Affichage des articles dont le libellé est Antiquité (-3000 --> 476). Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Antiquité (-3000 --> 476). Afficher tous les articles

dimanche 23 février 2020

n°322
Tête de figurine féminine (env 2500 av JC)



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Tête de figurine féminine
Artiste : inconnu
Année : env 2500 av JC
Technique :  Sculpture sur marbre
Epoque : Antiquité
Mouvement : Art néolithique
Lieu : Musée du Louvre (Paris)

En savoir +
Non, cette tête sculptée n’est ni la dernière création d’un sculpteur minimaliste, ni la dernière acquisition d’un musée d’art contemporain. Cette sculpture réalisée dans un bloc de marbre est âgée d’environ 5000 ans !

Haute de 27 centimètres, cette figurine est l’un des plus anciens témoignages de l’âge du bronze Ancien. Elle est incomplète, le reste du corps n’ayant pas été retrouvé. Beaucoup pensent qu’il s’agit d’une idole, c’est-à-dire une statue féminine nue que l’on représentait souvent les bras croisés, debout sur la pointe des pieds. D’après la taille de sa tête, la statue d’origine mesurait environ 1,50 mètre de hauteur. 


Ce type de statue était très courant à cette époque, en particulier en Grèce. Cette tête, comme beaucoup d’autres, fut d’ailleurs découverte sur l’île grecque de  Kéros, dans les Cyclades. 

On ignore le rôle de ces idoles. Certains y voient des déesses de la fertilité, d’autres pensent qu’elles protégeaient les morts. Difficile à dire car à cette époque, il n’y a aucun écrit. De plus, aucun atelier n’a encore été mis au jour et l’organisation de la production reste inconnue. Les nombreux pillages qui ont eu lieu au XIXème siècle n’ont pas arrangé les choses ! 

Elle fut sculptée vraisemblablement dans un seul bloc de marbre puis avec de la poudre d’émeri et de la pierre ponce. Sa tête est très géométrique, à la forme d’une lyre. Elle ne présente aucun relief particulier à l’exception du nez et des oreilles (invisibles de face). Pour des raisons techniques, il était extrêmement difficile de sculpter les yeux et la bouche. Pour pallier à cette difficulté, la statue était peinte. Les yeux,  la bouche et même des tatouages figuraient sur son visage. 

Depuis le XIXème siècle, les idoles n’ont cessé de fasciner les artistes contemporains, comme Picasso ou Modigliani, séduits par son minimalisme et ses formes géométriques.


Télécharger et imprimez la fiche repère :

mercredi 30 octobre 2019

n°314
Pierre à cerfs (env 1000 av JC)



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Pierre à cerfs
Artiste : inconnu
Année : env 1000 av JC
Technique :  Sculpture sur pierre
Epoque : Antiquité
Mouvement : Art des steppes
Lieu : Tsatsyn Ereg (Mongolie)

En savoir +
Aux confins de la province de Khövsgöl, en plein cœur des steppes mongoles se cachent d’étranges pierres  sculptées qui datent de l’âge de bronze. Ce sont des mégalithes, c’est-à-dire des monuments de la famille des menhirs et des dolmens.

Les pierres auraient été érigées et sculptées par des peuples nomades de l’âge de bronze. Près de 900 stèles ont été retrouvées dans les plaines de Mongolie ! Elles ont été gravées et polies par des outils en pierre et des outils métalliques, avant d’être dressées. Elles mesurent au moins un mètre de hauteur et certaines mesurent plus de quatre mètres. Le sommet des pierres a été volontairement taillé. Il peut être plat, arrondi comme celle-ci biseauté.

Les figures représentées sur ces stèles sont la plupart du temps des animaux ainsi que des formes géométriques. Sur ce mégalithe par exemple, on aperçoit des cerfs (certains y voient plutôt des rennes)  et des disques. Sur d'autres stèles sont représentées des armes, ce qui suppose qu'elles avaient un rôle de protection pour es guerriers nomades.

