samedi 15 septembre 2018

n°228
La Marseillaise (1792)
Rouget de Lisle



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Œuvre : La Marseillaise
Artiste : Rouget de Lisle 
Année : 1792
Technique : Chant révolutionnaire
Epoque : Contemporaine



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Notre hymne national ! Peut être l’un des hymnes les plus connus au monde. Chaque français a appris ce chant à l’école et l’interprète à chaque occasion de montrer sa fierté d’être français : football, Jeux Olympiques, manifestations officielles ou, plus tristement, lors des dernières attaques terroristes qui ont frappées l’hexagone. Voici l'histoire de notre célèbre Marseillaise.

En 1792, Louis XVI, qui vit ses derniers instants en tant que roi de France, déclare la guerre à l’Autriche. C’est dans ce contexte que Claude Joseph Rouget de Lisle, un militaire en poste en Strasbourg écrit dans la nuit du 25 au 26 avril 1792, les six premiers couplets d’un chant révolutionnaire : "Chant de guerre pour l'armée du Rhin".

Rouget de Lisle chantant La Marseillaise, par Isidore Pils, 1849.
Rouget de Lisle a écrit la Marseillaise à la demande du baron de Dietrich, maire de Strasbourg, pour son ami  le maréchal Luckner, commandant de l’armée du Rhin. L’hymne est alors joué sur la place d’Armes de Strasbourg lors d’une parade militaire.

Quelques semaines plus tard, le docteur François Mireur assiste à un enterrement durant lequel un strasbourgeois interprète  ce chant nouveau. Quelques jours plus tard, lors d’un discours qu’il tient à Marseille, il entonne ce chant  ce qui suscite l’enthousiasme des marseillais. Le chant et ses paroles sont imprimés et distribués aux volontaires marseillais qui l'entonneront tout au long de leur marche vers Paris en juillet 1792.

C’est ainsi que ce chant deviendra « l’hymne des Marseillais » et bientôt La Marseillaise. La Marseillaise de viendra un symbole de la Révolution Française et de la liberté. Son succès est tel qu'il est déclaré chant national le 14 juillet 1795.
Même si les français ont pris l'habitude de ne chanter que le premier couplet et le premier refrain, La Marseillaise comportait à l'origine 15 couplets et autant de refrains. La version officielle n'en a gardé que 7 : les six premiers couplets écrits par Rouget de Lisle  et un septième couplet (le couplet des enfants) d'auteur inconnu. Les autres couplets ont été supprimés car ils étaient trop violents ou trop religieux.


La Marseillaise ne restera pas chant national très longtemps. Sous Napoléon, elle sera interdite. Il faudra attendre la Révolution de 1830 pour que Berlioz en élabore une orchestration qu'il dédie à Rouget de Lisle. La Marseillaise deviendra l’hymne National de la République Française en 1887. La "version officielle" de 7 couplets est adoptée par le ministère de la guerre après avis d'une commission. C’est la version que nous connaissons encore aujourd’hui.


Quant à Rouget de Lisle, malgré le succès de son chant, il ne sera jamais reconnu pour son talent de compositeur. Il finira sa vie dans la pauvreté et criblé de dettes.



Téléchargez les paroles de la Marseillaise : version officielle (7 couplets) + la version complète (15 couplets) 


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dimanche 9 septembre 2018

n°227
Organisation de motifs graphiques I (1912)
František Kupka



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Œuvre : Organisation de motifs graphiques I
Artiste : František Kupka  
Année : 1912
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporain
Mouvement : Futurisme
Lieu : Musée National Thyssen-Bornemisza (Madrid)


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A l'origine, lorsqu'il quitte a Tchécoslovaquie pour s'installer à Paris, Kupka devient illustrateur. Il vit en créant des affiches pour des spectacles ou des revues et peint sur son temps libre.

Kupka était très attiré par les sciences occultes et l’ésotérisme. Il pratiquait le spiritisme, très à la mode au début du XXe siècle. Il était convaincu que les couleurs et les formes avaient une force spirituelle. Malgré cela, il n’était pas satisfait de son art. Il ira même jusqu’à étudier la biologie, la physiologie et l’architecture à l’Université de la Sorbonne, convaincu que ces études allait l’aider dans son art. Mais en 1910, il délaisse l’art figuratif et se lance dans  l’art abstrait.

