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samedi 4 mai 2019

n°253
Le Tricheur à l'as de carreau (1635)
Georges de La Tour



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kART d'identité

Œuvre : Le Tricheur à l'as de carreau
Artiste : Georges de La Tour  
Année : 1635
Technique : Huile sur bois
Epoque : Temps modernes
Mouvement : Classicisme
Lieu : Musée du Louvre (Paris)


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Quatre personnages réunis autour d’une table composent une scène de jeu de cartes.  Il n’y a aucun décor en dehors de la table. Les pièces d’or posées sur la table montrent qu’il s’agit d’un jeu d’argent. Il s’agirait du jeu de prime, ancêtre du poker.

A gauche du tableau, en bout de table, le personnage adresse un regard complice au spectateur. C’est le tricheur. Il garde secrètement un as vainqueur en réserve, coincé dans son dos par la ceinture qui serre son pourpoint.

La victime de cette tricherie scandaleuse est le jeune homme de droite. Coiffé de son immense panache jaune et vêtu de somptueux habits colorés (haut-de-chausses vermillon, casaque et col argentés tissés d’or et brodés de grenades multicolores, manches de satin, rubans noués), tout nous indique qu’il est issu d’une famille fortunée. Il s’apprête à perdre l’or généreusement donné par son père.

Au centre du tableau et derrière la table, deux femmes. Une courtisane est assise. Elle est parée d’un collier de perles et porte chapeau à corne garni d’une plume. L’autre femme est une servante. Elle est vêtue d’un corselet bleu sur une chemise et coiffée d’un turban. Elle se tient debout, légèrement penchée, et tient dans ses mains un verre de vin et une fiasque ; elle est au service des joueurs qui eux sont assis.

La mise en place des personnages est la clé de ce tableau.  Par les regards et leur position, on réalise que les deux femmes sont complices du tricheur. Quand le jeune homme perdra son argent, les deux comparses  auront sûrement une récompense. Tout est fait pour isoler la victime à droite du tableau : la bande verticale de couleur claire, l’orientation des visages, le croisement des regards, la combinaison des mains… La complicité des trois autres personnages contraste avec l’isolement de ce jeune naïf et oblige le spectateur à être aussi complice de la tricherie.

Le tricheur à l’as de trèfle (Georges de la Tour - 1620)
Les jeux de lumières et d’ombres sont la signature de Georges de la Tour. Ils participent à la lecture de ce tableau. Les cartes par exemple sont davantage mises en lumière que le visage du tricheur.

Le peintre s’est énormément inspiré d’un de ses confrères Le Caravage qui peignait déjà des scènes de triche mais aussi le motif du personnage de trois-quarts dos, sortant une carte de sa ceinture. Georges de la Tour adresse ici un message moralisateur, celui du danger que représentent selon lui le jeu, le vin et les femmes. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce thème figure dans ses œuvres. Il avait déjà réalisé vers 1620 une première version de ce tableau : Le tricheur à l’as de trèfle.





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samedi 16 mai 2015

n°181
Saint Joseph Charpentier (1642)
Georges de La Tour



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kART d'identité

Oeuvre : Saint Joseph Charpentier
Artiste : Georges de La Tour  
Année : 1642
Technique : Huile sur bois
Epoque : Temps modernes
Mouvement : Baroque
Lieu : Musée du Louvre (Paris)


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Ce tableau de Georges de La Tour datant de 1642 pourrait s’intituler « Un artisan et son apprenti ». On y voit un homme et un enfant, sans doute un père charpentier et son fils.
Pourtant la toile s’appelle « Saint Joseph Charpentier ». En fait, l’homme que nous voyons est Joseph et l’enfant c’est Jésus. Il ne s’agit pas d’une scène banale de la vie quotidienne mais d’une scène religieuse.

Ici, le charpentier est penché, occupé à percer une pièce de bois avec une tarière, une pièce de bois qu'il maintient de son pied gauche. La pièce de bois semble être en réalité la croix de bois sur laquelle le Christ sera crucifié. Le tableau évoque donc la future mort de Jésus, pourtant représenté si jeune. Joseph semble déjà savoir ce qui attend Jésus, c’est ce qui donne une telle gravité à la scène.

Saint Joseph est vêtu d'une chemise aux manches retroussées, d'un tablier qui laisse apparaître le bas de ses jambes, et est chaussé de socques. Vu de trois-quarts, il est penché vers l'avant, et perce avec la tarière. À ses pieds des outils de menuiserie jonchent le sol ainsi que des copeaux de bois. À ses côtés, l'enfant Jésus vêtu d'une tunique, est assis de profil, il tient une chandelle qui éclaire la scène et dont la flamme fait apparaître ses doigts en transparence.

Le tableau est très sombre. La scène se déroule probablement la nuit. De la Tour a utilisé la technique du clair-obscur : les parties claires sont très contrastées par les parties sombres.
La  lumière du tableau semble venir seulement de la bougie. Elle traverse les mains translucides de l’enfant et illumine à la fois son visage et celui de son père.
Mais est-il logique que la simple flamme d’une bougie donnerait à la scène une telle intensité ? Pour peindre ce tableau, l’artiste a sans doute utilisé d’autres sources de lumière beaucoup plus puissantes car les visages semblent être éclairés par des projecteurs, comme s’ils se trouvaient sur une scène. En fait, les deux modèles auraient été peints séparément, par deux sources de lumière différentes.

Sur le tableau, la source majeure de lumière, n’est donc pas la bougie mais le visage de l’enfant. C’est lui qui irradie la scène. Ce traitement de la lumière confère à cet enfant un côté surnaturel.

« Saint Joseph Charpentier » a donc la particularité de représenter à la fois une scène religieuse, une scène de la vie quotidienne et une étude sur les effets de lumière ! Un tableau trois-en-un !






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