Le cerf est un animal emblématique des nomades mongols. C’était un animal vénéré. Contrairement au cheval, le cerf ne se laisse pas domestiquer ce qui lui permet de garder un contact avec les esprits de la nature. De plus, grâce à ses bois qui peuvent tomber et repousser, il est perçu comme un être à la fois animal et végétal.
Sur l’ensemble des pierres où apparaissent des cerfs, les animaux sont représentés en train de bondir, voire de voler. Ici, les cerfs sont gravés les uns derrière les autres, à la manière d’une horde qui se dirige vers le sommet du monument.
Au sommet de la stèle, un disque représentant le soleil indique que les animaux cherchent à rejoindre le monde des esprits. Leur museau a l’apparence d’un bec d’oiseau. Ils ont un corps très allongé, l’œil rond, et leur bois sont stylisés comme des volutes.

On ne sait pas grand-chose sur l’usage de ces mégalithes. S’agit-il de pierres tombales ? Servaient-ils à certains rites religieux ? Mystère, il est difficile de connaître la signification de ces pierres car elles ne comportent aucune inscription et aucun monument n’est érigé autour.



Télécharger et imprimez la fiche repère :

lundi 28 octobre 2019

n°312
Nebamon chassant dans les marais (1350 av JC)



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Nebamon chassant dans les marais
Artiste : inconnu
Année : 1350 av JC
Technique : Fragment de fresque murale
Epoque : Antiquité
Mouvement : Art égyptien
Lieu : British Museum (Londres)



En savoir +
Il est bien connu que les civilisations d’Egypte Ancienne étaient déjà très avancées, notamment dans le domaine de l’art. Cette œuvre d’art peinte il y a près de 3500 ans le démontre assez bien.

Il s’agit d’un petit fragment qui faisait partie d’une grande fresque qui décorait les parois du tombeau de Nebamon. C’est l’archéologue Giovanni d’Athanasi qui le découvrit en 1820 lors de fouilles archéologiques financées par le Consul britannique.

Le Jardin
Nebamon a vécu vers 1350 av JC.  Il était scribe et comptable de céréales. Il était de rang intermédiaire, c’est-à-dire ni pauvre, ni très riche mais la richesse des décorations de son tombeau atteste que c’était quand même une personne importante car il était en partie responsable des livraisons de céréales en Egypte. On ne sait presque rien sur cet homme excepté que son nom signifie "Mon Seigneur est Amon", le dieu Amon étant vénéré dans les temples de Thèbes (aujourd’hui la ville de Louxor).

Le XIXème siècle étant marqué par une passion dévorante pour les antiquités égyptiennes, L’archéologue n’hésite pas à ramener les onze plus beaux morceaux de la fresque à Londres, dont celui-ci.

Le banquet (musiciens et danseurs)
Ces fragments sont de véritables trésors et nous en apprennent beaucoup sur l’art de vivre des égyptiens et sur leurs croyances.
Celui-ci met en scène le défunt  Nebamon lui-même en train de chasser, coiffé d’une perruque nattée. Avec sa main gauche, il brandit un bâton en forme de serpent, tandis que sa main droite tient fermement trois appeaux, des oiseaux dressés à crier pour attirer ses congénères dans des pièges.
Le chasseur se tient debout sur une embarcation en tiges de papyrus renforcée par des planches de bios.
Son épouse Hatshepsout se tient derrière lui, habillée de ses habits de cérémonie. Elle tient une brassée de lotus dans sa main droite, un sistre dans sa main gauche (une sorte de tambourin) et porte un cône de cire parfumée sur sa tête. L’une de ses filles apparaît accroupie entre les deux jambes du scribe.