Organisation de motifs graphiques II
Au Salon d’Automne de 1913, Kupka expose deux œuvres portant le même titre : Organisation de motifs graphiques (ou Localisations de mobiles graphiques). Pour ces deux toiles, Kupka s’est inspiré des sciences et de la musique. Il tente de reproduire sur une toile certains concepts scientifiques qui le fascinent : les réactions chimiques comme le jaillissement d’une matière, l’idée d’infini dans l’espace, l’harmonie et les rythmes de la musique… Il représente des formes en mouvement en les désorganisant.
Il nomme ces différentes formes en mouvement des « ponts stéréoscopiques », des lignes qui s’organisent dans un espace, un peu comme des « fragments d’images qui flottent devant nos yeux ».

Kupka est considéré comme un des maîtres de l’art abstrait qui commence à se faire une place dans le milieu de l’art à cette époque grâce à des artistes comme Kandinsky. Pourtant Kupka a toujours refusé ce mot. Pour lui, l’art abstrait n’existe pas : « Ma peinture, abstraite ? Pourquoi ? La peinture est concrète : couleur, formes, dynamiques. Ce qui compte, c'est l'invention. On doit inventer et puis construire. ». Toutes ses peintures ont du sens, rien n’est laissé au hasard. Chaque couleur, ligne, courbe a une signification « scientifique » dans ses tableaux. Et si nous ne comprenons pas tout, on peut malgré tout se laisser bercer par la simple beauté du résultat !



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mercredi 5 septembre 2018

n°226
Les Toits rouges, coin de village, effet d'hiver (1877)
Camille Pissarro



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Œuvre : Les Toits rouges, coin de village, effet d'hiver
Artiste : Camille Pissarro  
Année : 1877
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporain
Mouvement : Impressionnisme
Lieu : Musée d'Orsay (Paris)


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Les toits rouges d’un village en hiver aux abords de Pontoise, une colline, des arbres fruitiers. Les motifs de ce tableau de Camille Pissarro dégagent une grande simplicité, et met en valeur la campagne et la nature.

Ce peintre impressionniste n’est pas aussi connu que son ami Paul Cézanne à qui il vouait une véritable admiration. Contrairement à Cézanne, les peintures de Pissarro avaient la cruelle réputation d’être fades et mièvres, peu spectaculaires. Pissarro assumait d’ailleurs son côté « classique ». Pourtant, Pissarro et Cézanne avaient l’habitude de travailler sur des motifs identiques, parfois même côte à côte Certaines toiles de Cézanne représentent d’ailleurs le même village.

Les toits rouges, coin de village, effet d'hiver laisse apparaître des couleurs assez douces et pastels avec une dominante de rouge orangé, de vert et de brun. Les mêmes couleurs apparaissent sur les différents éléments qui composent le tableau : les maisons, les champs, la colline, les arbres… tout se confond et se mélange. Les maisons sont cachées par les arbres du premier plan. On distingue à peine la frontière entre les toits et les champs de la colline. Cet effet voulu donne une vraie harmonie au tableau et s'explique aussi par la manière qu'à Pissarro de peindre par petites touches, une technique très à la mode à la fin du XIXè siècle .

Lorsqu’il présente son tableau lors d’une grande exposition sur l’impressionnisme, il reçoit de très bonnes critiques. Un article dans « La Gazette des lettres, des sciences et des arts » d’avril 1877 dit même "Joli tableau, une petite maison cachée dans la forêt, qui nous a frappé par la fermeté et la simplicité de la touche".


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mardi 4 septembre 2018

n°225
La pendule noire (1869)
Paul Cézanne



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Œuvre : Nature morte au crâne
Artiste : Paul Cézanne 
Année : 1898
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Impressionnisme
Lieu : Collection privée


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Voici une nature morte peinte par Paul Cézanne. Un style dont ce peintre est le spécialiste! Pendant longtemps, il adorait peindre des fruits et des objets posés sur des tables. La Pendule Noire est une nature morte un peu différente car les objets qui y sont représentés sont plutôt précieux.

Le tableau représente en fait le salon de l’écrivain Emile Zola, dont l’appartement était située rue de la Condamine à Paris. Cézanne a aménagé cette petite table avec des objets qu’il a lui-même apporté pour ce tableau, comme la nappe blanche, le citron et le grand coquillage. Il ajoute également quelques objets ayant appartenu à l’écrivain : une tasse accompagnée de sa soucoupe, un encrier, et cette fameuse pendule noire. Celle-ci attire notre attention car elle n’a pas d’aiguilles.

Difficile de comprendre le rapport entre tous ces objets. Certains pensent qu’ils représentent chacun une part de la personnalité de Zola, vue par le peintre. Ainsi, le coquillage (ressemblant à des lèvres rouges) représenterait le côté féminin de l’écrivain, son encrier symboliserait son talent d’écrivain alors que la pendule sans aiguilles évoquerait l’éternelle amitié entre les deux hommes.

