sur parchemin, feuilles d'or
Epoque : Moyen Âge
Mouvement : Gothique
Lieu : Centre Historique des Archives Nationales (Paris)


En savoir +
Qui ne connaît pas Jeanne d’Arc ? Elle est sans doute la plus célèbre des femmes de l’histoire de France. Des centaines de films et de livres évoquent sa vie. Tout a été dit sur elle, et son contraire. Pourtant, elle n’a laissé presque aucune trace derrière elle, à l’exception de ses deux procès qui sont les seules sources d’informations que l’on dispose encore aujourd’hui.

Nous sommes en pleine guerre de Cent Ans qui oppose le Royaume de France et le Royaume d’Angleterre qui se disputent la couronne de France.  Jeanne d’Arc est née en 1412 à Domrémy, en Lorraine, issue d’une famille de paysans assez aisée. C’est une jeune fille très pieuse.  Jeanne déclare avoir entendu des voix célestes qui lui auraient donné l’ordre de ramener le Dauphin (le futur roi) sur le trône et de libérer la France de la présence anglaise. Obéissant aux voix qu’elle entendrait, Jeanne part à Vaucouleurs pour rencontrer le capitaine Robert de Baudricourt et le convaincre de l’aider à obtenir un entretien auprès du Dauphin.

Jeanne d’Arc part à Chinon pour rencontrer le futur Charles VII. Elle lui fait part des voix qu’elle a entendues. Méfiant, Charles lui fait subir des interrogatoires menés par les autorités religieuses à Poitiers, qui vérifient entre autres sa virginité.  Charles accepte de lui confier une armée pour libérer Orléans des mains des Anglais.
Celle que l’on surnomme la Pucelle partit pour Orléans vêtue d’une armure et d’une épée. Dans la nuit du 7 au 8 mai 1429, Jeanne remporte la victoire en délivrant la ville d’Orléans des Anglais. La nouvelle se répand dans toute la France. Elle remonte vers Reims, délivrant chacune des villes sur son passage. Le 17 juillet 1429, Charles est sacré roi de France dans la cathédrale de Reims en présence de Jeanne et il prend le nom de Charles VII. Jeanne d’Arc a rempli sa mission : donner à la France un roi légitime.

Jeanne d’Arc tente ensuite de libérer Paris avec l’accord du roi. Mais cette tentative se solde par un échec. Elle est faite prisonnière à Compiègne le 23 mai 1430 par les Bourguignons. Vendue aux Anglais, elle est emmenée à Rouen pour être jugée par un tribunal religieux français. On l’accuse d’hérésie. Elle est brûlée vive sur la place du Vieux-Marché à Rouen, le 30 mai 1431. Jusqu’au dernier moment, le roi Charles VII n'est pas intervenu pour la délivrer alors qu’elle l'avait aidé à accéder au trône. Vingt-cinq ans plus tard, un procès de réhabilitation a eu lieu, sur la demande de la mère de Jeanne et du pape Calixte III. Le premier jugement l’accusant d’être hérétique est annulé et Jeanne d’Arc est réhabilitée.

Seule représentation connue de Jeanne d'Arc
faite de son vivant, en 1429 même si son auteur,
Clément de Fauquembergue, n'a jamais rencontré Jeanne.
Bien qu’elle soit célèbre, il ne reste aucune trace de Jeanne, de son vivant. Aucun objet lui ayant appartenu n’a été retrouvé, ni armes, ni étendards, ni portraits.
En effet, bien qu’il fût d’usage à l’époque pour les personnalités importantes d’avoir un portrait officiel, il ne reste du vivant de Jeanne qu'une esquisse dans un livre. (voir ci-contre)
De très nombreuses œuvres qui retracent la vie de Jeanne ont été réalisées par les plus grands peintres, mais ces œuvres ont été peintes bien après la mort de Jeanne. Ainsi, personne ne sait à quoi elle ressemblait vraiment !

Le portrait que nous vous montrons aujourd’hui est l'un des plus anciens Jeanne d’Arc, qui nous ait parvenu à notre époque ; et donc l'un des plus proches du vivant de Jeanne. Il a été réalisé vers 1450, vingt ans après la mort de la Pucelle.
Il s’agit d’une enluminure, c'est-à-dire  une peinture  qui illustre un texte, qui apparaît dans un manuscrit des "Poèmes" de Charles 1er d’Orléans.
Charles 1er d’Orléans  est le cousin du Dauphin Charles VII, sacré roi grâce à Jeanne d’Arc. C’était un prince poète. Dans le manuscrit de ses poèmes apparaît ce Portrait de Jeanne dont l’artiste est inconnu. On peut imaginer que le poète ait connu ou aperçu Jeanne et donc, que ce portrait est fidèle au vrai visage de la Pucelle.