L'agriculture et l'élevage
Les égyptiens croyaient à une vie après la mort. C’est pour cela qu’ils conservaient les corps des défunts en les momifiant. Ils nourrissaient tous les jours les statues des morts et décoraient les tombeaux de fresques. Dans ce tombeau, des hiéroglyphes nous renseignent sur le rôle de ces fresques : ils indiquent « se faire plaisir, contempler la beauté là où l’existence se répète éternellement ». Ainsi, la fresque aide l’âme du défunt à rejoindre le monde des morts pour l’éternité. Pour que cela « fonctionne », peu importe si le personnage ressemblait au défunt, le plus important était de respecter un certain nombre de règles: la tête et le torse devaient être nus et peints de profil, de larges épaules pour mettre en valeur sa parure etc…

Nebamon assis
Devant le scribe sont peints avec beaucoup de minutie, de nombreux oiseaux de différentes espèces, notamment des ouettes. Certains volent tandis que d’autres continuent de couvert leurs œufs. Le fleuve est quant à lui habité par de nombreux poissons dont un, à gauche, qui semble touché par une lance. Il y avait sans doute un deuxième personnage en train de pêcher. Animal adoré des égyptiens et compagnon fidèle des chasseurs, un chat est lui aussi en train de chasser. Il tient deux oiseaux dans ses griffes et un dans sa gueule.

Ce fragment, comme les dix autres, montrent des jardins luxuriants et une nature riche, fertile et abondante, un paradis où est censé reposer le défunt. Que l’on y croit ou non, Nebamon repose toujours dans son tombeau 3500 après sa mort. Une chance pour lui : on ne sait même plus où se trouve l’emplacement exact de son tombeau!



Télécharger et imprimez la fiche repère :

mardi 20 août 2019

n°297
Le pont du Gard (env 40)



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Le pont du Gard
Artiste : inconnu
Année : env 40
Technique : Pont aqueduc en pierre
Epoque : Antiquité
Mouvement : Art romain
Lieu : Vers-Pont-du-Gard (France)

En savoir +
Cette incroyable construction est le pont romain le plus élevé du monde.
Il s’agit plus précisément d’un pont aqueduc romain à trois niveaux situé dans le département du Gard dans le Sud de la France. Il enjambe une rivière, le Gardon. Il n’a pas été conçu pour que l’on puisse marcher dessus mais pour permettre le passage d'un aqueduc, c’est-à-dire un petit canal au-dessus du pont qui conduisait l'eau d’Uzès à la ville de Nîmes.

Durant l’Antiquité,  les Romains adoraient l’eau. C’est pour en avoir toujours plus qu’ils ont construit des aqueducs et inventé d’incroyables techniques. L’eau donnait prestige et puissance aux empereurs. Elle apportait propreté et plaisir de vivre aux habitants des villes. L’eau alimentait notamment les fontaines et les thermes de Nîmes et permettait de laver les rues de la ville et apportait l'eau courante dans les riches habitations.

Le passage de l'eau, au sommet du pont
L’eau venait d’une source qui se trouvait à Uzès, à 20km de Nîmes mais pour que la canalisation soit toujours en pente, on lui a fait faire des détours : elle mesure plus de 50 kilomètres. Pas moins de 17 ponts ont été construits par les Romains pour acheminer la source jusqu’à Nîmes.

Personne ne connaît le nom de son architecte car les Romains qui l’ont construit n’ont écrit aucun texte sur sa construction. Une légende raconte même que le Pont du Gard fut bâti en une nuit par le diable. Les historiens pensent plutôt que 1000 hommes ont construit le pont sur une période de cinq ans.

carte de l'aqueduc de Nîmes
Le pont du Gard mesure 490 mètres de longueur pour une hauteur de près de 49 mètres. Il a été construit avec des pierres extraites sur les lieux et se compose de trois niveaux, trois rangées d'arches superposées. :
- l’étage inférieur contient 6 arches, mesure 142 mètres de longueur et près de 22 mètres de hauteur
- l’étage moyen contient 11 arches, mesure 242 mètres de longueur et près de 20 mètres de hauteur
- l’étage supérieur contient 35 arches, mesure 275 mètres de longueur et 7,40 mètres de hauteur.
Le pont a été presque entièrement construit à sec, c'est-à-dire sans l'aide de mortier, les pierres, dont certaines pèsent six tonnes, étant maintenues par des tenons de chêne.