Le bleu est assez présent sur cette œuvre. On dit même que pour peindre ce tableau, il aurait utilisé au moins seize nuances de bleu différentes ! Toutes ces nuances créent un jeu entre l’obscurité et la lumière.


Le tableau est resté chez Emile Zola jusqu’à la mort de celui-ci. Puis, il sera vendu aux enchères en 1903 avec huit autres tableaux et a appartenu à l’acteur Edward G. Robinson.




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lundi 3 septembre 2018

n°224
L'Atomium (1958)
André & Jean Polak



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Œuvre : l'Atomium
Artiste : André & Jean Polak 
Année : 1958
Technique : Construction en acier inoxydable
Epoque : Contemporain
Mouvement : Fonctionnalisme
Lieu : Bruxelles (Belgique)


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Après la Seconde Guerre Mondiale, l’Europe rentre dans les « Trente Glorieuses », une période de trente ans marquée par beaucoup de changements dans la société. Le niveau de vie s’améliore grâce à une grande croissance économique. C’est une bonne époque pour innover. Les progrès de la science ont permis l’apparition de technologies nouvelles. L’énergie atomique permet aux scientifiques de fabriquer les premières fusées et de  se lancer dans la conquête spatiale.

A l’occasion de l’Exposition Universelle de Bruxelles de 1958, les Belges souhaitent construire un monument audacieux qui rende hommage à ces découvertes scientifiques. C’est ainsi que l’ingénieur  André Waterkeyn et les architectes Jean et André Polak eurent l’idée de ce "bâtiment" quelque peu original !

Haut de 102 mètres et composé de 9 sphères en acier, les dimensions de l'Atomium sont imposantes. Chaque sphère a un diamètre de 18 mètres et pèse environ 250 tonnes. Les « tubes » inclinés accueillent des escaliers, le « tube central » un ascenseur. Le monument est assez grand pour accueillir du public dans six sphères. On y trouve entre autres des expositions, un bar, un restaurant . Une sphère entière est réservée aux enfants, qui y trouvent des ateliers de pédagogie mais aussi… une possibilité de dormir sur place !

Mais que représente l'Atomium? Pour le comprendre, il faut avoir quelques bases de chimie. Pour faire « simple », l’Atomium représente une « maille élémentaire d’un cristal de fer agrandi 165 milliards de fois ». Même si ce n'est pas évident à l'œil nu, le fer est  un cristal, ce qui veut dire que les 9 atomes qui le composent sont organisés selon une structure bien précise, la « maille élémentaire », qui se répète dans toutes les directions.
Sur les sphères, des points lumineux clignotent : ils représentent les électrons en mouvement dans les atomes.
On entend souvent dire que l'Atomium représente un atome de fer. En réalité, il en représente neuf : chaque sphère représente un atome entier ! Si les architectes avaient voulu représenter ne serait-ce qu'un atome de fer dans les détails, ils auraient dû représenter 82 sphères ! Evitons donc de nous tromper !

Comme la Tour Eiffel, l’Atomium devait à l'origine être détruit à la fin de l'exposition Universelle, mais il a été sauvé grâce à sa popularité et il est aujourd'hui devenu l'un des symboles de la Belgique.




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mercredi 29 août 2018

n°223
Le Groom (Le Chasseur) (1925)
Chaïm Soutine



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Œuvre : Le Groom (Le Chasseur)
Artiste : Chaïm Soutine  
Année : 1925
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Expressionnisme
Lieu : Musée Georges Pompidou (Beaubourg) (Paris)




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Le moins que l’on puisse dire en voyant ce Groom, c’est qu’il n’a pas l’air très heureux. Peut être à l’image de son créateur, le peintre russe Chaïm Soutine. Depuis qu’il habite à Paris, Soutine a connu un immense succès. Malgré cela, c’est un peintre timide, simple et assez malheureux.

Le Groom est l’un des tableaux de Soutine démarrant une longue série de toiles sur des personnages anonymes. Il peint en particulier des employés de maison et d’hôtels (groom, portiers, valet de chambre, pâtissier…), des employés pauvres travaillant pour les riches. Il met en lumière des personnages que l’on côtoie tous les jours mais que l’on ne remarque pas. En les peignant, Soutine ne veut pas les flatter. Il veut simplement qu’on ait plus de tendresse pour ces personnages.

