mercredi 27 février 2019

n°247
Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg, Reine de France et ses enfants (1786)
Élisabeth Vigée Le Brun



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Œuvre :Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg, Reine de France et ses enfants
Artiste : Élisabeth Vigée Le Brun  
Année : 1786
Technique : Huile sur toile
Epoque : Temps Modernes
Mouvement : Rococo
Lieu : Château de Versailles


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En 1785, quatre ans avant la Prise de la Bastille qui marqua les débuts de la Révolution Française, la Reine Marie-Antoinette était déjà extrêmement impopulaire auprès du peuple français. Celle qu’on appelait « l’Autrichienne » était la cible de multiples rumeurs sur ses conquêtes, ses dépenses extravagantes et même sur la légitimité de ses propres enfants.

Perçue comme une mauvaise reine, Marie Antoinette désire redorer son image et reconquérir le cœur des français. Peu de moyens de communications existent à cette époque, c’est donc à travers un tableau qu’elle s’exprimera. Elle passe donc commande auprès de son amie et peintre Élisabeth Vigée Le Brun qui a déjà réalisé de nombreux portraits de la Reine.  Elle choisit pour cela l’image qui lui convient le mieux : celle de la mère. Car si Marie-Antoinette n’est peut-être pas la meilleure reine, c’est une mère moderne, attachée à ses enfants, les aimant plus que tout.

Mais pour réaliser ce nouveau tableau, Élisabeth Vigée Le Brun n’est pas très à l’aise, n’ayant pas l’habitude des portraits de groupe. Elle demande alors conseil à un autre peintre, Jacques Louis David, qui lui suggère de s’inspirer de tableau de Raphaël, la Sainte Famille.
Des esquisses au tableau final, deux ans de travail seront nécessaires à Vigée Le Brun pour achever cette œuvre monumentale.

Sur le tableau, la Reine fait attention aux moindres détails. Elle ne porte qu’une modeste paire de boucles d’oreilles et ne porte aucun collier, montrant son désir de se racheter auprès de son peuple en n’attachant que peu d’importance aux diamants et autres « fantaisies ». La reine aborde un visage aimable et touchant.

Après avoir mis au monde une fille, Marie-Thérèse en 1778,  et deux fils, Louis-Joseph et Louis-Charles en 1781 et 1783, Marie-Antoinette donne naissance à Sophie-Béatrice née en juillet.
Sa fille aînée Madame Royale est débout à sa droite et lui enlace le bras, signe que la jeune princesse aime sa mère et se sent en sécurité auprès d’elle. Sur ses genoux, Marie-Antoinette tient le duc de Normandie (futur Louis XVII), l’entourant de ses bras comme pour le protéger. Debout à sa gauche le Dauphin Louis-Joseph apparaît naturel, affichant un léger sourire.

Mais ce désir de bienveillance cache des drames familiaux. En effet, la petit Sophie-Béatrice âgée de 11 mois, meurt en juin 1787 juste avant l’achèvement du tableau. Mme Vigée-Lebrun l'a donc effacé pour ne pas causer plus de peine de Marie-Antoinette, ce qui explique la présence de ce berceau vide.

Une fois achevé, le tableau fut exposé au Salon de Paris de 1787. Mais les réactions furent assez mitigées. On lui reprocha notamment le manque d’expression dans son regard, un regard neutre qui ne convient pas après le décès de sa fille. L’image de mauvaise mère refait surface.
Le tableau fut ensuite installé dans les appartements de la Reine. Mais en 1789, le Dauphin Louis-Joseph meurt à son tour des suites d’une longue maladie, à l’âge de 7 ans. La toile fut définitivement retirée, Marie-Antoinette ne supportant plus de voir le portrait de son fils disparu. Le tableau sera expédié à Vienne, Louis XVI l'offrant à son beau-frère Joseph II du Saint-Empire.

Malheureusement pour la Reine, à l’aube de la Révolution Française, ce n’est que le début de son cruel destin.


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