Au Moyen-Âge, on n'a entretenu ni l'aqueduc, qui a cessé de fonctionner vers le VIème siècle, ni le pont, qui s'est abîmé. Ce n’est qu’à la Renaissance qu’on se reprit d’intérêt pour le pont.
Entre 1743 et 1747, l’ingénieur Henri Pitot ajouta un pont routier accolé à l’étage inférieur. Au XIXe siècle, conscient de la valeur de ce monument, il a été classé monument historique. Enfin, en 1985, ce symbole du génie romain a même été inscrit au patrimoine mondial de l'humanité.




Téléchargez et imprimez la fiche repère :

mardi 13 août 2019

n°290
Le Sphinx de Gizeh (2500 av JC)



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Le Sphinx de Gizeh
Artiste : inconnu
Année : 2500 av JC
Technique :  Sculpture monolithique (en pierre)
Epoque : Antiquité
Mouvement : Art égyptien
Lieu : Gizeh (Egypte)

En savoir +
Que seraient les pyramides de Gizeh sans leur sphinx ? C’est sculpture monumentale emblématique de l’Egypte ancienne est aussi célèbre pour sa majesté,  que pour son nez disparu.

Elle représente un sphinx, créature légendaire (une chimère) représentée en Egypte avec un corps de lion et une tête d'homme, plus précisément de pharaon. Le sphinx est couché, les pattes allongées, gardant les pyramides. Sa tête est coiffée du némès, coiffure traditionnelle des pharaons de l’Ancienne Egypte et son front est orné d’un uræus (le cobra).

Il s’agit d’une sculpture monolithique, c’est-à-dire qu’elle a été sculptée dans un seul bloc de pierre, là se trouvait une colline naturelle de calcaire haute de 40 mètres de hauteur, à l’intérieur de la carrière qui a servi à construire les pyramides voisines.  Longue de près de 74 mètres, large de 14 mètres et haute de plus de 20 mètres, ses dimensions hors normes font d’elle la plus grande sculpture monolithique du monde. A elle seule, sa tête est haute de 5 mètres !

Entre ses pattes se dresse la Stèle du rêve sur laquelle est contée  l’histoire du pharaon Thoutmôsis IV qui doit son trône à la volonté du grand sphinx de Gizeh. Selon la légende, pendant son sommeil, le Sphinx lui-même  apparut à Thoutmôsis pour lui demander d'ôter le sable qui l'ensevelissait petit à petit en échange du trône d’Egypte.

Le Sphinx aurait été réalisé vers 2500 av JC.  Selon les historiens, elle aurait été commandée par le pharaon Djédefrê. La tête du sphinx serait le visage du père de celui-ci, le pharaon Kheops, dont le tombeau se trouve dans la pyramide qui porte son nom, construite quelques années plus tôt.

Un revêtement en plâtre peint ornait la statue. Le visage et le corps étaient rouges. Quant à la coiffe emblématique des pharaons, elle était vraisemblablement bleue et jaune.

Avec le temps, le sphinx s’est considérablement détérioré notamment parce qu’étant près du désert,  il a naturellement été recouvert de sable à plusieurs reprises, et ce dès l’Antiquité. Son corps est même recouvert de sortes de « vagues » en raison du sable qui le recouvrait. Son corps a aussi tendance à s’effriter en raison du sel naturellement présent dans le calcaire qui le compose. Au cours de l’histoire, il a été désensablé plusieurs fois.

Restes présumés d'une barbe
Ce n’est qu’à partir de 1816, époque où l’Egypte Ancienne passionne l’Europe, qu’on s’intéresse à nouveau au sphinx. A cette époque, il est tellement ensablé que seule sa tête est visible. L’égyptologue Giovanni Battista Caviglia réalisa des fouilles à l'occasion d'un nouveau désensablement du Sphinx. Il met à jour le corps et les pattes du sphinx et découvre au sol,  des fragments de roche qui composaient la barbe du sphinx.
Photographie du Sphinx en 1888
Le sphinx sera régulièrement fouillé et restauré depuis, mais pas toujours de la bonne manière. Ainsi, en 1988, après trente ans de restauration, une partie de son épaule droite s’est effondrée.