Lorsque l’on observe cette toile, on ressent la vie dure de ce groom.  Son corps est chétif, son visage est blanc, vieilli prématurément. Il a presque l’air malade. Il regarde dans le vide et semble abattu, déprimé. Sa silhouette est très géométrique, presque déformée : les épaules sont creusées, les mains bouffies. Le personnage ressemble presque à une marionnette, un pantin désarticulé.
Il cherche à cacher sa tristesse et sa fatigue par une position plutôt fière et robuste. Devant son hôtel, il est prêt à se remettre au travail et accueillir les visiteurs du soir.

Soutine a l’habitude d’utiliser peu de couleurs dans ces tableaux. Ici, le personnage est accentué par le rouge écarlate de son uniforme, qui contraste avec le teint pâle de son visage et le fond noir à peine mis en relief par quelques touches de blanc.

Ces couleurs, ainsi que sa manière de peindre assez violente, contribuent à mettre en valeur le personnage avec tous les maux qui l’habitent. Ce Groom est un personnage fictif. En réalité, le modèle était un chasseur employé du célèbre restaurant Chez Maxim's. Mais cela n’enlève rien au réaliste de la toile car elle témoigne de la dure vie de certains métiers. A moins qu’il n'illustre que la dépression de son auteur, comme s'il s'agissait d’un autoportrait…


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lundi 27 août 2018

n°222
L'homme qui court (Sensation du danger) (1930)
Kasimir Malevitch



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Œuvre : L'homme qui court (Sensation du danger)
Artiste : Kasimir Malevitch  
Année : 1830
Technique : Huile sur toile
Epoque : Contemporaine
Mouvement : Suprématisme
Lieu : Musée Georges Pompidou (Beaubourg) (Paris)




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"Quadrangle" (Carré noir) (1923)
Dès les années 1910 , le peintre russe Kasimir Malevitch révolutionne l'art abstrait grâce à des peintures minimalistes aux motifs géométriques, tel que son Quadrangle, un simple carré noir sur fond blanc. Le peintre nomme son style le « suprématisme », qui prône la simplicité et la pureté dans la peinture.

L’homme qui court, qu’il peint à la fin de sa vie, semble donc être à l’opposé des toiles qu’il peint habituellement. Ce virage à 180 degrés s’explique simplement, par le contexte politique de l’époque.

Dans les années 1920, après la révolution bolchévique, le climat politique est tendu en Russie. Le pouvoir soviétique, en particulier Joseph Staline, critique l’art abstrait jugé trop « bourgeois ». La liberté de peindre devient de plus en plus restreinte. En 1929,  le pouvoir communiste impose aux artistes un seul courant artistique, le réalisme socialiste. Les autres courants artistiques sont alors interdits, car considérés comme « dégénérés ». Ainsi, les artistes étaient dans l’obligation de peindre des œuvres très figuratives,  représentant des travailleurs, des militants et des combattants, dans des postures héroïques, peindre une réalité idéalisée qui mettaient en valeur leur pays. Les artistes n’étaient pas les seuls à être persécutés. Les paysans, eux, étaient forcés de travailler la terre s’ils ne voulaient pas être déportés.

Le travail de Malevitch n’échappe pas à cette nouvelle politique. Son travail est jugé « incompréhensible » par le gouvernement et par la presse. En conséquence, ses œuvres sont confisquées et il lui a été interdit de créer et d'exposer des œuvres d'art abstraites. Finalement, il se retrouve emprisonné et torturé à la prison de Leningrad.

A sa sortie de prison, Malevitch n’a pas le choix, il abandonne l’art abstrait pour l’art figuratif imposé par le gouvernement. Mais en y laissant un soupçon de provocation.

L’homme qui court s’oppose au pouvoir communiste. Au premier plan, un paysan court dans un champ constitué de bandes colorées dont les couleurs rappellent ses anciennes peintures interdites. Le paysan n’a pas de visage. Le gouvernement lui a enlevé, sa liberté, son identité, sa dignité.
Il tient une grande croix rouge qui rappelle la dimension religieuse de cette souffrance. Le peintre se serait inspiré d’une chanson : «Près de la route, il y a une croix rougie transpercée par les balles des fusils et qui pleure du sang ».
A droite, les deux bâtiments, sans portes ni fenêtres, représentent la prison dans laquelle il était enfermé. Ils encerclent une épée dont la lame est ensanglantée. Elle représente les actes de torture qu’il a subis. C’est bel et bien la menace de l’enfermement que fuit ce paysan.

On est donc bien loin des codes imposés par le gouvernement.  Pourtant Malevitch a respecté la consigne, il a peint la réalité !


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