Jeanne est représentée avec son armure, son épée et son étendard. Sur ce dernier apparaissent des broderies.  Lors de son procès, Jeanne expliqua elle-même les symboles inscrits sur son étendard. En voici l'extrait :
 « Interrogée si, lorsqu'elle vint à Orléans, elle avait une enseigne, en français estandard ou bannière, et de quelle couleur elle était, elle répond qu'elle avait une enseigne dont le champ était semé de lys, et il y avait là le monde figuré et deux anges sur les côtés (sans doute Sainte Catherine et Sainte Marguerite), et il était de couleur blanche, de toile blanche ou boucassin, et étaient là ces devises : Jhesus Maria, ainsi qu'il lui semble, et les franges étaient de soie ».

Même si ce portrait nous apporte peu de réponses sur le mystère Jeanne d’Arc, il reste un fort témoignage de la Guerre de Cent Ans et de l’art gothique au XVe siècle.





Télécharger et imprimez la fiche repère :

lundi 3 novembre 2014

n°083
L'Abbaye du Mont-Saint Michel (966)



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Oeuvre : L'Abbaye du Mont Saint-Michel
Année : 966
Mouvement :  Art roman et Art gothique
Epoque : Moyen Âge
Lieu : Mont Saint-Michel (France)


En savoir +
Aujourd’hui, nous rendons visite au célèbre Mont Saint-Michel, cette ville française entourée d’eau et reliée au continent par une route.  Bien que le Mont ne soit peuplé que de 43 habitants, c’est le troisième monument français le plus visité chaque année. Elle doit son nom à la statue de l'ange Saint Michel qui est placée au sommet de l’abbaye.
Et c’est justement de l’Abbaye du Mont Saint Michel que nous allons parler maintenant.

La première construction du Mont est une église construite sur le « Mont Tombe » en 708. La légende dit que Saint Michel a ordonné la nuit à l'évêque d'Avranches, Aubert, de lui construire une église. L'évêque croit que c'est un rêve. Au bout de la troisième fois, Saint Michel lui perce un trou dans le crâne ! L'endroit est idéal pour les moines car il est à l'écart de la population.

L'époque romane
Au Xème siècle, la construction d'églises connaît un grand essor en Europe. Elles sont bâties selon un style qualifié d' « art roman ». Cette forme artistique s'est développée dans une société à la fois très rurale et très religieuse.
Au Mont-Saint-Michel, ce sont les Ducs de Normandie qui, les premiers, financent la construction d'une grande abbaye romane en 966, donnant des terres, des forêts et des carrières à ce qui va devenir la seigneurie du Mont-Saint-Michel.
L’Architecture romane se caractérise par l’existence de murs épais, supportant des voûtes en berceau . La crypte Saint-Martin en est le plus bel  exemple : l’atmosphère sombre rappelle la difficulté de percer de grandes fenêtres dans ces murs épais. Cet aspect robuste est aussi une volonté de construire des bâtiments solides, et cette crypte a également comme rôle de supporter une partie du transept de  l’église construite au-dessus d’elle.
La nef est plus lumineuse. L’utilisation du bois pour la voûte a permis de créer des ouvertures dans des murs moins épais. Le problème de ce choix est que l’église est vulnérable aux incendies.

L'époque gothique

Dès le milieu du XIIème siècle, de nouvelles techniques, appelées « gothiques » vont permettre la construction d'édifices plus grands, plus lumineux,... répondant ainsi à la volonté des hommes des villes (bourgeois, évêques et nobles) de construire de grandes cathédrales à la gloire de Dieu (lumière, élévation), mais démontrant aussi leur puissance.
Au Mont-Saint-Michel, la destruction de bâtiments en 1204 par les Bretons, alliés du roi Philippe Auguste dans la conquête de la Normandie, va donner l'occasion d'utiliser ces nouvelles techniques pour l'édification de la « Merveille », puis, plus tard, du chœur de l'église, après l'effondrement du chœur roman en 1421.
Les salles des Chevaliers et des Hôtes sont typiques de cette nouvelle manière de construire : les voûtes sont constituées de croisées d’ogive (des arcs brisés). Ces arcs reposent sur des chapiteaux qui habillent des colonnes, ces nouveaux supports qui remplacent les murs. Les murs, rendus inutiles, peuvent être remplacés par de grandes fenêtres composées de vitraux. La lumière est donc plus importante. Les colonnes permettent également à l’Eglise d’être très élevée. A l’extérieur, des arcs boutants permettent la solidité des colonnes.
Au XVe siècle, les chapiteaux disparaissent : les arcs sont taillés avec les colonnes. C’est ce qu’on appelle le gothique flamboyant.

La construction de l'abbaye a été difficile car le Mont-Saint-Michel est un rocher et les moines voulaient que l'église abbatiale soit au sommet du rocher. On a donc construit des cryptes sur le flanc du rocher. Ce sont elles qui « tiennent » l'église abbatiale. L’abbaye a donc été construite sur trois niveaux dont voici les plans :

    
1er niveau
    
2ème niveau
    
3ème niveau : l'église




Téléchargez et imprimez la fiche repère :