Le célèbre nez du sphinx lui, n’a jamais été retrouvé. La légende dit que le nez du Sphinx aurait été détruit par un boulet de canon mal tiré des soldats de Napoléon lors de la campagne d'Égypte. Mais il ne s’agit que d’une légende.
"Bonaparte devant le Sphinx"
tableau de Jean-Léon Gérôme (1867)
L’historien allemand Ulrich Haarmann défend l’hypothèse suivante d’après des écrits arabes datant du Moyen âge. En 1378,  Mohammed Sa'im al-Dahr aurait détruit le nez et abîmé les oreilles du sphinx car il le considérait comme une idole païenne (les paysans égyptiens donnant des offrandes à cette idole pour favoriser leurs récoltes). Il aurait condamné à mort par pendaison pour son acte.

Le sphinx de Gizeh garde encore bien des mystères, notamment sur son rôle. Cela n’empêche en rien les milliers de touristes de venir chaque année lui rendre visite.




Télécharger et imprimez la fiche repère :

mardi 6 août 2019

n°283
Le groupe du Laocoon (40 av JC)
Agésandros, Polydoros & Athénodoros



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Le groupe du Laocoon
Artiste : Agésandros, Polydoros et Athénodoros 
Année : 40 av JC
Technique :  Sculpture sur marbre
Epoque : Antiquité
Mouvement : Art grec hellénistique
Lieu : Musée Pio-Clementino (Vatican)

En savoir +
Découverte en pleine Renaissance, à l’époque où on se prenait de passion pour les statues antiques, le groupe du Laocoon est aujourd’hui l’une des statues les plus célèbres.

Le 14 janvier 1506, on découvre cette immense sculpture à l’emplacement de l’ancien palais impérial de Néron, situé sur l'Esquilin, l’une des sept collines de Rome, tout près du Colisée. A l’origine, la statue proviendrait de l’Autel de Zeus de Pergame qui avait été édifié 150 ans avant elle.
Dès sa découverte, le pape Jules II l’achète et la place dans la cour de  l'Octogone du palais du Belvédère, au Vatican où il se trouve toujours.

Très rapidement, l’architecte  Giuliano da Sangallo fait le lien avec une statue qui est évoquée dans un manuscrit de Pline l’Ancien : «Le Laocoon qui se trouve dans la demeure de l'empereur Titus, qu'il faut préférer à toute la peinture et toute la sculpture. D'un seul bloc de pierre, les grands artistes Agésandros, Polydoros et Athénodoros de Rhodes réalisèrent Laocoon, ses fils et des nœuds de serpents magnifiques, grâce à l'accord de leur idée. » 

La statue  illustre un incident de la Guerre de Troie, célèbre épisode de la mythologie grecque. Le personnage central est Laocoon prêtre de Poséidon, dieu de la mer, à Troie. Des guerriers grecs ennemis ont offert aux Troyens, un grand cheval de bois harnaché d’or. Ce cadeau serait une offrande à Poséidon pour garantir à la flotte grecque un bon retour. Laocoon met en garde  ses compatriotes disant qu’il a peur  des grecs même lorsqu'ils apportent des présents. Il a raison de se méfier car des guerriers se sont cachés à l’intérieur du cheval. Il s’agit d’une ruse d’Ulysse pour pénétrer la ville de Troie. Laocoon lance son javelot sur le cheval mais personne ne remarque qu’il sonne creux. Tout à coup, deux serpents venus de l’île de Ténédos tuent Laocoon et ses deux fils, Éthron et Mélanthos.
Les Troyens pensent que leur mort est le signe qu’ils avaient torts, qu’ils ont été punis par Poséidon, pour avoir blessé l’offrande qui lui était destiné. Les Troyens feront entrer le cheval dans l’enceinte de la ville. Le sort en est jeté : la ville sera prise.

Laocoon avec son bras déplié
A sa découverte, la statue en marbre blanc, sculptée dans un seul bloc de marbre, est incomplète. En 1523, un élève de Michel-Ange, Montorsoli, complète le groupe en comblant ce qu’il manque, notamment le bras de Laocoon, qu’il réalise étiré en diagonale. Presque 400 ans plus tard, en 1905, l’archéologue Ludwig Pollak retrouve le bras qui était en fait plié. Le membre sera replacé sur la statue en 1957.

La découverte du groupe retentit dans toute l’Europe. Tout le monde se passionne pour ce Laocoon, si bien que le roi François Ier fera plusieurs propositions au pape en 1515, pour racheter l’œuvre, en vain. Il enverra le sculpteur Le Primatice à Rome pour prendre des moulages de l’œuvre afin de se faire réaliser une copie.

Les trois sculpteurs ont sculpté l’anatomie et la musculature des personnages avec un grand sens du détail, un grand perfectionnisme et beaucoup de réalisme. La pose et l’expression du visage des personnages à l’agonie sont très dramatiques et puissantes. Les yeux de Laocoon sont exorbités par la peur et le désespoir, et ses muscles sont tendus tentant de se débarrasser du serpent.
Le succès de l’œuvre vient donc en partie de la maîtrise parfaite de son exécution. Elle est aujourd'hui admirée par des milliers de visiteurs, passage incontournable pour les touristes du Vatican.




Télécharger et imprimez la fiche repère :

jeudi 18 juillet 2019

n°264
L'Armée de terre cuite (210 av JC)



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : L'Armée de terre cuite
Artiste : inconnu
Année : 210 av JC
Technique : Nécropole souterraine, tranchées, statues de terre cuite et laque de couleur
Epoque : Antiquité
Mouvement : Art chinois (Dynastie Qin)
Lieu : près de Xi'an (Chine)


En savoir +
Le 29 mars 1974, vers Xi’an en Chine, des fermiers eurent l’idée de creuser un puits. C’est alors qu’ils découvrirent une immense cavité dans laquelle des milliers de statues sont érigées. Les archéologues chinois réalisent que ces fermiers ont découvert un immense trésor.

Nous sommes en 210 avant JC. A l’âge de 13 ans, Qin Shi Huang, le premier empereur de Chine, ordonna la construction de son mausolée, c’est-à-dire son propre tombeau. Il choisit d’être enterré dans un lieu réputé pour la présence de nombreuses pierres précieuses. La construction d’une immense nécropole souterraine commence dès 246 av JC. Le projet est si vaste qu’il dura 40 ans et mobilisera 720 000 ouvriers.

La nécropole, bâtie à sa propre gloire, a une surface d’environ 98 km² ! Elle est composée de palais, de tours, d’objets précieux, de salles, de murs fortifiés. Une centaine de rivières ont même été reproduites à l’aide de mercure. Le plafond est décoré d’une voûte céleste. Au sol, une immense carte en relief représente l’empire de Qin Shi Huang.

Pour « protéger » ce magnifique mausolée, il fallait au moins une armée ! C’est la mission de ces quelques 8000 soldats et chevaux de terre cuite. L’armée est enterrée près du tombeau, dans des tranchées qui forment quatre fosses :
- La première fosse comporte 6000 personnages : des fantassins (des soldats), des chariots, des chevaux qui représentent l’armée principale de l’Empereur. Les soldats sont debout dans des tranchées symbolisées par des murs de terre, prêts à se battre.
- La deuxième fosse est composée de 1400 personnages : des soldats d’infanterie, des cavaliers et des chariots qui semblent être la garde rapprochée de l’Empereur.
- La troisième fosse,  qui ne renferme que 68 personnages, représente des officiers et leurs chariots attelés de quatre chevaux.
- Quant à la dernière fosse, elle est vide sans qu’on ne sache vraiment pourquoi.

La nécropole fut pillée très peu de temps après la mort de Qin Shi Hang. Des statues, depuis reconstituées, avaient été cassées et les armes qu’elles portaient ont été volées. Des traces d’incendie ont même été trouvées. Le tombeau de l’empereur est toujours fermé et n’a jamais été fouillé.

Chaque personnage a été sculpté grandeur nature puis a été peint de manière très réaliste. Les couleurs ont disparu avec le temps. Seules quelques traces résistent au temps sur certains personnages.
Les soldats portent des vêtements différents selon leur rôle et leur rang social. Afin d’éviter une impression de "personnages clones", 10 visages différents ont été conçus à partir de moules puis de la terre glaise a été rajoutée à certains endroits sur ces "visages types" pour les personnaliser et donner l'impression que chacun d'entre eux est unique. Les têtes, bras, jambes et torses ont été fabriqués séparément les uns des autres, puis assemblés et scellés ensemble.

Considérée comme l'un des sites archéologiques les plus grandioses au monde, l’Armée de terre cuite constitue l'une des découvertes majeures du XXème siècle.


Télécharger et imprimez la fiche repère :

dimanche 17 février 2019

n°240
Le Cratère de Vix (510 av JC)



Cliquez sur l'image pour l'agrandir
kART d'identité

Œuvre : Le Cratère de Vix
Artiste : Inconnu
Année : 510 av JC
Technique : Vase en bronze
Epoque : Antiquité
Mouvement : Art grec
Lieu : Musée du pays châtillonnais (Châtillon-sur-Seine)


En savoir +
Ce vase tout en bronze datant du VIème siècle avant Jésus Christ est impressionnant. Il mesure pas moins de 1,64 mètre et pèse la bagatelle de 208 kg. Ses dimensions hors normes font de lui le plus grand vase antique jamais trouvé.

Sa découverte remonte eu 6 janvier 1953. A Vix, petit village de Bourgogne, des fouilles archéologiques sont menées depuis les années 1930 au pied du mont Lassois. A cet endroit  se trouvait un ancien tumulus celte, c’est une petite butte artificielle qui surplombe une ancienne tombe. 
C’est l’agriculteur Maurice Moisson et l’archéologue René Geoffroy qui découvrirent le Cratère de Vix dans la tombe d’une ancienne princesse celte qui vécut dans les environs il y a plus de 2500 ans. En plus du vase, la tombe était pleine d’objets : de la vaisselle en bronze, des bijoux en or, ou les restes d’un prestigieux char.

Le Cratère de Vix a certainement été sculpté par des artistes grecs. Sa coupe a été conçue dans un seul bloc de bronze, frappé au marteau. Il est également exceptionnel par sa finesse. La cuve est épaisse d’à peine un millimètre. Il s’agit d’une gigantesque jarre, appelée cratère, qui peut contenir jusqu’à 1100 litres (l’équivalent de 5 baignoires). Les Grecs y mélangeaient du vin et de l’eau, un breuvage qui était servi pendant des banquets.

Tout au long du col, le décor montre des hoplites, des soldats près au combat : casques, boucliers, cuirasses, jambières.  Sur chaque anse apparaît une gorgone, créature mythique aux cheveux de serpents dont la laideur est repoussante.
Elle peut transformer en pierre celui qui la regarde. Censée éloigner les ennemis, la gorgone était considérée comme un porte-bonheur chez les Grecs.
Le pied du cratère est sculpté de motifs végétaux. Le couvercle est perforé de nombreux trous car il servait sûrement de passoire. Une petite statuette féminine s’élève de son centre. 

Les Celtes étaient présents dans toute l’Europe à l’âge du fer. On a tendance à les imaginer comme des brutes, des guerriers impitoyables. Mais la découverte de ce vase montre qu’ils étaient également sensibles à la beauté et à l’art.




Télécharger et imprimez la fiche repère :